04.04.2019, 08:59

Le chef de l'armée suisse Philippe Rebord démissionne pour raison de santé, après deux ans à son poste

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Philippe Rebord a invoqué des problèmes de santé en conférence de presse ce jeudi à Berne.

départ Chef de l'armée suisse depuis le 1er janvier 2017, le Valaisan Philippe Rebord, âgé de 61 ans, a remis sa démission pour raison de santé. Il souffre d’une thrombose grave et doit subir une opération à la hanche.

Le chef de l'armée suisse Philippe Rebord a présenté sa démission pour raison de santé. La conseillère fédérale Viola Amherd, en charge du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, a remercié l’engagement du Valaisan en conférence de presse. La Valaisanne regrette beaucoup le départ de Philippe Rebord. Elle s'est félicité d'avoir pu compter sur lui lorsqu'elle a repris la tête du département de la défense en janvier. Evoquant une confiance mutuelle, elle a dit apprécier son style de conduite très humain. Mais la priorité va à la santé.

Philippe Rebord, 61 ans, a été victime d'une thrombose grave durant les vacances de janvier. Comme elle n'a pas été détectée par le premier médecin, le traitement a pris dix jours de retard. A cela s'ajoutent de sérieux problèmes à la hanche droite, qui manque de cartilage.

"J'ai mal tout le temps", a expliqué jeudi le chef de l'armée devant les médias, précisant qu'il avait des difficultés à rester debout. Une opération est prévue fin décembre. "Je me connais, je pourrais tenir" jusque-là, a affirmé le Valaisan tout en précisant qu'il avait discuté du cas avec son médecin.

 

 

Le chef de l'armée quittera donc ses fonctions à la fin de l'année, au lieu de fin 2020. Son contrat avait été prolongé l'année passée au-delà de l'âge de la retraite pour les militaires. La recherche d’un successeur a déjà commencé. Une commission de sélection a été mise sur pied.

Âgé de 61 ans, Philippe Rebord est le chef de l'armée suisse depuis le 1er janvier 2017. Son contrat a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2020, au-delà de l'âge de sa retraite, pour assurer la mise en oeuvre du développement de l'armée.

Originaire de Bovernier (VS) et de Lausanne (VD), le commandant de corps est marié et père de deux filles adultes. Il a étudié l'histoire, la géographie et le français à l'université de Lausanne, dont il est licencié ès lettres.

 

Ce départ prématuré est dû uniquement à des raisons de santé, a déclaré Philippe Rebord dans une interview à Keystone-ATS:

 

Militaire depuis 1985

Il est entré le 1er janvier 1985 dans le corps des instructeurs de l'infanterie, au sein duquel il a assumé différentes fonctions d'instructeur d'unité et de commandant d'école. Après un séjour d'études au collège interarmées de défense à Paris, Philippe Rebord a été nommé chef d'état-major auprès des écoles d'état-major général.

Le 1er janvier 2009, le Conseil fédéral l'a nommé commandant de la brigade d'infanterie 2 et promu au grade de brigadier, avant de l'appeler cinq ans plus tard, au 1er janvier 2014, à la tête de la formation supérieure des cadres de l'armée et de l'Etat-major de l'instruction opérative. Il a succédé au 1er janvier 2017 au Zurichois André Blattmann à la tête de l'armée suisse.

 

Viola Amherd commente le départ du chef de l'armée au micro de Keystone-ATS:

 

Réforme DEVA

Dès son arrivée à son poste, il a repris plusieurs gros chantiers, comme la réforme de l'armée (DEVA), le programme d'armement BODLUV 2020 ou l'acquisition de nouveaux avions de combat.

La réforme (DEVA) a été lancée en 2018. Elle prévoit d'améliorer la disponibilité des troupes. Huit mille soldats entièrement équipés doivent pouvoir être déployés dans un délai de 1 à 3 jours, 35'000 en dix jours, en cas de catastrophe et attaques terroristes.

Avec la réforme, les effectifs doivent être réduits de 200'000 à 100'000 militaires (avec un effectif réel de 140'000). L'école de recrues continue de durer 18 semaines. Il n'y en a plus trois mais deux par an.

Avions de combat

Les procédures de renouvellement des moyens de défense sol-air de longue portée et de la flotte d'avions de combat sont quant à elles en cours d'évaluation. La facture totale se monte à 8 milliards de francs.

Deux systèmes de défense sol-air de longue portée sont encore dans la course. Le consortium français Eurosam et la société américaine Raytheon ont transmis leurs offres. Un deuxième appel d’offres aura lieu dans le courant de l'hiver prochain.

Quant aux nouveaux avions de combat, cinq appareils sont évalués pour remplacer les Tiger et les F/A-18: le Gripen E suédois (Saab), le Rafale français (Dassault), l'Eurofighter européen (Airbus), ainsi que les Super Hornet de Boeing et le F-35A de Lockheed-Martin américains.

ATS

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