07.02.2019, 19:39

Lausanne: un texte de deux pages pour que les jeunes déboutés puissent terminer leur formation

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Les jeunes en formation peuvent être déboutés durant leurs démarches de demande d'asile. Un appel a été lancé à Lausanne afin de les aider.

Asile Des jeunes migrants en formation en Suisse se retrouvent régulièrement déboutés durant leurs démarches d'asile. Ils doivent alors cesser leur apprentissage. Cette situation inquiète et un appel a été lancé par un comité citoyen.

Les jeunes migrants déboutés doivent pouvoir mener à terme leur formation en Suisse. Tel est l'appel lancé jeudi à Lausanne par un comité romand composé de citoyens qui portera son combat devant les autorités cantonales et fédérales.

Jeune débouté, employeur, parrain, enseignante ou encore intervenant social: ils étaient nombreux jeudi après-midi à Lausanne à présenter ce texte aux médias. Leur appel, "Un apprentissage - un avenir", a été rédigé à la suite des Assises romandes consacrées début février à la question des jeunes contraints à interrompre leur formation après le refus d'une demande d'asile.

Une situation qui touche de plein fouet Abdijabar qui vient d'Ethiopie. Agé de 19 ans, il a trouvé un apprentissage dans une entreprise de revêtement de sols, mais a récemment été débouté dans ses démarches d'asile. Le jeune homme a fait recours et dans l'attente de la réponse y travaille encore. Reste que si son recours est refusé, il devra cesser son apprentissage. Une perspective qui le désole, tout comme son employeur Gazmend Nura.

 

 

Peu d'intérêt

Il y a peu de jeunes Suisses, nés en Suisse ou au bénéfice d'un permis valable qui sont intéressés par ces apprentissages, explique ce dernier. "Abdijabar ne prend le travail de personne. Il estime qu'il a de la chance d'être là et contrairement à d'autres, il a envie d'être là", ajoute le patron. De son côté, le jeune n'a qu'un souhait: rester ici et continuer sa formation. "Je ne veux pas tout recommencer et je n'ai nulle part où aller", glisse-t-il.

Se basant sur les retours de différents cantons, de familles de parrains, d'acteurs du secteur social, les membres du comité de cet appel estiment que le phénomène est en augmentation en Suisse. En cause selon eux? La situation des Erythréens, notamment.

Depuis 2016, le Secrétariat d'Etat aux migrations a durci sa pratique à leur égard avec pour corollaire une hausse des décisions de renvoi. Reste qu'en l'absence d'un accord de réadmission, ces personnes peuvent rester en Suisse où elles n'ont pas le droit de travailler et peuvent toucher l'aide d'urgence.

Schizophrénique

"C'est une situation quasi schizophrénique" pour ces jeunes, dans un pays comme la Suisse où le travail a une forte valeur et où l'apprentissage est reconnu, déplore Philippe Jaquier, parrain d'une Erythréenne. De son côté, une enseignante regrette le message contradictoire donné aux jeunes. "On leur dit de s'intégrer puis de s'en aller".

Le texte, qui tient sur deux pages A4, relaie les préoccupations de ces jeunes, de patrons, de professionnels du domaine, d'enseignants et de familles de parrains. "C'est un point de départ", résume Martino Guzzardo, chargé de projet au Service social international.

Le texte, qui peut être signé sur la Toile, "sera transmis aux autorités cantonales et fédérales afin de changer la situation". Apolitique, le mouvement pour l'heure romand veut aussi se rapprocher des Alémaniques "qui sont confrontés aux mêmes situations".

ATS

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