17.02.2020, 21:00

Roby Lakatos: un violon tzigane ensorcelant à Crans-Montana

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S'il en joue, Roby Lakatos a toujours eu un sens affilé du patrimoine musical tzigane.

Icône Les Crans-Montana Classics célèbrent «Vienne, la magnifique» jusqu’à dimanche. Un mini-festival qui déroule notamment le tapis rouge à l’archet virevoltant du Hongrois Roby Lakatos. Interview.

Bacchantes à la Dali, chevelure indomptée et costumes chamarrés, Roby Lakatos est un personnage qui détonne dans l’univers classique. Le violoniste hongrois vient faire virevolter son archet que l’on dit diabolique sur le Haut-Plateau à l’enseigne des Crans-Montana Classics. Dans son répertoire fétiche revivifiant le folklore tzigane cher à son cœur avec brillance.

S’il connaît bien la Suisse pour s’être fréquemment produit à Gstaad, à Sion ou à Verbier, le virtuose découvrira le Haut-Plateau où l’a convié son ami Michael Guttman, directeur musical du festival.

Le fantasque violoniste ne jouera pas seul mais avec son traditionnel ensemble de six musiciens. Intégrant un instrument inédit: le cymbalum. «Très difficile à accorder, il est un peu l’antagoniste du piano mais finalement ces deux s’accordent parfaitement», comment l’artiste au bout du fil.

Un artiste qui aime surprendre. «Je crois que les gens apprécient nos concerts car il s’y passe toujours quelque chose. Mais ce n’est pas de l’improvisation totale. Si on improvise sur scène, c’est dans un cadre bien défini.»

 

 

Un patrimoine à diffuser

Car Roby Lakatos a le sens de la tradition, issu d’une longue lignée de violonistes. «Je représente la 7e génération des Lakatos. Nous descendons tous du célèbre violoniste tsigane János Bihari», explique-t-il de la fierté dans la voix.

Un prestigieux héritage qu’il n’a pourtant pas hésité à bousculer en l’hybridant avec du jazz, un genre qu’il affectionne particulièrement, de quoi le faire passer pour un mouton noir.

Le plus important, c’est de rester fidèle au répertoire que l’on interprète.
Roby Lakatos, violoniste hongrois

«Tu es devenu fou, c’est terrible!» Son père a failli passer de vie à trépas quand il entendit le premier disque de son fils. «Mais le lendemain, il l’a réécouté et a trouvé quelques passages intéressants», se souvient dans un sourire le violoniste au sens du spectacle aiguisé, toujours en quête de nouveaux arrangements. Une vraie marque de fabrique aujourd’hui saluée et imitée dans le monde entier.

Il n’empêche, à l’heure d’une mondialisation férue de métissages et de fusions, les racines restent prégnantes pour le Hongrois qui sait reconnaître ses maîtres, Django Reinhardt et Stéphane Grappelli en tête mais aussi Yehudi Menuhin. «Le plus important, c’est de rester fidèle au répertoire que l’on interprète.» S’il bricole un style original et libre, Roby Lakatos le fait toujours avec respect de ce sang tsigane qui coule en lui.

 

 

Un iconoclaste admiré

Se sent-il pour autant un ambassadeur de cette culture? «On a lancé l’an dernier à Budapest le premier concours international de violon d’improvisation. Ça a été un vrai succès avec des candidats très talentueux venus même de Corée! On veut continuer l’aventure», détaille celui qui vient d’achever une tournée en Inde où il s’est imprégné de sonorités indigènes.

Une matrice où le musicien qui réussit à faire danser les publics les plus pincés puisera de nouvelles inspirations à même de perpétuer son «unorthodox gipsy fusion style» comme l’avait qualifié un jour un critique. «Ça me correspond plutôt bien», acquiesce-t-il.

Mais aurait-il pu exprimer son insolent talent sur un autre instrument? «J’ai toujours aimé la batterie avec sa rythmique. Enfant, je rêvais d’en jouer.» L’exutoire d’un arpète soumis à la discipline draconienne d’un vieux professeur de violon. «Je me suis plutôt bien rattrapé. Aujourd’hui, j’en ai trois à la maison». Eclat de rire comme un ultime pied de nez de ce virtuose du contre-pied.

 

Infos pratiques

Concert final «De Vienne à Budapest. De Haydn au folklore tzigane», dimanche 23 février à 18 heures à la chapelle Saint-Christophe. 3e concert ce jeudi 20 à 18 heures, «De Vienne à Hollywood» avec des oeuvres de Mahler, Schubert, Korngold et Beethoven. Infos et réservations sur: www.cmclassics.ch


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