11.12.2018, 08:05

Etats-Unis: les contacts russes de l’équipe de Trump désormais indéniables

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Les Russes ont misé sur le candidat républicain bien avant qu'il ne soit investi par son parti, a révélé vendredi le procureur spécial.

Etats-Unis Au début de son mandat, Trump niait tout contact avec la Russie. Le procureur spécial Robert Mueller s’est appliqué à démentir cette déclaration en mettant en lumière des communications entre les proches du président et des Russes. Mais cela ne suffit pas à prouver qu’il y a eu une entente illégale.

«Non, non personne de ma connaissance»: en février 2017, le nouveau président américain Donald Trump niait tout contact entre son entourage et Moscou. Depuis, le procureur spécial Robert Mueller a, par petites touches, fait apparaître une toute autre réalité.

Directeur de campagne, conseillers diplomatiques, avocat personnel: des Russes ont communiqué avec une dizaine de proches du milliardaire républicain, et ce dès 2015, a révélé Robert Mueller au fil de centaines de pages de documents judiciaires.

Il n’est pas inhabituel pour un candidat d’être en contact avec des puissances étrangères, mais généralement les échanges portent sur des sujets diplomatiques. Or, ceux noués par l’équipe Trump et la Russie portaient sur ses affaires et sur la politique.

Cela ne suffit pas à prouver qu’il y a eu une entente illégale entre le magnat de l’immobilier et le Kremlin – objet notamment de l’enquête du procureur Mueller -, mais cela met à bas la ligne de défense initiale du président américain Donald Trump.

Un pari précoce

Les Russes ont misé sur le candidat républicain bien avant qu’il ne soit investi par son parti, a révélé vendredi le procureur spécial. Michael Cohen, alors avocat personnel de Donald Trump, a été sollicité dès novembre 2015 par un Russe se présentant comme «une personne de confiance» du gouvernement qui lui a proposé de créer une «synergie politique». L’homme de confiance du futur président n’avait pas donné suite.

 

 

Si Michael Cohen n’a pas mordu à cet hameçon, c’est parce qu’il était déjà en contact avec des officiels russes au sujet d’un investissement à Moscou.

Un vieux projet de Trump Tower dans la capitale russe, mis en sommeil, avait été relancé en juillet 2015. Le milliardaire a annoncé sa candidature à la Maison-Blanche à la mi-juin de cette année-là. Michael Cohen a reconnu récemment que les négociations concernant cet immeuble de 100 étages qui devait être le plus haut d’Europe s’étaient poursuivies jusqu’en juin 2016.

Un responsable russe lui avait même proposé de rencontrer le président russe Vladimir Poutine lors d’un sommet à Saint-Pétersbourg mi-juin 2016, offre finalement restée sans suites, a-t-il déclaré au procureur Mueller.

Des informations sur Clinton

Les Russes ont suscité l’intérêt d’autres proches du candidat républicain, en promettant de leur livrer des informations compromettantes sur sa rivale démocrate Hillary Clinton.

Le jeune conseiller diplomatique George Papadopoulos, entré en mars 2016 au service de Donald Trump, s’était vite retrouvé en contact avec des émissaires de la Russie, notamment un mystérieux «professeur».

Celui-ci l’avait informé dès avril 2016 que les Russes possédaient «de quoi salir» l’ancienne secrétaire d’Etat, sous la forme de milliers de courriels volés lors d’un piratage. L’information n’était pas encore publique.

De même, une avocate russe avait suscité l’intérêt de la famille Trump avec la même promesse. Le fils aîné du candidat, Donald Trump Junior, son gendre Jared Kushner et son directeur de campagne Paul Manafort l’ont rencontrée en juin 2016 à la Trump Tower pour en discuter.

Canal officiel

Pendant la campagne, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Sergueï Kisliak avait noué des relations dans les cercles républicains. Il avait notamment rencontré le sénateur Jeff Sessions, un des premiers soutiens de Donald Trump qui, une fois devenu ministre de la justice, s’était récusé de l’enquête russe à cause de ces contacts.

Il avait aussi échangé avec un des conseillers du candidat Trump, Michael Flynn, qui fut ensuite conseiller à la sécurité nationale du président pendant 22 jours. Ce dernier a plaidé coupable d’avoir menti à la police fédérale (FBI) sur ces conversations.

Paul Manafort, qui a dirigé pendant deux mois l’équipe de campagne de Donald Trump, avait auparavant gagné des millions de dollars en tant que lobbyiste au service de l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou.

Il avait pour associé un Russe, nommé Konstantin Kilimnik, soupçonné par les Etats-Unis d’être lié aux services de renseignements de Moscou. Vendredi, Robert Mueller l’a accusé de continuer à mentir sur ses «interactions» avec M. Kilimnik après avoir pourtant accepté de collaborer à l’enquête.

Un autre ancien conseiller diplomatique de Donald Trump, Carter Page, a eu des contacts répétés, durant plusieurs années, avec des Russes parfois liés au renseignement russe. M. Page a été désavoué en septembre 2016 par le camp Trump pour sa proximité trop visible avec Moscou.

ATS

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