16.11.2015, 07:38

La presse suisse prône la résistance, mais divisée sur les réponses

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Les quotidiens suisses divisés sur les méthodes à adopter pour gérer cette menace terroriste permanente en France mais aussi en Suisse et dans le reste de l'Europe.

Attentats de Paris Deux jours après les attentats parisiens, la presse suisse semble divisée sur les réponses à apporter à la crise que vit l'Europe dans sa lutte contre le terrorisme.

Au troisième matin après les Attentats à Paris, nombre de journaux suisses disent la France, ou même l'Europe, "en guerre". Ils invitent les Helvètes à s'unir et vaincre la peur, mais apparaissent divisés sur l'ampleur des réponses à donner à cette crise.

"Ne cédons pas à la peur, restons debout et dignes de l'existence", martèle La Côte. Dans leurs éditos, L'Express, L'Impartial et Le Journal du Jura appellent eux à l'unité: les terroristes ont cherché à "miner le lien de confiance qui unit les citoyens à un Etat démocratique et celui qui lie les citoyens entre eux" et c'est à cette charge que chacun doit résister, "dans la cohésion nationale".

Les journaux sont nombreux à méditer sur le sens à donner à ces attaques visant des lieux populaires de Paris. En janvier, c'était la France "de la liberté que les enragés voulaient assassiner", écrit Le Temps dans son édition spéciale sur les attentats, publiée dimanche. "Aujourd'hui, c'est tout le pays qu'ils souhaitent transformer en zone de guerre pour effacer l'idée de fraternité."

"L'heure des choix a sonné", affirme ainsi 24 Heures. En Europe, "sommes-nous prêts à sacrifier" certaines libertés "pour préserver non seulement l'essentiel de notre mode de vie, mais, plus simplement encore, notre sécurité?", questionne le quotidien vaudois. "Sommes-nous prêts à accepter un état de siège permanent, une stratégie sécuritaire qui s'impose à nous en tout temps?"

"Des réponses cinglantes"

Les Français chercheront "à riposter au nom de la légitime défense. Il s'agira alors de ne pas se tromper d'ennemi. Car l'ennemi, c'est l'EI, les islamistes, et pas l'islam", veut rappeler La Liberté. "Ressassons qu'islam et extrémisme ne sont pas synonymes" et "ne nous imaginons pas inattaquables dans notre bulle suisse", lance comme en écho Le Matin.

Selon Le Nouvelliste, il faut aller beaucoup plus loin: "les maux de l'islam radical et la presque libre circulation des personnes de ceux qui tombent dans ses filets méritent des réponses cinglantes et sans bémols".

La Tribune de Genève exige aussi des réactions: "il est temps que les autorités musulmanes et tous les musulmans rompent avec les fous de dieu, sans la moindre ambiguïté", écrit-elle. "Qu’ils ne se contentent pas de condamner les attentats mais qu'ils prennent des mesures au sein de leurs communautés pour dénicher et dénoncer les terroristes."

Le journal genevois suggère également d'étendre les moyens des services de renseignements par des modifications législatives. Et d'assurer: "au nom de la liberté, nos démocraties n'ont d'autre choix que de limiter certaines libertés tout en prenant garde de ne pas céder aux extrémistes de nos propres régimes".

Risques pour les libertés

Mais "le risque d'une dérive liberticide nous guette", semble répondre Le Courrier, qui craint que le choc des attentats n'aide pas à une approche "plus nuancée" et "moins idéologique".

"Il faudra se montrer très attentif sur la question de la défense des libertés démocratiques", souligne le journal. "Sans quoi les terroristes et les organisations à visée totalitaire qui sont derrière ces actions auront atteint leur but."

L'Agefi paraît déjà certain qu'"il y aura des sacrifices à faire en matière de libertés et que le service de renseignement aura presque tous les droits: écoutes, intrusion dans les ordinateurs, violation tous azimuts de la sphère privée, interconnexion de tous les fichiers, transmission à des services étrangers des données recueillies à l'insu des personnes concernées, etc.".

Le quotidien économique dit espérer qu'"au moins que ces sacrifices ne seront pas inutiles et que la sécurité sera renforcée". Les attentats du 13 novembre ouvrent, écrit-il, "une ère nouvelle, mais ce ne sera pas une ère de liberté et probablement pas non plus de sécurité".

Dualité aussi outre-Sarine

Dans la presse alémanique, le Tages-Anzeiger craint que "le consentement pour renforcer les mesures de sécurité gagnera non seulement la France, mais tous les pays ouest-européens".

A l'opposé, la Neue Zürcher Zeitung suggère que les Etats européens suivent l'exemple de la France, "qui va réformer ses services de renseignement et sa police". Ils les appellent aussi à s'engager militairement au Moyen-Orient pour détruire l'Etat islamique (EI).

L'Europe est "un continent vacillant, incapable de définir une politique étrangère et de sécurité commune", tonne de son côté Le Blick. "Incapable aussi de reconnaître qu'une victoire sur l'EI ne se fera pas sans la Russie", ajoute-t-il.

ATS

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