07.08.2015, 15:31

Fécondation in vitro: référendum du PEV

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Le Parti évangélique a annoncé le lancement d'un référendum contre le diagnostic préimplantatoire.

Votations 14 juin Le Parti évangélique suisse va lancer un référendum contre le "oui" à la votation sur la fécondation in vitro de dimanche.

Alors que les sondages précédant le vote ne permettaient pas de déterminer l'issue du scrutin, les partisans de la libéralisation n'ont pas eu à trembler. La révision de la constitution a été adoptée par près de 1,38 million de personnes. Un peu moins de 850'000 autres l'ont rejetée.

Six cantons alémaniques ont marqué leur désaccord. En tête, trois cantons à majorité catholique. Premiers des opposants, les Obwaldiens ont dit "non" à 55,8%. Ils sont suivis par les Appenzellois des Rhodes-intérieures (55,5%) et les Uranais (53,9%).

Catholiques ou non, tous les cantons romands ont largement soutenu la levée de l'interdiction du diagnostic préimplantatoire. Les Vaudois ont été les champions du "oui", avec 84,8%. Ils sont suivis par les Genevois (82,2% des voix), les Neuchâtelois (75,2%), les Jurassiens (67,2%), les Fribourgeois (67,1%) et les Valaisans (57%).

Loi déjà sous toit

Le diagnostic préimplantatoire, même s'il ne concerne que quelques centaines de cas par année, soulève des émotions au-delà des frontières partisanes. Cette technique, pratiquée depuis une vingtaine d'années à l'étranger, permet de différencier un embryon sain d'un autre atteint d'une anomalie avant son implantation dans l'utérus. Jusqu'ici, la Suisse disposait d'une des réglementations les plus strictes d'Europe en matière de procréation assistée.

La votation portait uniquement sur une modification générale de la constitution qui créera un cadre permettant aux médecins de pratiquer le DPI. Mais le Parlement a déjà peaufiné une loi d'application. Le projet autorise non seulement le dépistage de maladies héréditaires mais aussi de la trisomie 21 et d'autres aberrations chromosomiques.

Pour ses partisans, le diagnostic préimplantatoire viendra en aide à des couples confrontés à de grandes souffrances et leur évitera de devoir se rendre à l'étranger pour bénéficier des régimes plus libéraux. Les opposants mettent en cause le risque de dérives allant jusqu'à une sélection ciblée des êtres humains.

Le PEV va lancer le référendum

En dépit du oui assez net qui s'est dégagé dimanche, le Parti évangélique suisse (PEV) en tête du comité interparti opposé au DPI, va combattre la loi. Seul un référendum peut encore fermer la porte à la sélection d'êtres humains, indique le comité.

"Dans la loi, le Parlement est allé trop loin", explique la conseillère nationale Marianne Streiff, présidente du PEV. La Suisse deviendrait ainsi plus libérale que certains pays qui n'autorisent le DPI qu'aux couples porteurs de maladies graves. Le comité référendaire pourra compter sur le soutien de l'UDC, seul parti qui avait recommandé le rejet, tout comme celui des organisations de défense de handicapés.

Dans le camp des vainqueurs, le référendum apparaît comme promis à l'échec. "Si j'étais à la place du comité référendaire, je réfléchirais bien au débat qu'on vient d'avoir", estime le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH), membre du comité en faveur de l'article constitutionnel sur le DPI. Selon lui, aucun argument nouveau n'émergera d'ici à une année.

Si plusieurs partis ont recommandé un oui pour dimanche, ils devront encore une fois surmonter plusieurs divisions internes sur la question du référendum. Le PDC, le PS et les Verts se montrent encore indécis.


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