23.06.2019, 20:09

Turquie: le candidat d’Erdogan battu une deuxième fois aux élections municipales d’Istanbul

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La victoire d'Ekrem Imamoglu met fin à 25 ans de contrôle du camp islamo-conservateur à la mairie d'Istanbul.

Élections Les habitants d’Istanbul ont voté ce dimanche pour élire leur maire, trois mois après l’annulation du scrutin remporté par le candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu, qui mène encore une fois la course. Le candidat du président Erdogan a reconnu sa défaite.

Le candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu a réédité dimanche sa victoire aux municipales d’Istanbul après l’annulation du premier scrutin. Il a ainsi infligé au président Recep Tayyip Erdogan son pire revers électoral en 17 ans.

Selon les résultats préliminaires publiés par l’agence étatique Anadolu après dépouillement de plus de 99% des urnes, M. Imamoglu a obtenu 54,03% des voix contre 45,09% pour le candidat de M. Erdogan, l’ancien Premier ministre Binali Yildirim.

Cette élection s’est déroulée près de trois mois après les municipales du 31 mars, gagnées à Istanbul par M. Imamoglu qui avait alors devancé M. Yildirim de 13’000 voix seulement. Il a considérablement amélioré son score dimanche en obtenant 777’000 voix de plus que son rival.

 

 

Le résultat de mars avait été invalidé après des recours du parti islamo-conservateur du président, l’AKP, arguant d’«irrégularités massives». Rejetant ces accusations, l’opposition avait dénoncé un «putsch contre les urnes» et considérait le nouveau scrutin comme une «bataille pour la démocratie».

«Travailler en harmonie»

«Selon les résultats, mon rival Ekrem Imamoglu mène la course. Je le félicite et je lui souhaite bonne chance. J’espère qu’il servira bien Istanbul», a déclaré M. Yildirim en concédant sa défaite devant la presse.

S’exprimant peu après, M. Imamoglu a estimé que sa victoire marquait «un nouveau début pour la Turquie». Il a invité M. Erdogan «à travailler ensemble pour servir Istanbul». «M. le président, je suis prêt à travailler en harmonie avec vous», a-t-il ajouté.

M. Erdogan qui avait milité pour l'annulation du scrutin de mars, a félicité M. Imamoglu dimanche soir, signalant qu'il acceptait le résultat.

 

 

«C’est une défaite colossale pour Yildirim, mais aussi pour Erdogan», a estimé Berk Esen, professeur associé à l’université Bilkent, à Ankara. «Son pari s’est retourné contre lui».

Défaite majeure

Car bien plus qu’une élection municipale, le vote à Istanbul avait valeur de test pour la popularité de M. Erdogan et de son parti sur fond de graves difficultés économiques. «Qui remporte Istanbul remporte la Turquie», a coutume de dire le président qui, avec son parti, a gagné toutes les élections depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002.

Pour M. Erdogan, il s’agissait de conserver une ville de plus de 15 millions d’habitants, capitale économique du pays, qu’il contrôle depuis 25 ans. Pour l’opposition, d’infliger à M. Erdogan sa première défaite majeure depuis son arrivée au pouvoir.

Des dizaines de partisans de l’AKP se sont rassemblés devant le siège du parti à Istanbul après l’annonce des résultats, certains les larmes aux yeux.

En mars, l’AKP avait également perdu la capitale Ankara après 25 ans d’hégémonie des islamo-conservateurs, pénalisé par la situation économique difficile, avec une inflation à 20%, un effondrement de la livre turque et un chômage élevé.

ATS

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