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Le chercheur qui veut réparer votre cerveau

Dans leur laboratoire situé sur le site de l’Hôpital de Sion, Friedhelm Hummel et son équipe souhaitent anticiper les troubles de mémoire et d’orientation liés à l’âge pour éviter un glissement vers la démence.
27 janv. 2021, 08:00
/ Màj. le 02 févr. 2021 à 09:05
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Une fois par semaine, jusqu’au 24 février, le campus se dévoile dans Le Nouvelliste. Découvrez-y les acteurs qui y évoluent, ainsi que les solutions de demain qui y sont développées.

Friedhelm Hummel connaît certainement votre cerveau mieux que vous. Et ça n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle. Ce professeur en neuro-ingénierie clinique de l’EPFL Valais Wallis fait en effet partie des pionniers de la réadaptation pour les victimes d’accidents vasculaire cérébral (voir encadré). Mais son équipe à un nouveau projet : développer des traitements contre les déficits cognitifs qui apparaissent chez des personnes âgées en bonne santé ou montrant des premiers signes de démence, de manière à éviter à ce que la situation ne glisse vers des troubles plus sérieux, comma la maladie d’Alzheimer.

Son laboratoire vient d’ailleurs d’obtenir du Fonds national suisse 600'000 francs sur trois ans, pour mener des recherches sur le sujet, en partenariat avec l’Université Masaryk de Brno, en République tchèque, la Clinique romande de réadaptation, ainsi que l’Hôpital du Valais.  Un montant qui vient compléter les soutiens de la fondation Defitech et du Canton du Valais.

Le cerveau, une machinerie complexe

«Le cerveau travaille comme un large réseau de machines dans lequel chaque partie interagit de manière cohérente avec les autres de manière à assurer et contrôler les fonctions cognitives, comme la mémoire, par exemple», explique le chercheur. «Celles-ci reposent donc sur le bon fonctionnement de l’ensemble du réseau.»

Seulement, il arrive que le fonctionnement du cerveau soit perturbé, principalement à cause de l’âge et des processus dégénératifs. Ces troubles affectent la mémoire de travail, c’est-à-dire le stockage des informations que l‘on utilise dans la majorité des fonctions quotidiennes. Il en résulte des pertes de mémoire ou d’orientation. Mais si ces dysfonctionnements s’aggravent, ils peuvent conduire à un déclin des capacités associé à la démence ou à la maladie d’Alzheimer. 

La bonne nouvelle, c’est que les spécialistes de la neurologie sont désormais capables de localiser précisément, à l’intérieur du cerveau, les causes de ces troubles cognitifs. Et donc potentiellement d’intervenir pour éviter qu’ils ne se développent.

Le déclin cognitif et la perte d’indépendance font partie des principaux problèmes auxquels notre société va devoir faire face dans un futur proche

 

L’objectif du laboratoire du professeur Hummel est donc de mettre au point une technique de stimulation cérébrale non-invasive et qui puisse être individualisée afin d’entretenir cette fameuse mémoire de travail. Pour cela, ils souhaitent stimuler les zones-cibles de patients âgés en bonne santé lorsqu’ils exécutent des tâches de mémorisation courte pour observer leur réaction. Une fois qu’ils auront pu identifier une méthode plus efficace, ils pourront l’appliquer à des patients souffrant de troubles cognitifs légers, dans l’espoir d’éviter un déclin, voire d’inverser la tendance.

Un défi majeur lié au vieillissement 

«Le déclin cognitif et la perte d’indépendance font partie des principaux problèmes auxquels notre société va devoir faire face dans un futur proche», explique le chercheur d’origine allemande. «En Europe, et en Suisse en particulier, les plus de 60 ans représentent déjà 25% de la population. Et d’ici 2050, ils devraient dépasser les 50%. Or, près d’une personne sur cinq dans cette classe d’âge souffre de troubles cognitifs légers, pour lesquels aucun traitement n’existe à l’heure actuelle. Il est donc très important de comprendre comment ces troubles apparaissent et sur quels facteurs nous pouvons agir pour préserver ou même restaurer les fonctions cognitives.»

D’ailleurs, si vous souhaitez apporter votre contribution à la science, les équipes du professeur Hummel sont à la recherche de volontaires. 

Pour plus d’informations sur les missions de recherche du Hummel Lab et contacter le Dr. Hummel, rendez-vous sur https://www.epfl.ch/labs/hummel-lab/ 
La semaine prochaine, mercredi 3 février:
Campus Energypolis — 3/6
La HEI