15.06.2020, 19:00

Saint-Maurice: Pinocchio tout en vérité au château

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Philippe Duvanel nous mène par le bout du nez dans sa nouvelle exposition dédiée à Pinocchio. A découvrir dès mercredi au château de Saint-Maurice.

Exposition Après Dracula, Pinocchio! Le célèbre pantin italien se dévoile sans artifice au château de Saint-Maurice dans une exposition pleine de malice. Visite guidée.

Attention, succès en vue! Après Dracula (2019) et surtout Petzi (2018, record d’affluence avec 22 730 visiteurs), le château de Saint-Maurice devrait de nouveau attirer les foules dès mercredi avec sa dernière exposition consacrée à Pinocchio.

Paradoxalement, c’est ce qui inquiète le directeur Philippe Duvanel à l’heure du déconfinement et de la persistance des gestes barrières. «Il faudra gérer les flux, surtout le week-end.» Une personne a d’ailleurs été engagée à cet effet et les visiteurs sont invités à consulter le site internet pour éviter les embouteillages.

Derrière Walt Disney

Il n’empêche, le célèbre personnage au long nez méritait pareil hommage. Et l’institution agaunoise le fait bien avec force images, livres et objets chinés sur le Net ou dans des boutiques toscanes. «Pinocchio fait partie du patrimoine universel. Beaucoup grâce à Walt Disney mais pas seulement», commente Philippe Duvanel.

Car si le géant américain a popularisé le pantin avec son dessin animé à succès sorti il y a tout juste huitante ans, son créateur est Italien, Carlo Lorenzini (1826-1890), plus connu sous le nom de plume de Carlo Collodi en référence au village natal de sa maman.

Pinocchio fait partie du patrimoine universel. Beaucoup grâce à Walt Disney mais pas seulement.
Philippe Duvanel, directeur du château de Saint-Maurice

A tout seigneur, tout honneur avec, à l’entrée de la bâtisse, un portrait et un survol biographique du journaliste et écrivain toscan, figure de proue du mouvement pour l’indépendance italienne.

On y apprend notamment que «Les aventures de Pinocchio» – deuxième livre le plus traduit au monde (260 idiomes) après «Le petit prince» – ont initialement paru en 1881 dans un journal pour enfants, faisant l’objet de 36 chapitres, et que c’est l’ingénieur et dessinateur transalpin Enrico Mazzanti qui lui a donné ses premiers traits.

 

Pinocchio tel que popularisé par Walt Disney en 1940. © Sacha Bittel

Des déclinaisons à foison

La marionnette reconnaissable à son appendice a ensuite infusé dans toutes les disciplines artistiques – cinéma, théâtre, BD, musique, design, etc. – même les plus coquines avec des déclinaisons pornographiques. «Pinocchio est un personnage ambivalent qui peut toucher autant les adultes que les enfants», commente le commissaire d’exposition. Une exposition à tiroirs susceptible donc d’interpeller petits et grands.

Les têtes blondes trouveront leur compte dans les dernières salles du parcours en se confrontant notamment à un triptyque en 3D conçu expressément par le bédéiste français Matthias Picard. D’autres jeux d’optique les attendent, ainsi que la projection incontournable du dessin animé signé Walt Disney.

Interactivité en berne

En attendant la levée des restrictions sanitaires, il n’est pas encore possible de consulter les innombrables ouvrages autour de Pinocchio qui se languissent sur les étagères. Un supplément d’interactivité qu’a dû sacrifier temporairement Philippe Duvanel cultivant l’espoir d’un assouplissement d’ici au 15 novembre lorsque tombera le rideau.

Autre salle qui fera briller les yeux et déborder les cœurs de nostalgie, celle dédiée aux masques, marionnettes et maquettes de théâtre représentant le héros de bois, des figurines saluant malicieusement le visiteur de leurs vitrines.

Le visiteur attentif notera une autre spécificité du pantin sculpté par le menuisier Geppetto: une main à quatre doigts! «Comme Mickey», fait remarquer Philippe Duvanel.

 

Elevé au rang de mythe, Pinocchio a donné lieu à une myriade de représentations. © Sacha Bittel

Pinocchio valaisan

Le fan de phylactères, directeur artistique de Delémont’BD, n’a pas résisté à faire appel aux talents des illustrateurs helvètes. Vingt-cinq d’entre eux issus de toutes les régions du pays et toutes générations confondues ont accepté de livrer leur vision du fameux pantin.

Des représentations très variées regroupées en une salle, dont celle de quatre Valaisans: Ludovic Chappex, Julien Marolf, Dominique Studer et Dominic Zurbriggen qui se sont approprié le mythe.

 

 Pinocchio vu par l’illustrateur haut-Valaisan Dominic Zurbriggen. 

Un mythe maintes fois porté à l’écran, encore tout récemment par le réalisateur italien Matteo Garrone. L’Italie qui voue toujours un culte à Pinocchio présent dans toutes les échoppes à souvenirs. Même si les moyens financiers ne sont pas forcément à la hauteur de cette ferveur populaire.

Saint-Maurice a le mérite de montrer de quel bois se chauffe notre héros avec une exposition à la mesure de sa grandeur, dans les cœurs.

 

Le Pinocchio de Ronald Curchod, l’un des 25 illustrateurs invités à revisiter la figure du pantin.  © Sacha Bittel

 

Infos pratiques

«Pinocchio», château de Saint-Maurice, du 17 juin au 15 novembre 2020. www.chateau-stmaurice.ch

 


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