10.06.2018, 16:21

Raid Evolénard: pas vraiment le scénario que le Valaisan Arnaud Rapillard s’était imaginé

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La déception se lit sur le visage d'Arnaud Rapillard.

vtt Arnaud Rapillard visait un top 5. Contraint de lutter contre lui-même, il termine finalement 9e du Raid Evolénard remporté par le quintuple vainqueur du Grand Raid Urs Huber. Le jeune Bas-Valaisan Gilles Mottiez a lui connu son premier abandon depuis ses débuts dans la discipline.

12h25 aux Haudères. Cinq concurrents du grand parcours de 62 kilomètres partis d’Evolène à 9h ont déjà franchi la ligne d’arrivée. Premier à terminer son périple, le quintuple vainqueur du Grand Raid Urs Huber. Si on n’attendait pas forcément le régional de l’étape Arnaud Rapillard sur la plus haute marche du podium cette année, ce dernier avait tout de même une légitime vue sur le top 5. Le coureur du Team Mountain Tschopp ne présentera pourtant le bout de son guidon que vingt minutes après le vainqueur du jour. La mine des grands jours n’est pas au rendez-vous. La déception est même clairement perceptible chez le Valaisan qui espérait briller sur ses terres et qui doit se contenter du 9e rang. «Ce n’est pas vraiment le scénario que j’imaginais», regrette Arnaud Rapillard.

 

Arnaud Rapillard a terminé 9e. @LUCIEN GRANDJEAN

 

Le régional de l’étape a d’ailleurs très vite compris qu’il n’allait pas revivre les émotions de 2014 lorsqu’il inscrit son nom au palmarès de l’épreuve. Gêné par une allergie au pollen depuis quelques semaines, son entraînement n’a pas été optimal. Et il l’a ressenti en course. «J’ai manqué de rythme. Après la première bosse, je peinais déjà à respirer. Or dès que vos muscles manquent d’oxygène, ça devient délicat… », détaille celui qui a serré les dents pour aller au bout. 


Il refuse de ne voir que du négatif

Plus que la forte opposition à laquelle il a dû faire face, Arnaud Rapillard s’est vu contraint de lutter contre un adversaire qu’il connaît très bien: lui-même. «Même si j’avais pour ambition de faire la course devant, j’ai effectivement été obligé de me battre avec moi-même dès le moment où ç’a lâché.»

 

Une remise en place fait parfois du bien.»

 

Arnaud Rapillard refuse toutefois de ne voir que du négatif. «J’ai quand même pu retrouver un peu de rythme, voir ce qui se passe du côté des autres coureurs aussi. Et vous savez, une remise en place fait parfois du bien», lâche-t-il.  «Elle débouche sur une remise en question qui nous rappelle qu’il y a toujours du travail à entreprendre.» Arnaud Rapillard n’aura de toute évidence pas le temps de trop gamberger, lui qui est attendu sur la première manche de l’Alpine Cup à Val Gardena le week-end prochain. «L’allergie se calme quand même. Avec une semaine de récupération en plus, elle devrait gentiment prendre fin. Ça ne pourra aller que mieux qu’aujourd’hui, c’est certain.» Maigre consolation pour le Valaisan, la troisième place d’Emeric Turcat, son coéquipier de l’équipe. «Elle me fait plaisir. C’est la preuve qu’on est bien présent.» 

 

Déçu, le Valaisan ne veut pas que voir le négatif. @LUCIEN GRANDJEAN


Premier abandon pour son «poulain» Gilles Mottiez


Si la déception pouvait se lire sur le visage d’Arnaud Rapillard, elle était tout aussi perceptible sur celui de son «poulain» Gilles Mottiez, 21 ans. Le coureur de Collonges, qui avait déjà vécu un calvaire dans le val d’Hérens il y a deux ans lors de sa première participation sur le grand parcours en arrivant malade au départ, n’a  cette année pas été en mesure d’aller au bout de l’aventure. «J’ai ressenti une forte douleur à mon genou. C’était juste l’horreur», explique le Bas-Valaisan du Team Papival Bergamont, contraint à l’abandon pour la première fois depuis ses débuts dans le VTT. «Il ne m’aurait servi à rien de forcer pour terminer la course. La situation n’aurait fait qu’empirer et aurait pu avoir de fâcheuses conséquences sur la suite de ma saison.» C’est que pour rien au monde il n’aurait voulu manquer ce qui l’attend dans quelques semaines.

