Tweet raciste: le Tribunal fédéral confirme la condamnation de Jean-Luc Addor

Le Tribunal fédéral a rejeté le recours de Jean-Luc Addor, qui est reconnu coupable de discrimination raciale. En 2014, le conseiller national valaisan avait écrit «On en redemande!» sur Twitter et Facebook suite à une fusillade mortelle dans une mosquée du canton de Saint-Gall.
04 nov. 2020, 12:00
/ Màj. le 04 nov. 2020 à 14:24
Jean-Luc Addor en compagnie de son avocat Me Marc Bonnant lors de son procès en première instance.

Le verdict est tombé. Le Tribunal fédéral (TF) refuse le recours du conseiller national Jean-Luc Addor (UDC). Ce dernier est bien coupable de discrimination raciale.

La plus haute juridiction judiciaire nationale confirme la peine infligée au conseiller national par le Tribunal cantonal valaisan.

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L’élu UDC s’était vu infliger par la justice valaisanne une peine pécuniaire de 60 jours-amendes, avec sursis pendant deux ans et une amende additionnelle de 3000 francs.

Cette condamnation fait suite à un message posté en août 2014 sur les réseaux sociaux. Le Saviésan avait écrit sur Twitter et Facebook «On en redemande!» quelques minutes après une fusillade qui avait fait un mort dans une mosquée du canton du Saint-Gall.

Incitation à la haine

Lors du procès en première instance, l’avocat de Jean-Luc Addor, l’avocat genevois Marc Bonnant, avait expliqué que le crime commis entre Albanais montrait aux yeux de son client que ses thèses signalant les risques causés par l’immigration sont avérées.

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Le Tribunal fédéral n’est pas de cet avis. La plus haute juridiction judiciaire nationale explique dans un communiqué que «pour un lecteur moyen non averti, en appelant à la répétition des faits, il avait invité les lecteurs de son commentaire à se réjouir de l’événement tragique survenu dans la mosquée. Le seul fait de se réjouir du mal qui arrive à quelqu’un exprime déjà une aversion constitutive de la haine. Lorsque cette jubilation s’exprime spécifiquement à l’encontre de personnes pratiquant une religion, elle procède de la discrimination et de l’appel à la haine.»

Réaction de Jean-Luc Addor

Jean-Luc Addor a choisi de réagir à cette décision du TF à travers une vidéo publiée sur YouTube. Il estime que «l’ironie n’a plus sa place en Suisse» et qu’il «n’est plus possible de critiquer l’islam en Suisse».

Sur la décision de justice elle-même, il déclare que les juges lui font «un procès d’intention» et qu’il est condamné pour ce qu’il n’a pas dit. Il assure qu’il ne va pas se taire.

L’avocat saviésan examine la possibilité de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

par Jean-Yves Gabbud