Jean-Paul Belmondo, légende du cinéma français, est décédé à 88 ans

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carnet noir L’acteur Jean-Paul Belmondo s’est éteint ce lundi à Paris. Il avait 88 ans.

 06.09.2021, 16:34
Jean-Paul Belmondo n'est plus.

L’acteur Jean-Paul Belmondo, monstre sacré du cinéma français, est décédé lundi à son domicile à Paris à l’âge de 88 ans, a annoncé son avocat à l’AFP. «Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s’est éteint tranquillement», a précisé Me Michel Godest.

Celui qu’on surnommait Bébel a tourné dans 80 films et laisse derrière lui des rôles inoubliables: jeune premier dans «A bout de souffle» ou encore pendu à un hélicoptère au-dessus de Venise dans «Le Guignolo».

Le comédien, qui s’était aussi produit sur les planches, avait été victime d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il séjournait en Corse en 2001. Depuis lors, ses apparitions publiques s’étaient faites plus rares, mais il avait publié deux ouvrages revenant sur sa carrière il y a cinq ans.



L’homme des pitreries et des pirouettes

Dans «Mille vies valent mieux qu’une», un livre de souvenirs rempli d’anecdotes, et dans l’album photo «Belmondo par Belmondo», le célèbre acteur commente sa réputation de clown acrobate.

Animé par une «envie de faire l’idiot inscrite dans (son) ADN», Belmondo n’a eu de cesse de multiplier les pitreries, qu’il s’agisse de lancer de boulettes pendant les tournages ou de conférences de presse se finissant en slip.

Délibérément potache ainsi que grand amateur de cascades, l’acteur se sentira parfois mal compris de la critique. «Si je ne fais pas un truc fou dans un film (…), si je n’exécute pas de pirouettes (…) on m’en veut, on m’étrille». Une situation qui l’a particulièrement touché à la sortie de «La sirène du Mississippi» de François Truffaut en 1969. «On ne m’aimait pas sérieux», lance-t-il.



L’hommage de Macron

Nous nous retrouvions tous" en Jean-Paul Belmondo, a salué lundi Emmanuel Macron, en évoquant "un trésor national, tout en panache et en éclats de rire, le verbe haut et le corps leste, héros sublime et figure familière, infatigable casse-cou et magicien des mots".



«Il restera à jamais Le Magnifique», a ajouté dans un tweet le chef de l’Etat qui avait décoré Jean-Paul Belmondo en novembre 2019 à l’Elysée, en le faisant grand officier de la Légion d’honneur.

Sa rencontre avec Godard

«Bebel» revient aussi sur sa rencontre avec le cinéaste Jean-Luc Godard, qui a «scellé» son destin. «Venez dans ma chambre d’hôtel, on tournera et je vous donnerai 50’000 francs», lance Godard à Belmondo, croisé dans la rue. L’acteur craint une proposition douteuse de celui qui l’horripile avec sa lente diction et ses lunettes de soleil.

Il finira par décrocher le rôle du jeune voyou d’«A bout de Souffle», film emblématique de la Nouvelle Vague qui va le faire entrer dans la légende. Après ce succès, «l’on viendra à moi», raconte-t-il.

L’ami Delon

Jean-Paul Belmondo évoque aussi son «amitié fidèle» pour Alain Delon, l’autre monstre sacré du cinéma français. «Lui et moi, c’est le jour et la nuit. Mais depuis nos premiers pas, nous menons des carrières en parallèle au cinéma: nous sommes révélés la même année, 1960 (…), nous partageons des réalisateurs comme Jean-Pierre Melville, nous jouons souvent des personnages de gangster et/ou d’homme solitaire».

Avec une vie menée tambour battant, le grand amateur de vitesse qu’est Belmondo concède peu de regrets. Tous sont de nature artistique, comme ne pas avoir adapté au cinéma «Voyage au bout de la nuit» de Louis-Ferdinand Céline. Sur ses problèmes de santé – un accident vasculaire cérébral en 2001 qui l’a diminué – ou la mort d’une de ses filles, l’acteur ne s’étend pas, préférant mettre en avant son formidable appétit de vie.

Jean-Paul Belmondo en dix répliques cultes

Voici quelques-unes des répliques cultes de Jean-Paul Belmondo parmi ses quelque 80 films:

- «A bout de souffle», de Jean-Luc Godard (1960): «Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville… allez vous faire foutre !»

- «Un singe en hiver», d’Henri Verneuil (1962): «Une paella sans coquillages, c’est comme un gigot sans ail, un escroc sans rosette: quelque chose qui déplaît à Dieu !»

- «L’Homme de Rio», de Philippe de Broca (1964): «Quitter son pays, sa famille, son armée, ses copains, franchir les océans pour voir une donzelle s’agiter dans un bruit de casseroles, ça vous paraît normal ?»

- «Cent mille dollars au soleil», d’Henri Verneuil (1964): «Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent».

- «La sirène du Mississipi», de François Truffaut (1969): – Jean-Paul Belmondo: «Quand je te regarde, c’est une souffrance» – Catherine Deneuve: «Pourtant hier, tu disais que c’était une joie» – Jean-Paul Belmondo: «C’est une joie et une souffrance».

- «Borsalino», de Jacques Deray (1970): – Alain Delon: «François, pourquoi tu t’en vas ?» – Jean-Paul Belmondo: «Parce qu’on est deux».

- «Docteur Popaul», de Claude Chabrol (1972): «J’en ai assez d’être aimé pour moi-même, j’aimerais être aimé pour mon argent».

- «Flic ou voyou», de Georges Lautner (1979): «Je sais bien que t’as pas buté l’autre imbécile ! Mais t’en as fait flinguer d’autres ! Si on rajoute à ça le racket, la drogue, les putes, ça fait une jolie carrière quand même ! Les vingt ans que tu vas prendre, c’est un peu la médaille du travail qu’on va te remettre.»

- «Le Gignolo», de Georges Lautner (1980): «Vous savez quelle différence il y a entre un con et un voleur ? Un voleur, de temps en temps, ça se repose».

- «Itinéraire d’un enfant gâté», de Claude Lelouch (1988): «Le meilleur moyen de faire croire que tu connais tout, c’est de ne jamais avoir l’air étonné. Parce que toi, tu as souvent l’air étonné, c’est un défaut (…) C’est étonnant mais ça doit pas t’étonner».


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