De plus en plus de particuliers ouvrent leur porte à des touristes

Le marché de l'hébergement chez des particuliers prend de plus en plus d'essor.
07 août 2015, 11:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les touristes sont nombreux à apprécier un séjour chez des ''locaux''.
Mettre du beurre dans les épinards en période de vacances ou faire de nouvelles connaissances sans sortir de chez soi: de plus en plus de privés mettent une pièce, voire leur logement entier, à la disposition des touristes via des plate-formes web. Les hôteliers applaudissent...et avertissent.
 
Un douillet appartement en vieille ville de Berne ou un loft épuré à Genève, avec en prime les bons plans du locataire en matière de visites et de restaurants: en Suisse aussi, les touristes peuvent loger chez des particuliers dénichés grâce à Airbnb, 9flats ou Gloveler. Et même si ce trend est encore timide en terres helvétiques, il croît à un rythme effréné.
 
Fondée en Californie en 2008, la société Airbnd est le leader mondial incontesté de ce nouveau marché. En quelques clics de souris, les baroudeurs ont accès à des lits dans pas moins de 40'000 villes à travers la planète. Selon ses propres estimations, la plate-forme relaie les offres de 350'000 hôtes.
 
Le modus operandi d'Airbnd est le suivant: les privés proposent leur logement entier ou une chambre sur le site, photos à l'appui. Il leur revient de fixer les prix et de régler les modalités du séjour. De son côté, la société gère le paiement, sur lequel elle prend une commission d'environ 15%.
 
Croissance de 400%
 
Entre janvier 2012 et avril 2013, la jeune entreprise californienne a vu presque tripler le nombre de biens mis à disposition sur son site. Quant aux hôtes, ils sont passés sur la même période de 1,5 million à plus de 4 millions.
 
En Suisse, Airbnd ne recense actuellement que 2000 propriétaires ou locataires prêts à accueillir des touristes. Reste que ce chiffre a crû de 314% entre la fin 2011 et la fin 2012, a indiqué l'entreprise à l'ATS.
 
Les Helvètes intéressés à ouvrir leur porte à des inconnus ont désormais à leur disposition deux autres plate-formes, les allemandes Gloveler et 9flats. Basée à Berlin, cette dernière comptait en avril dernier plus de 93'000 clients au total, soit 300% de plus qu'un an auparavant. En Suisse, sa croissance sur la même période a atteint 400%.
 
Vivre une aventure
 
Cette nouvelle concurrence émanant des particuliers n'empêche pas les membres d'Hotelleriesuisse de dormir. "Nous surveillons bien sûr attentivement la tendance", note Thomas Allemann, responsable des services aux membres de la faîtière. "Mais pour l'instant, il ne s'agit que d'un produit de niche."
 
L'offre des entreprises telles qu'Airbnd ne couvrant pas toutes les prestations des hôtels traditionnels, M. Allemann ne la considère pas comme une concurrence directe. Il admet néanmoins que l'hébergement chez des particuliers peut constituer une expérience atypique, voire une aventure.
 
La responsable de la communication de Suisse Tourisme abonde dans le même sens. "De nombreux touristes apprécient de vivre chez des indigènes et de profiter de leurs tuyaux." Daniela Baer ne s'attend pas pour autant à ce que les nouvelles plate-formes aspirent massivement la clientèle de l'hôtellerie classique. "Ce nouveau segment parle surtout à des personnes jeunes et avides de contact."
 
Conditions cadres
 
Le boom de l'hôtellerie parallèle soulève néanmoins certaines critiques. Selon Thomas Allemann, il n'est pas normal que les conditions cadres divergent autant entre les deux types d'hébergement.
 
Alors que les propriétaires d'hôtels classiques doivent se plier à de nombreuses règles en matière de protection contre le feu ou encore d'hygiène alimentaire, les privés ne font quasi pas l'objet de contrôles. Par ailleurs, ils ne sont pas astreints à la taxe de séjour.
 
Si le marché de l'hébergement chez des particuliers continue à exploser, Hotelleriesuisse se réservera le droit d'intervenir au niveau politique. Ce afin que les règles soient les mêmes pour tout le monde.