13.05.2018, 08:23

Paris: l'Etat islamique revendique l'attaque au couteau, l'agresseur identifié

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Une personne a été tuée et quatre blessées, dont deux grièvement, samedi soir en plein coeur de Paris.

Attaque Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque au couteau qui a fait deux morts - dont l'agresseur - à Paris (FRA). L'auteur des faits est un Français né en 1997 en Tchétchénie. Il était fiché S. Ses parents ont été placés en garde à vue dimanche matin.

L'auteur de l'attaque au couteau revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), qui a tué un passant samedi soir rue Monsigny, près de la place de l'Opéra à Paris (FRA), est un Français de 20 ans né en Tchétchénie. Il était fiché pour radicalisation et avait été entendu il y a un an par la police anti-terroriste.

L'assaillant est né en 1997 en Tchétchénie, avant de grandir dans une famille de réfugiés à Strasbourg, en Alsace, dans le quartier populaire d'Elsau, où vit une importante communauté tchétchène, selon une source proche du dossier. C'est d'ailleurs à Strasbourg qu'un de ses amis a été interpellé et placé en garde à vue dimanche. Les parents de l'assaillant ont également été placés en garde à vue.

L'auteur de l'attaque au couteau "n'avait pas d'antécédent judiciaire" mais figurait depuis deux ans sur le fameux fichier "S" des services du renseignement français, ont indiqué des sources proches de l'enquête. Ce fichier regroupe plus de 10'000 personnes, dont pour moitié environ des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste.

L'individu avait aussi été inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste (FSPRT), mais "plutôt" en raison de "ses relations" que de "son propre comportement, ses agissements et prises de position", toujours selon ces sources.

Naturalisé Français

Il est devenu Français "en 2010 suite à la naturalisation de sa mère", a confirmé Benjamin Griveaux, porte-parole de Matignon.

Le jeune homme avait été "entendu il y a un an par la section anti-terroriste de la brigade criminelle car il connaissait un homme lui-même en lien avec quelqu'un parti en Syrie", selon ces sources.

 

 

Un Français de 29 ans, qui passait samedi soir dans le quartier de l'Opéra, a été tué et quatre autres personnes blessées par cet homme armé d'un couteau muni d'une lame de 10cm. Des témoins ont indiqué à la police qu'il avait crié "Allah Akbar" lors de l'assaut. Les blessés sont hors de danger, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Parmi les blessés, un Luxembourgeois de 34 ans, touché au dos, a été hospitalisé en "urgence absolue" samedi soir, mais ses jours n'étaient plus en danger dimanche. Parmi les autres blessés figurent deux femmes de 26 et 54 ans, ainsi qu'un homme de 31 ans.

L'EI revendique

Voyant des policiers arriver à sa hauteur, l'agresseur les a menacés en criant "Tire, tire, je vais te planter", ont rapporté des sources policières. Un policier a alors fait usage d'un pistolet à impulsion électrique pour maîtriser l'assaillant. Puis un deuxième policier lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement.

L'EI, qui a déjà frappé plusieurs fois la France depuis 2015, a rapidement revendiqué cette attaque.

 

 

"La France paie une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté", a réagi dans la nuit de samedi à dimanche le président Emmanuel Macron sur Twitter.

 

 

A Matignon, le Premier ministre Edouard Philippe a salué "l'exceptionnelle réactivité des forces de police", dont l'intervention en quelques minutes a permis d'éviter, selon lui, "un bilan plus lourd".

A droite et à l'extrême droite, on appelait l'exécutif à la fermeté dans l'action contre le djihadisme. "Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes", a tweeté le président des Républicains (droite), Laurent Wauquiez.

"Maintenant nous attendons une information essentielle", a asséné sur le même réseau la présidente du Front national, Marine Le Pen: "Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire ?"

 

 

Clients choqués

L'agression a eu lieu peu avant 21h en plein coeur du quartier de l'Opéra Garnier, lieu touristique fait de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir.

"A ce stade et sur la foi d'une part de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié ''Allah Akbar'' en attaquant les passants au couteau", et "compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section anti-terroriste du parquet de Paris", a indiqué peu après l'attaque le procureur de la République François Molins.

"On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c'était, on a vu des gens partir en courant et on est partis en courant aussi", a témoigné un client d'une terrasse bondée du quartier de l'Opéra.

L'assaillant de Paris: un homme "réservé" adepte du port du jogging

Visage juvénile sous une barbe noire, il était né en Tchétchénie avant de venir en France avec sa famille: l'auteur de l'attaque au couteau perpétrée samedi soir à Paris était sur les radars des service de renseignement mais son parcours de radicalisation reste flou.

"Il avait une barbe pas très longue, était habillé normalement. Il ne correspondait pas au stéréotype" du djihadiste, a raconté dimanche un témoin.

Cheveux bruns, barbe broussailleuse, l'assaillant était habillé d'un pantalon de jogging noir au moment des faits, selon une source proche du dossier. Son domicile, un hôtel meublé parisien à la façade défraîchie, a été perquisitionné à l'aube.

Pas de signes extérieurs

Evoquant une famille "vraiment discrète", qui "n'était pas dans l'ostentation au niveau religion", l'une des gérantes de l'établissement a décrit l'assaillant comme un "garçon souvent habillé en survêtement" qui "disait qu'il était étudiant".

Une voisine abonde, parlant d'une "famille très discrète, sans problème" qui "ne recevait jamais personne". Le jeune homme n'était "pas un caïd, mais quelqu'un de réservé", a-t-elle déclaré.

"Cela fait un peu plus d'un an qu'ils vivaient là", estime un client de l'hôtel. "Le papa travaillait des fois, plutôt dans le bâtiment, la peinture. La maman dans une association de sans-abris".

ATS

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