04.09.2020, 19:57

Football: déjà dos au mur, la Suisse doit concrétiser ses progrès face à l’Allemagne

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Haris Seferovic et la Suisse devront sortir le grand jeu s'ils souhaitent s'imposer face à l'Allemagne. (Keystone archive)

Réaction Battu par l’Ukraine pour son entrée en lice en Ligue des Nations, la Suisse affronte l’Allemagne dimanche soir. Dans un groupe relevé, composé également de l’Espagne, la Nati devra chercher un bon résultat si elle souhaite se prémunir d'une relégation en Ligue B.

Un bon résultat contre l’Allemagne pour faire oublier l’Ukraine. La Suisse a déjà un impératif compliqué en Ligue des Nations face à la sélection de Joachim Löw dimanche à Bâle (20h45).

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L’équipe de Suisse a à peine tenté de reprendre ses marques qu’elle se trouve déjà dos au mur. Défaite 2-1 en Ukraine jeudi, elle est bien mal embarquée dans sa petite mais intense aventure de l’automne. Cette seconde édition de la Ligue des Nations ne s’annonce – peut-être – pas aussi glorieuse que ce qu’avait pu être la première, il y a deux ans. Avec zéro point, cinq matchs à jouer dont quatre contre l’Allemagne et l’Espagne, elle est déjà supposée trouver des solutions qu’on ne lui soupçonne pas, histoire au moins d’éviter la relégation en Ligue B.

C’est face à l’Allemagne à Bâle dimanche soir que la sélection de Vladimir Petkovic sera une première fois attendue. Dès le tirage au sort, la Suisse se savait contrainte aux exploits, ceux qui doivent la forger mais surtout qui peuvent démontrer qu’un palier a été franchi. L’Euro 2020 n’a pas été là pour témoigner d’un progrès, alors c’est maintenant, dans cette Ligue des Nations qui pardonne plus qu’ailleurs les faux pas aux équipes majeures, qu’il s’agira de l’attester.

Le jeu comme seule conviction

La Suisse a un coup à jouer. L’Allemagne n’est pas l’épouvantail que son nom inspire. Il y a les absents (les joueurs du Bayern Munich et ceux de Leipzig) ainsi qu’une dynamique pas vraiment positive pour une équipe retombée à la 15e place au classement FIFA. Le 1-1 de jeudi contre l’Espagne n’a pas fait état d’une équipe injouable et hyper rigoureuse. Sa présence en Ligue A tient d’ailleurs principalement à la générosité de l’UEFA, qui a fait passer la formule à des groupes de quatre au lieu de trois alors que la Mannschaft aurait dû être reléguée (elle avait terminé dernière de sa poule, derrière les Pays-Bas et la France).

 

 

Pour Petkovic et ses hommes, la question est la suivante: comment faire disparaître le complexe d’infériorité? Pour y répondre, les Suisses sont animés par une conviction: le jeu. Il y a dans les discours une référence constante aux principes et à la manière de les faire évoluer, de les améliorer. Jeudi soir à Lviv, malgré l’amertume de la défaite, tant Petkovic que Yann Sommer se sont félicités de la performance collective. «Je ne vais pas bien dormir, je n’accepte pas de perdre, rageait de l’intérieur le sélectionneur. Mais je suis content de notre prestation. Nous avons appliqué ce que nous avions préparé. L’équipe progresse.»

Le constat est indéniable. Malgré ces dix mois sans se réunir et les trois entraînements qui ont précédé le match de Lviv, la Suisse a apporté un élément supplémentaire à sa palette: un pressing haut et coordonné. Quitte à exposer sa défense. L’idée est moderne, le dernier Final 8 de la Ligue des champions en a donné plusieurs aperçus différents, entre le Bayern, le Paris Saint-Germain, l’Atalanta ou Leipzig. L’équipe de Suisse souhaite désormais pouvoir utiliser cet outil redoutable et c’est tout à son honneur.

