04.08.2017, 16:37

Adoptée en Valais, une Brésilienne part à la recherche de sa famille biologique avec NRJ12

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July André est aujourd'hui maman de trois enfants dont des jumeaux d'un an et demi. La maternité l'a encouragée à rechercher ses origines.

TEMOIGNAGE July André, domiciliée à Sion, se rendra au Brésil à la fin août pour enquêter et retrouver sa mère biologique. Elle sera suivie par une journaliste de NRJ12 pour l'émission "Tellement vrai".

Confiante et sereine. Dans son appartement sédunois, July André (30 ans) s’imagine déjà au Brésil pour faire, enfin, la connaissance de sa mère biologique. Cette Valaisanne, adoptée par un couple montheysan à l’âge d’un mois, s'y rendra à la fin du mois avec une journaliste de "Tellement vrai" sur NRJ12 pour une rencontre filmée avec celle qui lui a donné la vie. Du moins l'espère-t-elle. "Nous avons déjà quelques pistes. J'y crois."  L'aventure humaine de la Valaisanne sera diffusée cet automne.

July André avait déjà amorcé les recherches sur ses origines il y a trois ans. Sans succès. "C'était difficile d'avoir des contacts avec l'administration pour retrouver mon dossier. Seule, c'était plus ardu. Avec l'aide de la journaliste du NRJ12, les contacts sont plus faciles", explique-t-elle.  

«Je n’ai rien à perdre»

Férue de télévision – elle a déjà participé à «Nouvelle Star» sur M6 en 2005, puis récemment à «Chéri, c’est moi le chef» sur France 2, July André se dit prête à rencontrer sa mère de naissance, comme à ne pas la revoir. «Je n’ai rien à perdre. Au moins j’aurais tout essayé et je n’aurais aucun regret si je ne la retrouve pas», souligne-t-elle en regardant tendrement Layna et Layon, ses jumeaux d’un an et demi.

Compléter le puzzle de sa vie

Egalement maman d’un fils de sept ans, elle reconnaît que le fait d’avoir donné la vie l’a incitée à aller à la découverte de ses origines. «Je me suis rendu compte que j’avais toujours eu un manque en moi. Je me suis construite, j’ai fait avec, mais une pièce du puzzle manquait. J’ai envie de savoir qui je suis vraiment, de mettre un visage sur ma maman pour continuer mon chemin de vie.» Pour elle, retrouver ses origines sera également un atout pour ses enfants. «Je serai heureuse qu'ils puissent voir d’où je viens et de pouvoir leur raconter l’histoire plus tard.»

Au milieu de ses confidences, la trentenaire est interrompue par les cris de son fils cadet. «Ah, je crois qu’il s’est fait embêter par sa sœur. Excusez-moi», lance-t-elle avant de prendre Layon dans ses bras. Un petit câlin réparateur et July André continue à raconter sa quête qui semble en bonne voie.

Elle connaît le nom de sa mère

La Valaisanne partira dans son pays d’origine avec un avantage certain: elle connaît le nom et le prénom de sa maman de sang. «Une dame s’appelant comme elle est apparue dans une ville à côté de mon lieu de naissance, Je sais que cela ne suffira de loin pas, mais c’est déjà un début.» De plus, dès son arrivée, July André pourra consulter son dossier, grâce à un juge sur place. «Il y a trois ans, on m’avait dit qu’il avait sûrement brûlé, que je ne devais donc pas avoir d’espoir. Mais là, ça change tout», se réjouit-elle.

Plus aucune rancoeur

La trentenaire est prête à revoir sa mère sans une once de rancœur envers elle. «Je viens des favelas, les quartiers très pauvres, et ma maman n’avait aucun moyen de m’élever. Je pense aujourd’hui qu’elle m’a donné la chance de pouvoir avoir une belle vie.» July André affirme être désormais en paix avec son passé d’enfant adoptée. Finis ses moments de révolte où elle se sentait «différente» des filles de son âge. «Je me posais pas mal de questions surtout à l'adolescence; j’étais très en colère à l’époque.»

 

July André quelques années après son adoption à Monthey. © DR

 

Elle se fie à son bon pressentiment

Depuis lors, elle a fait du chemin. Devenue assistante en soins, elle a également construit sa vie de femme et de mère. «J’ai l’impression d’être prête à la rencontre avec ma mère biologique.» Anne-Laure Desarnauts, la journaliste qui l’accompagnera pour le reportage, se dit ravie de l’optimisme de la Valaisanne. «July y croit vraiment et ne se laisse envahir par les remarques pessimistes de certains de ses proches.» La trentenaire se fie à son bon pressentiment. Pour que le rêve devienne réalité.

Jenny Brochellaz: "Retrouver ma famille biologique ne m'a apporté que du bonheur"

Quatre ans déjà que Jenny Brochellaz, adoptée par un couple de Fully à l’âge de cinq ans, a retrouvé la trace de sa famille biologique. Une montagne de bonheur pour cette Péruvienne d’origine. «C’est un sentiment très fort. Les recherches ont mis du temps pour aboutir, mais cela valait la peine de persévérer et de toujours y croire», raconte-t-elle en revenant de Suède où résident ses deux frères biologiques.

«Depuis que je les ai retrouvés, j’ai noué un contact très fort avec eux, particulièrement avec mon aîné devenu un confident. On se voit trois à quatre fois par an maintenant. Soit je vais les voir en Suède, soit ils viennent en Valais.»

Jenny Brochellaz et ses deux frères lors de leur première rencontre. © DR

Une famille dans le monde entier

Jenny Brochellaz ne cesse de voyager depuis qu’elle a retrouvé sa famille. «Ma maman est malheureusement décédée avant que je la revoie mais mon papa est toujours au Pérou. Ma grand-mère est aux Etats-Unis; l’une de mes tantes est en Norvège et une autre en Californie. Et j’ai tous envie de les voir», confie-t-elle le sourire aux lèvres.

>> A lire: les retrouvailles de Jenny Brochellaz avec ses frères

Elle rencontrera prochainement son père en chair et en os

Sa prochaine destination sera Lima au Pérou pour revoir enfin son père en chair et en os. «Pour l’instant, nous nous voyons par Facetime, mais la rencontre sur place n’a pas encore eu lieu.» La Valaisanne avoue aller de découvertes en découvertes depuis quatre ans. «Je ne m’attendais pas à vivre autant de moments forts! Avec mon frère aîné, on se nourrit l’un et l’autre de nos retrouvailles.»

Jenny Brochellaz ne peut ainsi qu’encourager les enfants adoptés à aller au bout de leurs démarches pour retrouver leur famille biologique. «Cela apporte la paix. Vraiment.»

 

L'avis du psychologue Philipp Jaffé: "Retrouver ses parents est un grand pas vers la sérénité"

«La personne adoptée a une identité un peu voilée, même si elle se sent bien dans sa vie», explique d’emblée Philipp Jaffé, psychologue. La personne n’est ainsi «jamais tout à fait à la maison dans son propre corps». Son identité n’est pas complète. «Il y a un manque; c’est un mot qui revient d’ailleurs souvent quand la personne adoptée explique son ressenti.» D’où ce besoin, quasiment inné, de retrouver ses racines et ses parents biologiques. «Certains auront la chance de pouvoir se réaliser sans le ressentir, mais c‘est rare.»

Le besoin surgit de façon imprévisible

La nécessité de retrouver ses racines surgit souvent de façon imprévisible. A l’occasion d’un anniversaire ou d’une grossesse par exemple. «Cela peut également s’enclencher lors de maladies ou lorsque la personne adoptée se met en couple.»
Pour le psychologue, la recherche des origines est à encourager. «Pour la famille adoptive, l’accompagnement est la meilleure voie tout en étant réaliste et en n’entrant pas dans l’idéalisation.» Il arrive que la personne adoptée passe par des moments de rejets de sa famille adoptive en découvrant ses origines. «Mais c’est vraiment très rare et c’est normal de vivre des instants de révolte.»
Philipp Jaffé est convaincu que retrouver ses racines est un atout pour la personne adoptée. «C’est un grand pas pour continuer sa vie sereinement. Même si le fait de savoir qui sont ses parents ne répond pas à toutes les questions existentielles», conclut le psychologue.


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