01.12.2020, 21:28

Présidentielle américaine: le ministre de la Justice n’a constaté aucune fraude probante

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William Barr, ministre de la Justice, n'a pas constaté de fraude dans le cadre de l'élection présidentielle (archive).

Election Alors que l’équipe de Trump affirme que les résultats de l’élection présidentielle ont été truqués, William Barr a expliqué que rien ne prouve une telle falsification.

Le ministre américain de la justice Bill Barr a déclaré mardi ne pas avoir constaté «de fraude» suffisante pour invalider la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Ces déclarations vont à l’encontre des affirmations de Donald Trump.

Cet ultra-conservateur de 70 ans est le premier membre de la garde rapprochée du président à prendre ses distances publiquement avec les allégations d’élection «truquée» martelées par M. Trump. «A ce stade, nous n’avons pas vu de fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l’élection», a-t-il déclaré dans un entretien à l’agence américaine Associated Press.

Quand les gens sont mécontents de quelque chose, ils attendent que le ministère de la Justice débarque et enquête.
Bill Barr, ministre de la Justice

«Il y a eu des allégations de fraudes systématiques, selon lesquelles des machines auraient été programmées pour fausser les résultats des élections», a-t-il rappelé. Mais les ministères de la Sécurité intérieure et de la Justice «ont enquêté et, pour l’instant, n’ont rien trouvé pour les étayer».

A la mi-journée, mardi, Bill Barr a été aperçu à la Maison Blanche. Cette visite était «prévue» avant la publication de ses propos, a assuré sa porte-parole Kerri Kupec, sans mettre un terme aux spéculations sur un possible départ de «l’Attorney General» des Etats-Unis.

 

 

«Je suppose qu’il sera le prochain à être limogé puisque, lui aussi, dit désormais qu’il n’y a pas eu de fraude», a déclaré le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Quatre semaines après le scrutin, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. Avec ses alliés, il a introduit des dizaines de recours en justice qui, pour la plupart, ont été rejetés par les tribunaux ou abandonnés.

«Tout notre respect»

Dimanche, il avait reproché au ministère de la Justice et à la police fédérale de ne pas l’aider dans son combat. «Ils sont portés disparus», avait-il dit sur la chaîne Fox News.

«Il y a une tendance croissante à utiliser le système judiciaire comme outil pour régler tous les problèmes et quand les gens sont mécontents de quelque chose, ils attendent que le ministère de la Justice débarque et 'enquête'», a regretté Bill Barr. Ce pilier du gouvernement, très apprécié des élus républicains, s’était gardé jusque-là de contredire le président et avait même, avant l’élection, abondé en son sens, en mettant en cause la fiabilité du vote par correspondance.

Avec tout notre respect pour l’Attorney General, il n’y a eu aucun semblant d’enquête au ministère de la Justice.
Rudy Giuliani et Jenna Ellis, avocats de Donald Trump

Début novembre, il avait autorisé les procureurs fédéraux à enquêter sur des soupçons de fraude sans attendre la certification des résultats par les Etats, contrairement aux usages. Mais il les avait appelés à intervenir uniquement en cas d’allégations «substantielles» et «crédibles». Ses déclarations représentent donc un coup particulièrement dur pour Donald Trump.

Dans un communiqué, les avocats du président ont cherché à les minimiser. «Avec tout notre respect pour l’Attorney General, il n’y a eu aucun semblant d’enquête au ministère de la Justice», ont écrit Rudy Giuliani et Jenna Ellis dans un communiqué.

«Son opinion ne semble pas basée sur une connaissance ou une enquête sur des irrégularités substantielles et des preuves de fraude systématiques», ont-ils ajouté, en promettant de «poursuivre leur quête de la vérité».

Plus de 80 millions des suffrages

Lors du scrutin du 3 novembre, l’ancien vice-président Joe Biden a remporté plus de 80 millions des suffrages contre un peu moins de 74 millions pour Donald Trump. Le démocrate a réussi à reprendre une poignée d’Etats-clés qui avaient voté pour le républicain en 2016 et dispose de 306 grands électeurs contre 232 pour son rival.

Même si le président sortant ne reconnaît pas sa défaite, le collège électoral devrait donc confirmer sa victoire le 14 décembre pour une prise de fonction le 20 janvier.

ATS

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