28.10.2015, 23:38

Fini le tabac, à moi les bénéfices

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Fini le tabac, à moi les bénéfices

ARRêTER DE FUMER Il est loin d’être facile d’en finir avec la cigarette. Les fumeurs ont pourtant tout à y gagner: la santé, un meilleur confort et la liberté.

«Arrêter de fumer, c’est souvent difficile. La dépendance physique et psychologique survient rapidement et s’inscrit fortement dans les habitudes de vie», estime le Docteur Dominique Evéquoz, cardiologue à l’Hôpital du Haut-Valais et président du CIPRET Valais, centre pour la prévention du tabagisme. Si se défaire du tabac demande un engagement et un effort considérables, le futur ex-fumeur a tout à y gagner. C’est une démarche bénéfique à tout âge, peu importe le nombre d’années de consommation ou la quantité. «On en retire un meilleur confort et une grande satisfaction personnelle, en plus du bénéfice financier», note le Dr Evéquoz. «Le fumeur qui consommait un paquet de cigarettes par jour peut économiser plus de 3000francs par an», relève-t-il encore. «Arrêter de fumer apporte une plus grande liberté et plus de temps pour soi, pour se consacrer à d’autres plaisirs», ajoute le Docteur Arlette Closuit, médecin interniste FMH et tabacologue.

Bon pour le cœur

La fumée contient de nombreuses substances interférant avec le système cardio-vasculaire. Aussi, l’arrêt du tabac entraîne des bénéfices très rapides et importants pour le cœur et les vaisseaux. Après 24 heures, la nicotine et le monoxyde de carbone sont éliminés, l’apport en oxygène est meilleur et la fréquence cardiaque s’abaisse. Après quelques semaines, la fatigue s’atténue, la pression artérielle et le risque de thrombus diminuent. De plus, arrêter de fumer réduit aussi le risque de diabète de type 2. «Après un an, le risque de maladies cardio-vasculaires diminue de moitié. Après cinq ans, ce risque rejoint celui d’une personne non fumeuse», précise le Dr Evéquoz. «Le cœur fonctionne mieux. Les capacités à l’effort sont améliorées. Parallèlement, le risque d’attaque cérébrale diminue de manière importante également», poursuit-il.

«Le tabagisme est associé à la moitié des accidents coronariens chez les femmes. Ceux-ci sont favorisés par une consommation même modérée de tabac. Le risque cardio-vasculaire est encore trop souvent sous-estimé chez les femmes», souligne le Dr Closuit. Après la ménopause, ce risque augmente. «La substitution hormonale ne protège toutefois pas contre les accidents cardiovasculaires, contrairement à l’arrêt du tabac», poursuit-elle. Les femmes, très sollicitées sur de nombreux plans, utilisent souvent le tabac pour gérer leur stress. En fumant, «on oublie un peu, on garde en soi». En réalité, la dépendance au tabac provoque des inconforts réguliers dus au manque et augmente l’anxiété. Arrêter de fumer permet de moins refouler les émotions négatives et donne l’occasion de mettre en place des stratégies constructives face à certaines problématiques. Les femmes sont généralement très créatives dans ce travail.

Comment y arriver?

Si vous souhaitez arrêter de fumer, vous pouvez essayer de le faire en groupe. La dynamique et la solidarité multiplient les chances de réussite. «L’action «J’arrête de fumer» sur Facebook rencontre en ce moment beaucoup de succès. Le CIPRET propose aussi des cours stop tabac», relève le Dr Evéquoz. «La ligne téléphonique suisse et le site www.stop-tabac.ch sont des soutiens appréciés des fumeurs non francophones», ajoute le Dr Closuit. Quelle que soit l’aide, une réflexion autour de ce que le tabac représente pour soi, quelles émotions ou situations lui sont liées, se met souvent en place. En changeant un peu ses habitudes, en dissociant celles-ci du tabac, les automatismes et la mémoire émotionnelle liés à l’acte de fumer s’affaiblissent petit à petit. La dépendance physique est souvent sous-estimée. Il est possible de trouver une aide médicamenteuse (substituts nicotiniques, varénicline ou bupropion) pour soutenir la démarche d’arrêt. Le médecin traitant ou le pharmacien peuvent aider, guider la personne dans son choix. «Les aides améliorent le confort et doublent les taux de réussite tout en diminuant la prise de poids», précise le Dr Closuit. La spécialiste recommande de préparer sa démarche, en s’observant avec bienveillance, en essayant parfois de réduire sa consommation avant l’arrêt et de trouver ses propres stratégies. Chaque fumeur est unique et doit pouvoir s’approprier ses aides. Une campagne de prévention concernant le tabac et le cœur débutera prochainement dans les villes du canton.

Risques chez les fumeurs

C’est un problème fréquent et difficile à vivre pour les hommes et pour la vie de couple. La diminution de la vitalité sexuelle est parfois considérée comme un dysfonctionnement normal lié à l’âge. «En fait, cette difficulté peut survenir dès l’âge de 25 ans chez les fumeurs», souligne le Dr Arlette Closuit, médecin interniste FMH et tabacologue. «Une bonne irrigation sanguine est nécessaire pour obtenir et maintenir l’érection. Le tabac diminue, par différents mécanismes, le débit artériel et le remplissage des artères péniennes et des corps caverneux de la verge», continue-t-elle. Le Docteur Closuit précise que même si d’autres facteurs, notamment psychologiques, peuvent interférer avec la fonction érectile, un arrêt du tabac permet très souvent une amélioration et par là une meilleure confiance en soi. «Les hommes sont étonnés de voir des résultats déjà quelques semaines après l’arrêt. Cet effet a été montré chez des petits consommateurs de tabac et même chez des jeunes fumeurs», termine-t-elle.


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