28.12.2011, 00:01

La grande introspection verte

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La grande introspection verte

 28.12.2011, 00:01 La grande introspection verte

Par MICHAËL RODRIGUEZ

Après la défaite des Verts aux élections fédérales, la jeune garde du parti veut une ligne politique moins contestatrice et plus gestionnaire.

La nouvelle année s'annonce chaude pour les Verts suisses. D'ici au printemps prochain, la base du parti doit se doter d'une nouvelle présidence, dans un climat de tensions internes après le recul de 1,2% et la...

Après la défaite des Verts aux élections fédérales, la jeune garde du parti veut une ligne politique moins contestatrice et plus gestionnaire.

La nouvelle année s'annonce chaude pour les Verts suisses. D'ici au printemps prochain, la base du parti doit se doter d'une nouvelle présidence, dans un climat de tensions internes après le recul de 1,2% et la perte de cinq sièges au Conseil national. Une défaite que la "jeune garde" s'est empressée de mettre sur le compte d'une ligne politique trop gauchisante incarnée par certaines figures historiques, dont l'actuel président des Verts Ueli Leuenberger.

Dans un papier de réflexion, trois jeunes conseillers nationaux appellent à une rénovation du parti. Le Genevois Antonio Hodgers, chef du groupe parlementaire à Berne, la Vaudoise Adèle Thorens et le Zurichois Bastien Girod se prononcent pour l'abandon d'une posture d'opposition jugée trop systématique au profit de la recherche de "solutions".

Le débat, un danger?

"La discussion pourrait être plus large dans le parti et moins vue comme un danger" , plaide Bastien Girod. "Rendre les controverses publiques peut produire plus de consensus que de les étouffer" . Dans cet esprit, une large diffusion du papier de réflexion aurait contribué à ouvrir le débat. Las, ce document est uniquement à usage interne et ne nous a pas été transmis...

Par oral, les réformateurs se montrent plus diserts. "Nous devons être plus proches des préoccupations des gens et des entreprises, au lieu d'en rester à un discours général", résume Bastien Girod. "Il faut s'occuper des problèmes concrets, par exemple de savoir pourquoi les entreprises n'investissent pas dans l'économie verte." Le Zurichois regrette aussi que son parti n'ait pas pris conscience plus vite de la pénurie de logements liée à la libre circulation. "Nous aurions dû être les premiers à réclamer des mesures d'accompagnement. Il y a deux ans, lorsque j'ai pris position dans ce sens, la direction du parti n'a pas assez reconnu ce problème."

En matière de politique sociale, "il ne faut pas reprendre systématiquement les positions des syndicats, mais apporter aussi des solutions innovantes pour rendre les assurances sociales financièrement moins dépendantes de la croissance" , ajoute Bastien Girod. "Nous sommes un parti humaniste, mais pas étatiste" , appuie Adèle Thorens. "On ne peut pas accepter de maintenir des acquis sur le dos des générations futures. Personnellement, je ne serais pas choquée que l'on doive travailler plus longtemps, moyennant quelques exceptions." Selon la Vaudoise, les Verts devraient avoir un discours plus rigoureux sur les finances publiques et l'endettement.

Viser l'électorat libéral

La déconvenue électorale du 23 octobre est le signe d'un "échec des Verts à gérer le succès de leurs idées" , diagnostique Adèle Thorens. La décision de sortir du nucléaire n'a pas profité au parti car "il a de la difficulté à convaincre qu'il n'est pas seulement là pour dénoncer des grands problèmes, mais aussi pour proposer des solutions." Les Verts doivent donc mieux valoriser leurs compétences scientifiques. Et se profiler comme "une force qui gère de la durabilité, ce qu'ils ont su faire dans les cantons et les communes où ils participent aux exécutifs."

L'existence de deux groupes écologistes - vert et vert'libéral - au parlement "pourrait être un sérieux problème car elle risque de pousser les deux partis à se polariser." Un rapprochement avec les Vert'libéraux est donc difficile à concevoir pour l'instant. "Tout cela est parti d'une erreur très regrettable des Verts suisses" , déplore la conseillère nationale. "Lorsque les Vert'libéraux ont été créés, ils ont demandé leur adhésion aux Verts suisses, ce qui leur a été refusé."

Pour Bastien Girod, les Verts doivent tenter de séduire un électorat libéral. "Actuellement, les Verts ont des positions trop souvent similaires à celles du Parti socialiste. Cela a pour conséquence que les deux partis se cannibalisent plutôt que d'augmenter leur part électorale cumulée, ce qui est dommage. Il vaut mieux que les voix libérales viennent chez nous plutôt que chez les Vert'libéraux!"


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