 

Gilles Mottiez (t-shirt grenat) et son entraîneur Arnaud Rapillard (de dos) analysent leurs courses. @LUCIEN GRANDJEAN

 

Début juillet, Gilles Mottiez découvrira la coupe du monde. Attendu sur les épreuves du Val di Sole en Italie et de Vallnord en Andorre, il ne cherchera pas forcément à jouer les premiers rôles. «La concurrence y sera très relevée. L’unique objectif sera de découvrir ces tracés mondiaux.» D’ici là, l’étudiant pourra toujours compter sur les conseils avisés de son entraîneur Arnaud Rapillard qui le suit depuis cinq ans.  D’ailleurs, le spécialiste de cross-country se verrait bien faire de plus en plus de marathons. C’est qu’en 2021, le Raid Evolénard servira de décor pour les championnats d’Europe. Il reste trois ans aux deux Valaisans pour préparer l’échéance. Et ainsi faire oublier la déception de cette édition 2018. 

En savoir plus : Une petite équipe, de gros objectifs

Le Zurichois Urs Huber justifie son surnom de «roi du Valais»

 

Urs Huber, dossard 403, règne une nouvelle fois en Valais. @LUCIEN GRANDJEAN

Ce dimanche entre Evolène et Les Haudères, ils sont nombreux à avoir avalé le premier gros morceau de la saison. Avec 766 inscrits, ils n’ont d’ailleurs jamais été autant à se déplacer dans le Val d’Hérens pour prendre part au rendez-vous toutes catégories confondues. Surtout, le plateau de la course élite n’a jamais été aussi relevé. Entre le champion suisse Kony Looser, le détenteur du record sur le Grand Raid Urs Huber et le spécialiste belge de marathon Frans Claes côté masculin, l’ancienne championne suisse Ariane Lüthi et la quintuple championne de Belgique Alice Pirard côté féminin, il ne fallait pas traîner pour franchir la ligne d’arrivée le premier. Au final et après 3h16’40 d’effort, c’est Urs Huber qui fit son apparition sur la ligne d’arrivée. Avec un peu moins de trois minutes d’avance sur Andreas Moser, le Zurichois est une nouvelle fois venu rappeler pourquoi le surnom de «roi du Valais» qu’on lui donne Outre-Sarine lui va si bien. 

Triomphe de l’ancienne championne suisse Ariane Lüthi

Côté féminin, la victoire n’a pas échappé à l’une des deux favorites puisque le mot de la fin est revenu à la Bernoise Ariane Lüthi, laquelle a bouclé son périple de 62 kilomètres en 4h05’43, devançant sa première dauphine de plus d’un quart d’heure.  S’ils étaient nombreux ce week-end, ils seront certainement encore davantage l’année prochaine. «L’aspect sélectif et technique sans être trop long permet aux coureurs de tête d’intégrer notre course à leur calendrier», relève le responsable de l’épreuve Stéphane Chevrier. « Les championnats suisses nous ont aussi permis de garder d’excellentes relations avec certains des meilleurs coureurs, qui ont toujours du plaisir à revenir. On a aussi fait le nécessaire cette année pour trouver une date qui leur convienne mieux, en avançant d’une semaine ce qui a été possible uniquement parce que l’Elsa Bike a changé de date en dernière minute.» Enfin, et c’est peut-être là l’argument qui explique le mieux la présence de ces têtes d’affiche, c’est, justement, le choix du Raid Evolénard pour les championnats d’Europe de 2021. «On commence effectivement à ressentir l’effet de cette échéance. D’avoir été choisi pour mettre sur pied ces Européens nous a permis de gagner en visibilité.


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