30.10.2020, 18:32

Caricatures de Mahomet: des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la France

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A Dacca, plus de 40’000 manifestants ont défilé selon des observateurs indépendants.

Polémique Les déclarations d’Emmanuel Macron en faveur des caricatures de Mahomet ont provoqué une vague de protestations dans le monde musulman. Les manifestants ont appelé au boycott des produits français et ont brûlé des images du président.

Effigies du président français brûlées, appels au boycott et violences. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi dans plusieurs pays musulmans et arabes pour protester contre la France au sujet des caricatures du prophète de l’islam Mahomet.

Les protestations ont éclaté après les déclarations d’Emmanuel Macron défendant la liberté de caricaturer le Prophète à la suite de la décapitation près de Paris par un musulman d’un enseignant qui avait montré à sa classe de telles caricatures. L’islam, dans son interprétation stricte, interdit toute représentation du prophète Mahomet.

 

 

Vendredi, les principales manifestations ont eu lieu au Bangladesh et au Pakistan. D’autres moins importantes se sont déroulées en Inde, au Moyen-Orient et au Maghreb.

A Dacca, où la sécurité a été renforcée autour de l’ambassade de France, plus de 40’000 manifestants ont défilé selon des observateurs indépendants et les organisateurs. «Nous sommes tous les soldats du prophète Mahomet», ont-ils scandé à la sortie de la prière hebdomadaire à la mosquée Baitul Mukarram, la plus grande du pays.

«Macron doit s’excuser»

Les manifestants ont renouvelé leurs appels au boycott des produits français et à «punir» M. Macron. Des drapeaux français et une effigie du président français ont été brûlés.

«La France insulte deux milliards de musulmans dans le monde. Le président Macron doit s’excuser pour ses crimes», a lancé Gazi Ataur Rahman, un haut responsable de l’Islami Andolan Bangladesh, l’un des principaux partis islamistes bangladais.

Le président Macron doit s’excuser pour ses crimes.
Gazi Ataur Rahman, haut responsable de l’Islami Andolan Bangladesh

Au Pakistan, pays dont le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé Emmanuel Macron d’«attaquer l’islam», quelque 2000 personnes ont manifesté à Islamabad. Des groupes religieux, étudiants et petits commerçants, se sont dirigés vers l’ambassade de France en hurlant «expulsez le chien français» ou encore «décapitez le blasphémateur». Ils ont été bloqués par des barricades menant à l’enclave diplomatique.

Des protestataires ont lancé des pierres contre la police qui a riposté par des gaz lacrymogènes. «Comment osent-ils manquer de respect à notre prophète? Un musulman peut sacrifier sa tête et peut aussi couper la tête du blasphémateur», a lancé Rasheed Akbar, 34 ans. Environ 10’000 personnes ont défilé à Karachi (sud), la plus grande ville du Pakistan, et quelque 3000 à Lahore (est).

«L’ennemi de Dieu»

En Inde, pays dont le Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi a apporté son soutien à M. Macron, la minorité musulmane a appelé à boycotter les marchandises françaises. Des centaines de personnes ont manifesté à Bhopal (centre). A Srinagar, principale ville du Cachemire indien, environ 25 personnes ont bravé l’interdiction de manifester pour étendre dans la rue des photos de M. Macron et marcher dessus.

 

 

En Afghanistan voisin, le plus grand rassemblement s’est tenu à Herat (ouest) où des milliers de personnes ont crié «Mort à la France! Mort à Macron!»

Au Moyen-Orient, la plus importante manifestation a eu lieu dans la vieille ville de Jérusalem, où des milliers de Palestiniens ont manifesté. «Il n’y a de dieu que Dieu, Macron est l’ennemi de Dieu», «Mahomet, ta nation ne cédera pas», ont-ils scandé.

«Responsable» des violences

L’imam de la mosquée Al-Aqsa, Ekrima Sabri, a dit tenir le président français responsable «pour les actes de violence et le chaos en France en raison de ses déclarations provocantes contre l’islam».

Des centaines de Palestiniens ont aussi manifesté en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, où des portraits du président français ont été piétinés et incendiés.

A Beyrouth, la police anti-émeute a empêché quelque 200 manifestants d’avancer vers la résidence de l’ambassadeur de France. Une poignée de manifestants a lancé des pierres contre la police qui a tiré des gaz lacrymogènes.

En Libye, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. Dans la capitale Tripoli, des dizaines de personnes ont brûlé une effigie d’Emmanuel Macron et un drapeau français.

ATS

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