25.12.2011, 17:39

Célébrations endeuillées par des attentats contre des églises

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Des attentats dans des églises au Nigeria ont fait de nombreux morts.

 25.12.2011, 17:39 Célébrations endeuillées par des attentats contre des églises

Festivités de Noël Les chrétiens du monde entier célébraient Noël aujourd'hui avec comme point d'orgue la traditionnelle bénédiction «urbi et orbi» du pape. Mais la fête a été endeuillée par plusieurs attentats contre des églises au Nigeria, qui ont fait de nombreux morts dans un pays en proie à des violences religieuses récurrentes.

Par un temps ensoleillé et très doux pour la saison, Benoît XVI, 84 ans, assis dans un fauteuil sur la loggia de la basilique Saint-Pierre, a prononcé le message de Noël «urbi et orbi» (»à la ville et au monde») devant des dizaines de milliers de fidèles de nombreux pays qui l'acclamaient. La cérémonie était retransmise dans le monde entier.

Le pape a ensuite adressé ses vœux en 65 langues. «Puisse le Seigneur secourir l'humanité blessée par de nombreux conflits qui, aujourd'hui encore, ensanglantent la planète», a-t-il dit, demandant notamment un arrêt du bain de sang en Syrie et l'implication de «toutes les composantes» des sociétés du Moyen-Orient dans la construction de leur avenir.

«Aveugle et absurde»

La fête a été entachée par une série d'attentats au Nigeria, dont le plus meurtrier, contre une église catholique de Madalla, près d'Abuja, a fait au moins 27 morts à la fin de la messe de Noël. Un policier a par ailleurs été tué lors d'un échange de tir avec des assaillants contre une église de Jos, dans le centre du Nigeria.

Ce drame est le fruit d'une «haine aveugle et absurde», a réagi le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. Il «cherche à susciter et à alimenter encore plus de haine et de confusion» dans le sixième pays au monde pour le nombre de chrétiens, toutes confessions confondues, où les tensions interreligieuses ne cessent de s'aggraver.

Politique et métaphysique

Dans son message au monde, le pape a d'autre part appelé à la «solidarité» avec la Corne de l'Afrique, ravagée par la famine et l'insécurité, notamment pour les Réfugiés.

Reprenant ses thèmes contre une trop grande déchristianisation des sociétés occidentales, il a dénoncé le désir de l'homme de «se substituer» à Dieu, de «décider ce qui est bien et mal» et de se croire «le maître de la vie et de la mort».

Samedi soir, au cours de la traditionnelle et solennelle messe de minuit dans la basilique Saint-Pierre, avancée en raison de son âge, le pape avait regretté que Noël soit devenu une fête commerciale.

A Bethléem

Aux Philippines, seul pays chrétien d'Asie avec le Timor oriental et où une tempête meurtrière a balayé le sud de l'archipel le 17 décembre, faisant plus de 2000 morts et disparus, des dizaines de milliers de personnes ont passé un triste Noël dans des centres d'hébergement. «Il n'y a pas de Noël», a dit le maire de Cagayan de Oro, une ville côtière d'un million d'habitants, sur Mindanao, île la plus touchée.

A Bethléem, en Cisjordanie, au cœur d'une région en plein bouleversement, où la poussée islamiste inquiète les chrétiens d'Orient, les pèlerins ont convergé par milliers.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, a présidé la traditionnelle messe de minuit, en présence du président de  l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Dans ses vœux de Noël, mercredi dernier, le patriarche avait évoqué les bouleversements en cours dans la région et la situation des chrétiens, se disant «préoccupé».

En Irak

En Irak, les chrétiens de Bagdad fêtaient ainsi Noël dans un pays encore endeuillé par une série d'attentats meurtriers et plongé dans une crise politique entre sunnites et chiites, juste après le départ des soldats américains. Quelques centaines de fidèles ont assisté à une messe dans la cathédrale de Bagdad, sécurisée par des dizaines de membres des forces armées et de la police irakienne.

Résumant la peur de ses coreligionnaires, Shlemon Wardouni, évêque auxiliaire des chaldéens d'Irak expliquait que ceux-ci ont «le sentiment qu'il n'y a pas de paix ni de sécurité (en Irak), alors ils partent dans des endroits où ils peuvent vivre en paix».


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