04.12.2017, 16:37

Le duo d'Aqua concert revit à Grône ce jeudi

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Jean-Charles Simon et Patrick Lapp, une complicité totale et une vision commune quant à la façon d'amener la musique classique vers le public.

 04.12.2017, 16:37 Le duo d'Aqua concert revit à Grône ce jeudi

Spectacle Jean-Charles Simon et Patrick Lapp ont été durant près de dix ans, les agents provocateurs en mission pour desserrer le nœud papillon du classique avec l’émission radio «Aqua concert». Ils reviennent ce jeudi 7 décembre à la salle Recto Verso. Interview.

L’aventure avait duré dix ans, ou presque. Dix ans où la paire radiophonique Jean-Charles Simon et Patrick Lapp a éveillé par le rire la curiosité du public romand à l’égard du répertoire classique. Il faut dire que leur complicité hors et à l’antenne a quelque chose de magique. Le succès de l’émission de la Première «Aqua concert» entre...

L’aventure avait duré dix ans, ou presque. Dix ans où la paire radiophonique Jean-Charles Simon et Patrick Lapp a éveillé par le rire la curiosité du public romand à l’égard du répertoire classique. Il faut dire que leur complicité hors et à l’antenne a quelque chose de magique. Le succès de l’émission de la Première «Aqua concert» entre 2003 et 2012, l’empreinte que celle-ci a laissé sur les auditeurs, tout cela reposait pour l’essentiel sur cette longueur d’ondes partagée. Jeudi le duo remonte sur les planches à la salle Recto Verso de Grône avec son concept «Digest Opera» déjà éprouvé sur la scène de l’opéra d’Avenches, où il fera cette fois-ci le procès du «Don Giovani» de Mozart, héros furieusement contemporain s’il en est.

Jean-Charles Simon, Patrick Lapp, ce spectacle, c’est le manque lié à l’arrêt d’«Aqua concert»  qui vous l’a inspiré?
Jean-Charles Simon: Pas vraiment, en ce qui me concerne. Je ne sais pas si c’est une faculté ou un défaut, mais j’ai peu de regrets quand les choses finissent. On aurait pu continuer mais vient un moment où il faut qu’on nous impose de partir. C’est un métier tellement amusant que c’est difficile d’arrêter. 
Patrick Lapp: Moi, j’avais regretté que la radio divorce. On avait beaucoup d’amis autour de l’émission, dans le milieu de l’opéra, chez les auditeurs. Je ne suis pas encore directeur de la radio – ça ne saurait tarder – mais si je l’avais été, j’aurais conservé l’émission. Elle n’a pas vraiment été remplacée d’ailleurs.

Effectivement, elle était assez pionnière. Aujourd’hui, le renouvellement du public est un enjeu majeur pour la Musique classique...
Patrick Lapp: J’aime énormément la musique classique, mais quand je l’entends présentée comme un enterrement de première classe, je me dis que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. En fait, la plupart du temps, on n’en savait pas plus sur les œuvres que les auditeurs. Du coup, le rapport était très horizontal. On ne se mettait pas au-dessus des gens.
Jean-Charles Simon: Le plus grand compliment qu’on ait pu me faire, c’était quand je rencontrais des gens à la Migros, à la Coop, qui me disaient: «Merci, on pensait que la musique classique, c’était pas pour nous.» Au début, ils écoutaient plus pour nos conneries, puis le rapport s’inversait et ils finissaient par trouver qu’il y avait trop de conneries et pas assez de musique... (rires).
Patrick Lapp: Moi, le plus beau compliment qu’on m’ait fait à ce propos c’était: «Vous n’avez aucune pudeur»... (rires).

Ce jeudi, c’est «Don Giovani» de Mozart que vous allez passer à votre savante moulinette. C’est un thème et un personnage d’une brûlante actualité, non?
Patrick Lapp: On est en plein dedans! Don Juan serait en prison s’il avait vécu aujourd’hui... 
Jean-Charles Simon: On vient d’apprendre pour James Levine... C’est tout de même étonnant! Dès qu’on est chef quelque part, on se croit tout permis, on dirait. C’est le côté obscur du pouvoir. Quand on a repris le texte de ce qu’on avait fait avec ce «Don Giovani», on s’est rendu compte qu’on était un peu précurseur... (rires).

Ce retour à la scène ensemble, c’est aussi l’occasion de revivre cette incroyable complicité qui vous lie. Comment l’expliquez-vous?
Jean-Charles Simon: On se connaît depuis très longtemps. Quand on nous demandait combien de temps nous mettions pour préparer «Aqua concert», Lapp répondait: «35 ans». C’est assez vrai. On sait ce que l’autre va faire. Et on adore le comique de répétition. On est un vieux couple. 
Patrick Lapp: Notre secret, c’est sûrement d’être vraiment nous-mêmes. En spectacle des fois on descend un peu. On va pas très haut mais on va pas trop bas non plus... (rires). 

Jeudi 7 décembre, à 20 h 30, salle Recto Verso de Grône. Infos et billets ici

 

 


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