04.09.2019, 10:24

Andreas Meyer, le patron des CFF, démissionnera au plus tard à la fin de l’année prochaine

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Andreas Meyer était dans la tourmente après la mort d'un contrôleur CFF.

SURPRISE Dans la tourmente depuis plusieurs semaines, le patron des CFF, Andreas Meyer, a annoncé sa démission «au plus tard à fin 2020» lors de la présentation des résultats semestriels de son entreprise. En poste depuis 2007, il assure avoir pris sa décision au printemps déjà.

Le directeur général des CFF Andreas Meyer quittera l'entreprise pour la fin 2020. En poste depuis 2007, il était toujours plus contesté ces derniers mois.

Andreas Meyer a annoncé son départ mercredi matin lors de la conférence de presse de l'ex-régie fédérale sur ses résultats semestriels. Il a justifié sa décision par une volonté de se réorienter professionnellement avant ses 60 ans. Il entend notamment mettre son expérience au profit de start-up ou dans des organisations d’utilité publique.

Il a su remodeler les CFF afin d’en faire une entreprise de service public moderne.
Monika Ribar, présidente du conseil d’administration des CFF

A ses yeux, le moment est bien choisi parce que le processus stratégique 2020 des CFF aboutira l’an prochain. De plus, un changement de génération se dessine à plusieurs postes d’encadrement et il entend laisser à son successeur le soin de désigner une nouvelle équipe de direction.

Manque d'empathie critiqué

Regrettant son départ, la présidente du conseil d'administration Monika Ribar a souligné ses qualités. "Andreas Meyer a concrétisé ce chemin de fer intégré que de nombreux pays nous envient et mené à bien un nombre important de grands projets", a-t-elle indiqué. En 13 ans de service, "il a su remodeler (les CFF) afin d’en faire une entreprise de service public moderne."

Et Monika Ribar de rappeler que le conseil d'administration a toujours assuré Andreas Meyer de sa pleine confiance, même dans le contexte tragique de l'accident du début août. Un contrôleur était resté coincé par la porte d'un train en raison d'un défaut de fonctionnement de la protection anti-pincement. Traîné par le train, il avait succombé à ses blessures.

 

 

Les critiques ont fusé après cet accident, notamment à l'encontre d'Andreas Meyer. Son absence aux funérailles n'a pas été comprise. De manière générale, l'homme fort des CFF est critiqué pour son manque d'empathie et le traitement parfois maladroit de ses subordonnés.

Résultats en légère baisse

Pendant le mandat d’Andreas Meyer, les CFF ont considérablement développé leur offre, tout en préservant la stabilité des prix ces dernières années, souligne encore l'ex-régie dans un communiqué. Le repositionnement de CFF Cargo, qui a conduit à équilibrer les comptes de la division, et le développement de CFF Immobilier pour en faire une division autonome et un pilier solide des CFF ont été des éléments-clés de son parcours.

Au premier semestre 2019, l'ex-régie fédérale a toutefois enregistré une légère baisse de son bénéfice à 279 millions de francs, contre 292 millions un an plus tôt. Le trafic de marchandises, qui affronte une période difficile, et la division des infrastructures ont participé à ce resserrement.

Cargo Suisse est passé de 2,16 millions de francs à 0,25 million de bénéfice, soit un recul de 88,4%. Et Cargo International a fini le semestre avec 1,02 million contre 1,64 l'année précédente.

La division des Infrastructures a quant à elle réalisé un résultat semestriel de 9,6 millions de francs, alors qu'il s'élevait à 63,8 millions en 2018. Principale raison: le recul des contributions d'exploitation de la Confédération.

Les syndicats veulent un nouveau cap

Le Syndicat du personnel des transports (SEV) a appelé les CFF à réorienter leur culture d'entreprise, après l'annonce du départ du directeur général Andreas Meyer pour fin 2020. La direction doit retrouver la confiance du personnel, demande le SEV dans un communiqué mercredi.

Depuis 2014, la confiance du personnel a continué de baisser. Pour le personnel, la frustration est d'autant plus grande que ses remarques ne sont pas entendues lors des réorganisations, regrette le syndicat.

Il est temps pour les CFF de "redorer leur blason, il s'agit de revenir à l'essence: offrir des prestations de qualité et sûres, à un prix abordable pour les usagers", souligne Giorgio Tutti, président du SEV. Il appelle à "un changement radical de la culture et de la communication".


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