E-sport: pourquoi la Suisse ne forme pas ses futurs gamers


Assis sur une chaise, les yeux rivés sur un écran et les doigts crispés sur la souris et le clavier. Voilà le portrait-robot d’un sportif d’un nouveau genre: l’athlète e-sportif. La Suisse romande n’échappe pas au phénomène et le sport électronique s’y structure petit à petit. A l’heure actuelle, 25 organisations ont leurs équipes amateurs.

Par contre, côté formation, si les clubs de foot, de basket ou de tennis ont leur mouvement junior, les adeptes de FIFA 20 et leurs collègues doivent apprendre et progresser sans véritable encadrement. Durant plusieurs semaines, nous nous sommes plongés dans cet univers pour tenter de comprendre d’où venait cette lacune.

Nous abordons cette thématique complexe avec un nouvel outil, spécifiquement conçu pour nos supports numériques. Le long format nous permet de développer des enquêtes, des reportages, d’amener des plus-values infographiques, vidéos, sonores et de prendre du recul sur l’actualité. 


Andy Maître

 16.05.2020, 17:00

Des associations fermées aux jeunes

Les postulations des joueurs sans expérience sont souvent refusées par les structures e-sportives. (Keystone / Ennio Leanza)

 

L'engouement pour l'e-sport augmente en Suisse romande

Aujourd’hui, les petits Suisses romands ne rêvent pas forcément tous de devenir Lionel Messi. Leurs idoles répondent plus souvent au nom de «Kinstaar» ou de «Vato», des joueurs professionnels d’e-sport. En juillet dernier, le Fribourgeois et le Neuchâtelois ont participé au dernier Mondial de Fortnite à New York, qui a réuni 23’000 personnes au Stade Arthur-Ashe et 2,5 millions de spectateurs en ligne. De quoi susciter des vocations.

 

Les moments forts de la finale «duo» du Mondial de Fortnite, qui s’est déroulée dans le stade de l’US Open, l’un des terrains de jeu de Roger Federer:

 

En Suisse romande, l’intérêt pour la pratique e-sportive augmente depuis plusieurs années. La Radio télévision suisse (RTS) a même lancé en janvier une chaîne consacrée à cette activité. Le Caribana Festival, reporté à 2021, avait prévu de consacrer une journée à un tournoi d’e-sport. Si, contrairement à plus de 60 pays, l’Office fédéral du sport n’a pas reconnu en mars 2019 la discipline comme un sport, le canton de Genève l’a inscrite sur sa liste des disciplines sportives et des clubs de football ont lancé leurs propres sections.

 

 

L’évolution du nombre de structures qui possèdent au moins une équipe d’e-sport – d’autres se focalisent sur l’organisation d’événements ou fédèrent plusieurs associations à l’image de la Fédération cantonale genevoise d’e-sport – confirme cet engouement. En cinq ans, leur nombre a été multiplié par plus de six, passant de 4 à 25, selon notre décompte. Un chiffre supérieur à celui des organisations alémaniques, estimé à une quinzaine. Actuellement, environ 550 joueuses et joueurs évoluent dans l’une des équipes de ces organisations romandes.

Notre carte interactive des structures romandes qui hébergent des équipes: