22.08.2019, 08:07

Réseaux sociaux: Facebook engage des journalistes pour garantir la fiabilité des articles publiés

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Facebook a annoncé avoir investi 300 millions de dollars sur trois ans dans le but de soutenir le journalisme.

Réseaux sociaux Facebook a récemment décidé de s’appuyer sur l’expérience de journalistes professionnels dans le but d’obtenir une sélection d’articles pertinents et fiables. Cette décision ne devrait toutefois pas avoir de grandes incidences selon les analystes.

La décision de Facebook de recruter des journalistes afin de ne plus se fier exclusivement aux algorithmes pour diffuser de l’actualité est un pas positif, mais ne suffira pas à révolutionner un secteur des médias en pleine débâcle, préviennent les analystes.

Le géant des réseaux sociaux a annoncé mardi qu’il allait monter une petite équipe de journalistes professionnels pour sélectionner les principales nouvelles de la journée. Et ce «afin de nous assurer de mettre en avant les bons articles», a-t-il expliqué.

Cette annonce intervient alors que suppressions d’emplois et fermetures de journaux se multiplient dans un secteur des médias en pleine déconfiture, où la plupart des entreprises sont bien en peine de trouver une formule pour survivre à l’ère de l’information gratuite.

Les articles apparaîtront dans un «onglet Actualités», distinct du fil Facebook traditionnel où apparaissent les contenus publiés par les amis de l’utilisateur.

Les journalistes de Facebook sélectionneront les nouvelles sur différents sites d’information, mais ne produiront ni n’éditeront eux-mêmes aucun contenu. Une politique conforme au crédo de la firme californienne qui a toujours refusé de se considérer comme un média et d’endosser les responsabilités éditoriales qui vont avec.

 

 

«Pas révolutionnaire»

«En théorie, je considère que c’est un événement vraiment positif. C’est quelque chose d’assez prometteur», opine Danna Young, professeure de communication à l’Université du Delaware.

Mais «ce n’est pas révolutionnaire, car cela ne va pas nécessairement transformer la façon dont les gens vont partager les histoires sur leur fil», explique-t-elle à l’AFP.

L’onglet «Actualités» sera la première fonctionnalité de Facebook faisant appel à des modérateurs humains depuis que la plateforme a fermé, l’an dernier, sa section «Trending Topics» controversée. Les équipes chargées de la modération de ces «catégories populaires» (disponibles seulement dans certains pays) étaient souvent accusées de partialité et de censure.

Seule la section «Top News» de l’onglet sera animée par des journalistes en chair et en os. Pour l’ensemble des articles de toute la section informations, le choix restera largement déterminé par des algorithmes en fonction des goûts supposés et de l’historique de navigation des utilisateurs.

«Notre objectif avec cet onglet +Actualités+ est de fournir une expérience extrêmement personnalisée et judicieuse», a déclaré à l’AFP Campbell Brown, responsable des partenariats pour les informations chez Facebook.

Facebook et les autres grandes plateformes du web sont accusés par les médias traditionnels de s’enrichir à leur dépens, en profitant de leur coûteux et difficile travail de collecte et de vérification de l’information tout en se taillant la part du lion sur le marché de la publicité en ligne. Le rôle de Facebook dans la propagation de fausses nouvelles est par ailleurs régulièrement décrié.

Pour se défendre, la firme de Mark Zuckerberg a annoncé en janvier un investissement de 300 millions de dollars sur trois ans pour soutenir le journalisme, notamment les médias locaux. La plateforme finance également des projets de «fact-checking» à travers le monde, dont un en partenariat avec l’AFP.

 

 

La mort de l'info locale

Environ 2.000 journaux ont fermé aux Etats-Unis depuis 15 ans, selon l'Université de Caroline du Nord. De ce fait, des millions d'Américains se sont retrouvés privés d'informations locales de qualité professionnelle, lesquelles ont laissé le champ libre aux réseaux sociaux.

"La mort de l'information locale a eu des effets destructeurs pour la démocratie. C'est un problème complexe que Facebook seul ne peut résoudre", estime Mme Young.

Toujours aux Etats-Unis, le nombre de journalistes a dégringolé de 47% entre 2008 et 2018, selon une étude du Pew Research Center publiée l'année dernière.

ATS

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