21.07.2017, 00:01

Le Musée alpin sur la corde raide

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Le Musée alpin suisse crie au loup, il perdra l’an prochain 750000francs de subvention. Un arrêt de mort, selon son directeur. Ici l’exposition «Le loup est là» présentée l’an dernier.

 21.07.2017, 00:01 Le Musée alpin sur la corde raide

Pour subventionner les musées romands, l’Office fédéral de la culture serre la bride aux musées alémaniques, certains tirent la langue.

L’Office fédéral de la culture (OFC) a fait beaucoup d’heureux en Suisse romande en dévoilant mercredi le nom des musées qui bénéficieront d’une contribution d’exploitation pendant la période 2018 à 2022. Le Vitromusée de Romont (FR), le Laténium à Hauterive (NE), l’Ariana à Genève et le Musée de l’Elysée à Lausanne recevront chacun une subvention de...

L’Office fédéral de la culture (OFC) a fait beaucoup d’heureux en Suisse romande en dévoilant mercredi le nom des musées qui bénéficieront d’une contribution d’exploitation pendant la période 2018 à 2022. Le Vitromusée de Romont (FR), le Laténium à Hauterive (NE), l’Ariana à Genève et le Musée de l’Elysée à Lausanne recevront chacun une subvention de 250 000 francs l’an prochain, voire davantage les années suivantes. Cette générosité a cependant son revers. Plusieurs musées alémaniques qui bénéficiaient jusqu’ici de généreuses contributions devront se serrer la ceinture. Le cas le plus emblématique est celui du Musée alpin, à Berne, qui va perdre 750 000 francs par année.

«Prendre aux uns pour donner aux autres, c’est du cannibalisme», réagit le directeur Beat Hächler. «Si c’est ça le principe de la nouvelle politique culturelle de la Confédération, il y a de quoi être choqué». Il l’est d’autant plus que la survie de l’institution est en jeu. Le budget annuel du Musée alpin est d’environ 3 millions de francs. La Confédération en assumait un tiers. Avec la nouvelle politique, le million fondra à 250 000 francs dès 2019 après une année de transition en 2018. «Nous nous attendions à une réduction car la règle du jeu avait changé, mais la coupe est brutale», souligne Beat Hächler. «C’est une condamnation à mort».

La politique s’en mêlera

Le directeur du Musée Alpin place désormais ses espoirs dans une réaction du Parlement. Car il doute que la mort de son établissement corresponde à la volonté du monde politique. Le nouveau conseiller national Thomas Egger (PDC/VS), directeur du Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB), s’apprête déjà à intervenir sous la Coupole. «Le Musée alpin est un pont entre les milieux urbains et montagnards», argumente-t-il. «C’est une plate-forme d’échanges qu’il faut absolument préserver».

Chef de la section des musées à l’OFC, Benno Widmer rappelle cependant que le Parlement a demandé à l’Office fédéral de la culture de modifier les règles d’attribution des subventions fédérales dans le cadre du dernier message sur la culture. Ce ne sont plus le Conseil fédéral et le Parlement qui désignent les installations à soutenir, mais un comité d’experts après une mise au concours. Celle-ci a suscité 35 candidatures. Les critères de soutien sont la qualité et le rayonnement du musée (fréquentation, coopérations nationales et internationales, publications), l’importance culturelle de la collection et la qualité du travail de médiation auprès du public.

Pas le meilleur

«A cette aune-là, le Musée alpin ne figurait pas parmi les meilleurs», note Benno Widmer. «Il fait cependant du bon travail, ce qui explique qu’il continue à bénéficier d’un soutien financier. Par contre, ce n’est pas parce qu’il a été particulièrement soutenu par le passé qu’il peut prétendre à recevoir davantage que les autres. Nous disposons de 5,9millions de francs par année. Ils seront répartis entre les 13 musées retenus par les experts, dont font partie dorénavant aussi des musées en Suisse romande et italienne».

Interrogé hier par la RTS, le secrétaire général de l’Association des musées suisses David Vuillaume estime que la liste retenue fait sens. «On comprend les critères et le choix porte effectivement sur des musées qui ont une importance nationale. La dotation du Musée Alpin était élevée compte tenu du caractère subsidiaire de l’aide fédérale».

Le musée bernois n’est cependant pas le seul à faire grise mine. Le musée suisse de l’architecture à Bâle et le musée du sport à Münchenstein (BL) ne recevront plus un franc dès 2019. «Je comprends que certains puissent se sentir déçus, mais ils n’ont pas été victimes d’une mesure arbitraire», affirme Benno Widmer. «La situation antérieure reposait sur des critères moins objectifs.»


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