Peu de choix pour Petkovic

Il ne s’est pas fallu de grand-chose pour que l’on souligne encore plus cet aspect de la prestation helvétique en Ukraine. Car en récupérant plusieurs ballons dans les trente mètres ukrainiens, l’équipe nationale a eu des situations. Un certain nombre, même. Mais elles ont trop rarement été transformées en occasions concrètes. «Nous sommes parvenus jusqu’aux seize mètres adverses, a considéré Petkovic. Mais c’est ensuite qu’il nous a manqué quelque chose. Un peu de lucidité, de calme.» Sommer abonde: «Nous avons trop peu tenté notre chance, nous devons faire mieux dans ce secteur.» Les chiffres l’ont attesté: un seul tir cadré (le but de Seferovic), pour un total de neuf. L’Ukraine, elle, bien que plus attentiste a frappé quatorze fois au but.

 

 

Cela ne tient pas qu’à l’animation, elle était sans doute cohérente. Même si le sélectionneur a relevé la médiocre «utilisation des côtés, c’est un secteur dans lequel on doit progresser». Les individualités sont ciblées: Steven Zuber, notamment, est passé à côté de son match sur le couloir gauche. Le 2-1 ukrainien de Zinchenko est arrivé d’une perte de balle de Kevin Mbabu sur la droite. Ce n’est pas la première fois, après l’Irlande et le Danemark. De nature à ouvrir la porte à quelques changements dans la composition de départ de Petkovic?

Ce sont là des postes où la Suisse a du choix avec la liste actuelle (Steffen, Benito à gauche, Widmer, Lang à droite). Il n’y en a pas beaucoup d’autres. C’est aussi l’un des enseignements du match de Lviv: une fois Steffen entré à la place de Zuber à la pause, le banc helvétique n’avait pas tant de profondeur, du moins en qualité. Les absences de Schär, Freuler, Zakaria, Shaqiri et Mehmedi sont dures à compenser: Petkovic ne pourra donc pas procéder à une large revue d’effectif contre l’Allemagne. Pas plus mal pour poursuivre et concrétiser la progression.

Et si l’Allemagne était prenable?

La Wunderteam n’existe plus. La sélection de Joachim Löw reste sur deux ans difficiles, qui ont mis en exergue une équipe prenable.

La Suisse aime vivre dans l’ombre de l’Allemagne. En football aussi. Mais l’imposant voisin a perdu de sa redoutable immunité. Il est possible de la faire tanguer, même quand on n’est que la «petite» équipe de Suisse.

Les hommes de Vladimir Petkovic feraient en effet bien de s’inspirer du Mexique ou de la Corée du Sud, par exemple. Deux sélections qui avaient choisi la Coupe du Monde 2018 pour révéler en mondovision les fragilités d’une équipe en fin de cycle. Thomas Müller et Jerome Boateng l’avaient appris à leurs dépens: Löw ne fait plus appel à eux en sélection. Et leur seconde jeunesse, illustrée par leur victoire en Ligue des Champions avec le Bayern Munich, n’est pas un élément suffisant pour s’appuyer sur eux.

Le renouvellement n’a pas pris

Reste que l’Allemagne a un problème: le renouvellement peine à être acté. La Mannschaft a ses limites, qu’elle a rappelé également pendant la première édition de la Ligue des Nations. Celles-ci sont encore plus concrètes en l’absence de Manuel Neuer, Joshua Kimmich, Leon Goretzka et Serge Gnabry, qui digèrent leur titre européen. Même s’il reste du monde: jeudi, contre l’Espagne (1-1), Löw a pu notamment aligner Timo Werner (auteur du but de son équipe), Toni Kroos, Ikay Gündogan, Niklas Süle ou Leroy Sané.

Disposés en 3-4-1-2, les Allemands ont été dangereux dans la profondeur, en étant bien moins obsédés par la possession qu’à une certaine époque. La vitesse de la paire d’attaquants Werner-Sané a fait du mal à l’arrière-garde espagnole. C’est là sans doute la principale préoccupation pour Vladimir Petkovic et sa défense: il faudra empêcher l’Allemagne d’être verticale. Car, sur une action placée, le nouveau pressing suisse peut être pertinent face à la technique parfois moyenne d’Antonio Rüdiger ou Süle.

Bien qu’il reste envisageable que Löw s’autorise certaines rocades. Jeudi, le banc allemand était intéressant (Leno, Ginter, Brandt, Neuhaus…), mais pas de nature à faire forcément trembler les joueurs suisses, surtout après que la pépite Kai Havertz a quitté le rassemblement pour aller signer à Chelsea. Un danger en moins et un argument en plus pour la Suisse.

ATS

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