28.08.2020, 21:41

Etats-Unis: une foule de manifestants à Washington pour dénoncer le racisme

chargement
Manifestation à Washington "Black Lives Matter" devant le mémorial de Lincoln.

Egalité Après le nouveau scandale qui a ébranlé l'Amérique, les Etats-Unis s'embrasent à nouveau. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour l'égalité à Washington. L'affaire prend une tournure politique: Donald Trump et les démocrates s'accusent mutuellement.

Entre écoeurement et détermination, une foule de manifestants antiracistes s'est retrouvée vendredi au coeur de Washington pour réclamer la fin des violences policières contre la minorité noire après des bavures qui ont rouvert les plaies raciales de l'Amérique.

57 ans jour pour jour après l'emblématique discours du leader de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King, "I have a dream", des dizaines de milliers de personnes ont marché à nouveau sur la capitale fédérale pour réclamer l'égalité entre tous.

 

 

"Nous sommes fatigués des promesses non tenues", a lancé le révérend Al Sharpton devant le mémorial érigé en l'honneur du président Abraham Lincoln qui a aboli l'esclavage il y a un siècle et demi. "Les vies noires comptent et nous ne nous arrêterons pas avant qu'elles comptent pour tout le monde!", a-t-il ajouté.

Intitulée "Enlevez votre genou de nos cous", le mot d'ordre de la manifestation faisait référence à la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, dont le calvaire a déclenché un mouvement de protestation inédit depuis des décennies aux Etats-Unis.

"Submergé" par l'émotion, son frère Philonise a remercié les manifestants pour leur mobilisation. "J'aimerais tellement que George soit là pour vous voir...", a-t-il dit en pleurs, avant d'ajouter: "le changement est en train d'arriver parce que nous l'exigeons (...) nos leaders doivent nous suivre."

"Justice, paix"

Le père de Jacob Blake, grièvement blessé dimanche à Kenosha, dans le nord du pays, a lui fait scander "pas de justice, pas de paix", alors que l'agent qui a tiré sept balles dans le dos du père de famille n'a toujours pas été arrêté, ni inculpé.

 

 

Ce drame, le plus récent d'une longue série, a rallumé les braises de la contestation, et entraîné des manifestations émaillées de violences pendant trois nuits à Kenosha, où deux personnes ont été abattues apparemment par un jeune de 17 ans qui, armé d'un fusil d'assaut, s'était joint à des milices censées défendre les commerces locaux.

Les blessures infligées à Jacob Blake ont aussi déclenché un mouvement de protestation sans précédent dans le monde du sport. Après la décision des joueurs de basket-ball des Milwaukee Bucks de boycotter un match, la NBA a dû reporter plusieurs rencontres mercredi et jeudi. Les compétitions reprendront toutefois samedi.

Les orateurs ont salué les athlètes et déploré en revanche le discours du président Donald Trump qui, depuis des semaines, insiste sur les violences commises en marge des manifestations sans un mot sur le fond des revendications des Afro-Américains.

 

 

En campagne pour sa réélection, il se pose en défenseur de "la loi et de l'ordre" face à son rival démocrate Joe Biden, qu'il accuse de vouloir livrer les Etats-Unis au chaos.

"Pas en sécurité"

"Si le parti démocrate veut se ranger du côté des anarchistes, des agitateurs, des émeutiers, des pilleurs et des brûleurs de drapeau, c'est leur problème, mais en tant que président, je m'y refuse", a-t-il encore lancé jeudi soir en acceptant la nomination du parti républicain comme candidat.

 

 

"Toutes les familles ont dénoncé les pillages mais nous ne vous avons pas entendu dénoncer les balles tirées", a rétorqué le révérend Sharpton.

Sur une ligne tout aussi politique, plusieurs orateurs ont appelé les manifestants à voter massivement le 3 novembre.

"Nous devons marcher vers les urnes pour défendre les libertés pour lesquelles les générations précédentes se sont durement battues", a notamment déclaré le fils de Martin Luther King, dont le père a été assassiné quand il n'avait que dix ans.

Appelant les manifestants à ne pas idolâtrer son père, il leur a lancé: "si vous cherchez un sauveur, levez-vous et mettez-vous devant un miroir."

ATS

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

tensions racialesEtats-Unis: Jacob Blake, le Noir blessé à Kenosha avait un couteau, affirment les autoritésEtats-Unis: Jacob Blake, le Noir blessé à Kenosha avait un couteau, affirment les autorités

Etats-Unis: Jacob Blake avait un couteau

Jacob Blake avait reçu 7 coups de feu dans le dos lors de son interpellation. Alors qu'il serait paralysé et que cette...

  27.08.2020 07:52

RéactionEtats-Unis: Trump annonce des renforts contre «l’anarchie» à KenoshaEtats-Unis: Trump annonce des renforts contre «l’anarchie» à Kenosha

Etats-Unis: des milliers de personnes exigent que justice soit faite pour Jacob BlakeEtats-Unis: des milliers de personnes exigent que justice soit faite pour Jacob Blake

La colère gronde aux Etats-Unis

Plusieurs manifestants se rassemblent à travers les Etats-Unis pour protester face à l’injustice qu’a vécu Jacob Blake,...

  25.08.2020 20:19

TensionsEtats-Unis: un jeune de 17 ans arrêté pour deux meurtres à KenoshaEtats-Unis: un jeune de 17 ans arrêté pour deux meurtres à Kenosha

WisconsinEtats-Unis: manifestations après des tirs de la police sur un homme noirEtats-Unis: manifestations après des tirs de la police sur un homme noir

Top