06.09.2019, 10:34

Emploi: l’USS réclame 2% de hausses de salaire pour 2020

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Revendications L’Union syndicale suisse demande une augmentation des salaires de 2% pour 2020, notamment pour financer la hausse des primes maladies. Elle réclame aussi une augmentation de 50 francs pour les femmes qui travaillent dans des branches organisées par le syndicat Unia.

Malgré une conjoncture plus incertaine en 2020, l’Union syndicale suisse exige des hausses de salaire de 2% l’an prochain. L’USS souhaite une augmentation «significative» des revenus des femmes et mettra ce thème en première ligne lors des négociations cet automne.

«Il y a une crise de la redistribution en Suisse et si la question salariale n’est pas abordée, c’est à n’y rien comprendre», s’est étonné vendredi devant la presse le président de l’USS Pierre-Yves Maillard. La faîtière des syndicats tenait à Berne sa traditionnelle conférence de presse avant la ronde des négociations salariales automnales.

 

 

En dépit d’une «nette croissance» de l’économie suisse au cours des trois dernières années et d’une augmentation de la charge de travail, les salaires réels ont reculé de 0,6%, relève l’USS. Cette dernière a également fait le point sur les «rumeurs de crise et de récession» mondiales. Si elle n’écarte pas ce risque du revers de la main, elle s’interroge plutôt sur comment relancer l’économie. Sa solution: redistribuer directement l’argent à la population via des hausses salariales ou le développement de la protection sociale.

Pour ce faire, Pierre-Yves Maillard insiste sur l’importance des conventions collectives de travail et des instruments du partenariat social. A ses yeux, il est nécessaire d’avoir des instruments de négociation collective à grande échelle pour redistribuer le pouvoir d’achat à la population. «Aucune entreprise isolée, même la plus grande, ne va prendre le risque à sa charge d’une responsabilité».

«Raisonnables et réalisables»

Les syndicats ont justifié leurs demandes. «Le SECO s’attend à un renchérissement de 0,6% en 2019, mais il ne tient pas compte de l’augmentation des primes d’assurances maladie», détaille le président de Syndicom Daniel Münger. Augmenter de 2% les salaires permettrait d’obtenir une hausse réelle de 1%, poursuit-il, tout en gardant à l’esprit que les salariés ont dû accepter une baisse réelle de salaire en 2017 et 2018. «Nous formulons des demandes raisonnables et réalisables, nécessaires et possibles», ajoute M. Maillard.

Pour appuyer leurs revendications, l’USS relève la bonne situation des affaires des entreprises suisses et la reprise de la conjoncture des exportations. Depuis la mi-2015, les indicateurs des places vacantes affichent une forte hausse. Les entreprises industrielles tablent ces prochains mois sur une légère croissance des exportations.

La bonne santé actuelle de l’économie ne se reflète toutefois pas dans le porte-monnaie des habitants. «La consommation réelle par habitants sans les dépenses de santé est en baisse» depuis mi-2017, constate l’économiste en chef de l’USS Daniel Lampart.

La colère qui monte

Pour la faîtière syndicale, il est encore plus urgent d’agir pour les femmes. Après la grève nationale des femmes du 14 juin, il faut désormais des «avancées concrètes» pour corriger le retard salarial. Dans les branches organisées par le syndicat Unia, les femmes devront toucher au moins 50 francs de plus, précise l’USS.

Revenant sur la grève des femmes du 14 juin, M. Maillard l’analyse comme la «conséquence de ces dernières années, où l’on a senti une colère monter face aux difficultés du quotidien». Et cette colère va se poursuivre, si on n’agit pas, estime l’ancien conseiller d’Etat vaudois.

La présidente d’Unia Vania Alleva n’a elle pas été «surprise» par l’ampleur de la mobilisation lors de la grève des femmes. Elle l’explique par la discrimination salariale des femmes, qu’elle juge «scandaleuse». «Le thème de l’inégalité salariale sera toujours en première ligne cet automne lors des négociations», complète M. Münger.

Selon UNIA, un homme gagne en moyenne 657 francs de plus que les femmes. Selon l’Office fédéral de la statistique, une femme sur six doit s’en sortir avec un bas salaire qui suffit à peine pour vivre.

ATS

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