05.01.2018, 05:30

Iouri Podladtchikov: "Un titre olympique t'oblige à grandir"

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De passage à Crans-Montana où il s'entraîne en vue des Jeux de PyeongChang, Iouri Podladtchikov s'est livré sur les quatre années qui ont suivi son titre olympique de Sotchi.

Iouri Podladtchikov a été consacré champion olympique de halfpipe à Sotchi. Sur le toit de l’Olympe, sa médaille d’or n’a pas été aisée à gérer émotionnellement. Aujourd’hui, le Zurichois est prêt à partir à la conquête d’une seconde consécration.

Depuis son canapé dont la vue donne sur Crans-Montana et la plaine du Rhône, Iouri Podladtchikov peut s’imaginer voler. Ou s’envoler, comme à Sotchi, vers l’or olympique. Lorsqu’il évoque les Jeux russes qui l’ont consacré, les souvenirs se ravivent. Aussi bons que moins enjoués. Pour le Zurichois de 29 ans, le retour sur terre fut difficile après avoir touché les étoiles. A un mois de l’ouverture des prochaines joutes en Corée du Sud, l’homme revient sur les quatre dernières années de sa vie qui n’ont pas été faciles à gérer. En toute sincérité.

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Tout d’abord Iouri, comment va votre genou droit (ndlr: il a été victime d’une déchirure de ligament croisé lors des derniers Mondiaux au mois de mars)?

C’est de l’histoire ancienne. Je suis passé entre les mains de trois médecins, sept physiothérapeutes, des ostéopathes et des acupuncteurs. Je me suis concentré sur ma rééducation et désormais je suis capable de réaliser toutes les figures que je faisais par le passé.

 

 

Après avoir remporté un titre olympique, un autre mondial, les X-Games, comment retrouve-t-on la motivation de se relever à la suite d’une telle blessure?

Lorsque l’on t’enlève une chose à laquelle tu tiens tu n’as qu’une envie: la retrouver le plus rapidement possible. Lorsque je ne pouvais pas faire de snowboard, je me suis rendu compte de combien c’était important pour moi. Ensuite, chacun trouve son inspiration et sa motivation différemment. Je me suis également évadé. J’ai toujours eu besoin de faire, de voir, d’apprendre de nouvelles choses. C’est ainsi que j’ai commencé il y a un petit moment déjà le ballet. Pour me réinventer. Le devoir le plus difficile est de se renouveler. Mais c’est nécessaire car l’habitude ne permet pas de progresser.

Le ballet, mais vous êtes également photographe, vous jouez un peu de musique et êtes DJ. A l’image de nombreux autres snowboarders, votre côté artistique vous aide-t-il dans votre sport?

Aucunement pour ma part. Cela m’aide plus facilement à m’échapper, à me rappeler les sentiments qui nous animent lorsque l’on est enfant: dormir, manger, jouer. Naturellement, le snowboard est un jeu, mais je ne le pratique que 5% de mon temps. C’est pourquoi je cherche d’autres façons de m’amuser: avec un appareil photo ou une guitare. La vie devient parfois trop sérieuse. Cela m’a par exemple pris deux ans et demi pour redevenir normal après mon titre olympique.

 

 

Comment cela?

J’ai apprécié devenir champion olympique. Peut-être trop (rires). J’ai été pris par un sentiment surréaliste. Mais ce succès a aussi eu son revers de la médaille. C’était comme si quelqu’un te forçait à grandir alors que tu souhaites rester Peter Pan.

Devenir champion olympique est la consécration de toute une vie d’athlète, non?

Pourtant, la gestion a été délicate dans le sens où je n’avais jamais eu l’occasion de grimper aussi haut. Et tu ne peux ressentir ce sentiment uniquement lorsque tu es conscient que tu peux tomber de tout là-haut. J’étais fragile émotionnellement après avoir vécu un tel événement. Et la pire chose a été de voir des amis proches faire un pas de retrait lorsque je m’approchais d’eux. Pour la plupart d’entre eux cette victoire était également irréelle, mais de mon côté je souhaitais rester le même garçon, faire ma vie, des choses stupides. Mais quand tu deviens champion olympique tu es obligé de grandir.

 

Iouri Podladtchikov a connu des hauts et des bas après son titre olympique à Sotchi. © Keystone

 

On a l’impression que ce titre vous a plus desservi qu’autre chose.

Non du tout. Les retombées positives ont été bien plus nombreuses. Mais au départ, c’était étrange. J’étais comme perdu, j’avais l’impression de gaspiller du temps, des opportunités. C’était comme si ma maison était en train de brûler et que je n’arrivais pas à recoller tous les morceaux. Comme je vous l’ai dit, ça m’a pris du temps pour que tout redevienne normal. Comme avant.

Dans un livre qui vous est consacré, le titre est «You only fly once» («Tu ne voles qu’une fois»). Que signifie-t-il pour vous?

Ce n’est pas celui qui j’aurais choisi pour me définir (rires).

Lequel serait-il alors?

«Les rêves d’hiver». Qu’ils soient dramatiques, d’amour, de peur. Des choses que l’on peut ressentir.

Et ne rêvez-vous pas d’une seconde médaille d’or?

Pas uniquement d’une deuxième, mais déjà d’une troisième.


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