Un comité s’engage pour un Valais sans grands prédateurs

Le comité «non partisan» a lancé ce lundi la campagne du oui à l’initiative pour un Valais sans grands prédateurs. La meilleure voie à ses yeux pour réguler le loup et rétablir un juste équilibre dans ce chaud dossier.
08 nov. 2021, 16:28
/ Màj. le 08 nov. 2021 à 17:18
Pascal Vuignier, président des chasseurs valaisans, Robin Udry, Gregory Logean  et Christine Cavalera appellent les Valaisans à voter oui au texte "pour un Valais sans grands prédateurs" le 28 novembre prochain.

«La population de grands prédateurs doit être régulée et limitée par des prescriptions et sa promotion interdite.» Le comité «non partisan» en faveur du texte «Pour un canton du Valais sans grands prédateurs», soumis à votation populaire le 28 novembre prochain, a officiellement lancé la campagne du oui ce lundi à Sion. Avec ce leitmotiv: notre canton doit montrer l’exemple et accepter d’inscrire dans la Constitution ce nouvel article destiné à lui donner les moyens de mieux se protéger contre les grands prédateurs, loups, lynx, ours ou chacals dorés.

Pour des zones de loisirs et de vie sécurisées

Emmené par le député UDC et président de commune Gregory Logean, ce comité invite le Valais à dire oui pour garantir «des zones de loisirs et de vie sûres sans grands prédateurs». Dans son viseur figure bien sûr le loup, «qui agit sans discernement pour le seul plaisir de massacrer». Gregory Logean rappelle que l’an passé 302 animaux de rente ont été tués par ce prédateur. «Au-delà de ces chiffres, ce sont des drames qui sont vécus… C’est notre agriculture de montagne et de proximité qui est menacée et compromise.»

Experte en protection des troupeaux, Christine Cavalera plaide aussi pour un oui le 28 novembre. «La cohabitation passe par une optimisation des troupeaux.» En cas de vote favorable, notre canton pourra investir plus de moyens dans cette protection. Notamment en proposant des mesures alternatives comme de nouvelles races de chiens de protection.

Entendre la détresse des éleveurs

Membre du comité d’initiative, chasseur et armurier, Robin Udry est lui aussi persuadé que l’acceptation de ce texte permettra de corriger le tir. «Il faut rétablir un équilibre indispensable entre la faune sauvage, les animaux de rente et les grands prédateurs.» Un équilibre mis à mal par le statut d’icône quasiment intouchable octroyé au loup. «La détresse des éleveurs doit être entendue.» 

Député PDC et membre de la Chambre valaisanne d’agriculture, Vincent Roten évoque la pression mise sur une profession qui commence à baisser les bras. «Pas moins de 30 alpages ont déjà été abandonnés.» Un oui le 28 novembre permettrait ainsi de contribuer «à la pérennité de l’agriculture de montagne et du pastoralisme, garants de l’entretien des paysages alpestres comme de l’avenir de nos éleveurs».


Cinq ans avant d’être soumise à la votation populaire
L’initiative a été lancée en 2016 par une dizaine de Haut-Valaisans. Elle a abouti en janvier 2017, munie de 9545 signatures, soit 3545 de plus que nécessaire. Elle exige l’introduction d’un nouvel article 14bis dans la Constitution cantonale: «L’Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu’à la limitation et à la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite.»
Le 30 juin 2020, le Conseil d’Etat propose l’acceptation de l’initiative populaire concernant la gestion des grands prédateurs en Valais. Quelques semaines plus tard, une majorité du Parlement (95 oui contre 25 non) soutient la position du Conseil d’Etat. L’initiative sera donc soumise au peuple le 28 novembre prochain.
par Pascal Guex