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Lobbyistes au Parlement: le National ne veut pas plus de transparence

Mardi matin, le National a refusé d'entrer en matière sur un projet de loi demandant plus de transparence des lobbys en Suisse. Selon ses initiants, les Suisses devraient le droit de connaître les intérêts défendus par les lobbyistes. Pour les opposants, les mesures à prendre entraîneraient une surcharge administrative.

18 juin 2019, 07:12
/ Màj. le 18 juin 2019 à 10:53
Le Conseil des Etats a soutenu le projet.

Les lobbyistes ne devraient pas montrer davantage patte blanche pour accéder au Parlement. Par 103 voix contre 72, le Conseil national a refusé d'entrer en matière sur un projet en ce sens. Le dossier retourne au Conseil des Etats.

Les sénateurs diront s'ils tiennent à légiférer et comment. S'ils jettent l'éponge ou si les députés maintiennent ensuite leur opposition, le projet sera enterré. Pour l'instant, c'est le front du refus qui l'a emporté au National.

 

 

Transparence illusoire

Ce projet entraînera un surplus de charges administratives sans apporter de plus-value aux citoyens et aux parlementaires, a critiqué Michaël Buffat (UDC/VD) au nom de la commission préparatoire. Il appartient aux députés de se renseigner auprès des représentants d’intérêts au sujet de leurs mandants.

On voit d'ailleurs très bien qui discute avec qui dans les travées du Palais et les élus sont aussi des représentants d'intérêts, selon Ruth Humbel (PDC/AG). C'est surtout hors du Palais fédéral que les lobbyistes agissent, a ajouté Marco Romano (PDC/TI) vantant les mérites d'une autorégulation de la branche.

La transparence prônée n'est qu'illusoire, a lancé Kurt Fluri (PLR/SO). Selon les opposants au projet, légiférer serait en outre contre-productif car on risque d'institutionnaliser le lobbyisme. Le camp rose-vert, le PVL ainsi qu'une poignée de libéraux-radicaux et d'autres bourgeois ne l'entendaient pas de cette oreille.

Fermer les yeux

On ne peut pas se contenter de fermer ainsi les yeux, a critiqué Matthias Jauslin (PLR/AG). Ce refus de transparence est incompréhensible: la population a le droit de savoir qui entre et sort du Palais fédéral et qui représente quels intérêts, a renchéri Nadine Masshardt (PS/BE).

A gauche, on aimerait d'ailleurs aller plus loin que le projet retenu par la Chambre des cantons. Seul avantage d'un refus de légiférer: cela apportera de l'eau au moulin de l'initiative "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique", a commenté Nicolas Rochet Fernandez (PS/VD).

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