10.01.2019, 18:44

Des chercheurs testent un épouvantail acoustique à sangliers près du lac de Neuchâtel

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Des chercheurs testent un épouvantail acoustique à sangliers près du lac de Neuchâtel

FAUNE Un épouvantail acoustique à sangliers diffusant des cris d'alarme de ces animaux et d'autres bruits qu'ils associent au danger a été développé par des chercheurs de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW). Des tests ont été menés dans des champs près du lac de Neuchâtel notamment.

Des chercheurs de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) ont développé une sorte d'épouvantail acoustique anti-sangliers. L'appareil diffuse des cris d'alarme de ces animaux et d'autres bruits qu'ils associent au danger.

La population de sangliers croît en Suisse. Elle provoque chaque année pour plusieurs millions de francs de dommages aux cultures. Les tirs ciblés n'effarouchent ces suidés que momentanément, et ils ne sont pas possibles partout. Quant aux barrières électriques, elles n'ont guère les faveurs des agriculteurs en raison de leur coût et du travail qu'elles impliquent.

C'est pourquoi l'équipe de Stefan Suter à la ZHAW a développé un appareil composé de deux haut-parleurs alimentés par des batteries, qui peut être facilement installé sur un piquet. Les divers bruits qu'il produit sont diffusés en mode aléatoire. Un capteur de luminosité active l'engin à la tombée de la nuit et l'éteint à l'aube.

Moins de dégâts

Des tests menés dans des champs près du lac de Neuchâtel, du lac de barrage de Klingnau (AG) ainsi que dans le Fricktal (AG) ont permis de constater une nette baisse des dégâts par rapport à des sites sans mesure préventive, a indiqué M. Suter. Les dommages ont été évalués à l'aide de photos prises par des drones.

L'appareil n'assure toutefois pas une protection absolue. «Ce qui est particulièrement efficace, c'est une combinaison des différentes méthodes», précise le chercheur. Là où un animal a déjà été tiré, les cris diffusés dans le haut-parleur inciteront ainsi la harde à davantage de prudence. De même, les sangliers auront moins tendance à renverser simplement une barrière électrique.

L'inverse est également vrai: au bout d'un mois, ces animaux réputés pour leur intelligence s'habituent à l'appareil et se rendent compte qu'il n'y a pas de véritable danger, note M. Suter. Le recours aux autres méthodes est donc à nouveau nécessaire.

Utilisations ponctuelles

Selon lui, l'épouvantail acoustique est particulièrement intéressant pour une utilisation ponctuelle dans des phases délicates, par exemple peu après les semis. A un millier de francs la pièce environ, il est moins cher qu'une barrière électrique.

Avec une contrainte toutefois: en raison des bruits qu'il produit, il n'est utilisable la nuit qu'à un kilomètre environ des habitations. A 1,5 kilomètre de distance, il n'est plus du tout audible, selon le rapport final du projet.

Pour Stefan Suter, le fait que les agriculteurs soient indemnisés pour les dégâts causés par les sangliers ne les incite pas à prendre des mesures préventives efficaces. «Si l'on mettait ne serait-ce que 10% de ces indemnités dans la prévention, nous aurions déjà fait un grand pas en avant», conclut le chercheur.

ATS

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