02.04.2019, 16:09

Une permanence nationale pour prévenir la maltraitance des seniors

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Dans 80% des cas, les mauvais traitements ont lieu à domicile, au sein de la famille, ou du voisinage.

prévention Afin de lutter que le tabou de la maltraitance qui touche les personnes âgées, trois associations suisses ont ouvert ce mardi la première permanence nationale de conseil.

En Suisse, on estime à près de 300’000 le nombre de personnes âgées victimes de violences. Cette maltraitance est surtout commise à la maison mais aussi en EMS. Pour briser le tabou, trois organisations ont lancé mardi la première permanence nationale de conseil.

La création de cette permanence «Vieillir sans maltraitance» a quatre objectifs: mettre un contact à disposition des victimes et de leurs proches, dispenser rapidement de l’aide, prévenir la violence envers les aînés et former le personnel. La violence envers une personne âgée a plusieurs visages; elle n’est pas toujours intentionnelle, rappelle Jörg Rickenmann, coordinateur d’alter ego, en Suisse romande.

Face au vieillissement de la population et au coût qu’il induit, le risque de maltraitance augmente. Le problème n’est pas nouveau puisqu’il a été reconnu en 2002 comme défi de santé publique prioritaire par l’OMS. La Suisse en a pris conscience dans les années 1990 déjà et créé des associations régionales de prévention.

Aujourd’hui, une étape supplémentaire est franchie. La nouvelle permanence ouvre une ligne téléphonique (0848 00 13 13) et un site internet en trois langues qui permet de mettre les personnes âgées, leurs proches ainsi que des spécialistes en relation avec l’une des trois organisations en Suisse romande, en Suisse alémanique ou au Tessin.

 

 

80% des cas à domicile

En 2018, près de 200 cas de situation de violence à l’encontre des seniors ont été signalés à une de ces trois organisations. Mais il n’y a pas de statistiques en Suisse. Dans 80% des cas, les mauvais traitements ont lieu à domicile, au sein de la famille, ou du voisinage. Dans 20%, les violences sont commises en institution.

Face à un aîné atteint de démence ou de troubles cognitifs, l’entourage est vite débordé. En EMS, les dérapages sont souvent liés à une forte rotation du personnel et à un manque de formation. Les violences peuvent prendre plusieurs formes: cela va de l’abus de pouvoir aux pressions psychologiques comme des menaces jusqu’à des coups ou de la négligence (nourriture inadaptée).

Thème tabou

Les personnes âgées qui en sont victimes n’osent souvent pas en parler. Soit elles craignent de ne pas être crues, soit elles redoutent des représailles. Depuis 2002, alter ego offre une formation aux milieux de soins. Au total, 14’000 professionnels socio-médicaux ont suivi ces cours en Suisse romande.

La plateforme «Vieillir sans maltraitance» a également pour objectif de sensibiliser et former le personnel à l’échelle nationale. En Suisse alémanique, le projet est porté par l’organisation Unabhängige Beschwerdestelle für das Alter (UBA), et au Tessin par Pro Senectute Ticino e Moseano.

ATS

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