Raiffeisen: "croissance équilibrée" en 2017 pour la coopérative

Les chiffres 2017 confirment la bonne santé des banques Raiffeisen valaisannes malgré l’affaire qui secoue leur faîtière suisse et les profondes transformations du secteur.
27 mars 2018, 14:12
/ Màj. le 27 mars 2018 à 14:46
Emmanuel Troillet, président des banques Raiffeisen valaisannes, est satisfait des résultats 2017.

Les banques Raiffeisen valaisannes poursuivent leur progression. Les chiffres 2017 publiés mardi indiquent que tous les voyants sont au vert. Les déboires de leur organe faîtier suisse n’affectent pas la bonne marche des affaires locales, selon les responsables valaisans, pas plus que le virage fondamental de la digitalisation des activités. 

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Indicateurs favorables

Dans le détail, le bilan pointe à 15,8 milliards de francs, similaire à celui de la BCVs, en hausse de plus de 5% par rapport à 2016. Si le bénéfice augmente à un peu plus de 13 millions de francs, «c’est bien le résultat opérationnel, en hausse également de 6% à 89,1 millions qui reflète le mieux la bonne marche des affaires», explique le président de la Fédération des banques Raiffeisen valaisannes, Emmanuel Troillet, qui insiste sur «la croissance équilibrée» vécue par la coopérative ces dernières années. Les affaires dans les crédits et les créances hypothécaires – l’essentiel concerne le financement des logements à usage propre – se développent dans la même proportion que les dépôts de la clientèle. Une étude de la BNS chiffre à un tiers la part du marché hypothécaire valaisan détenue par Raiffeisen, devant la BCVs et ses 27%. Cette expansion se traduit également dans le nombre des sociétaires, les propriétaires de la banque en quelque sorte, qui a augmenté de 1768 unités pour s’établir à quelque 145 000 personnes physiques ou morales. 

Dans une période marquée par les regroupements, les banques Raiffeisen sont aujourd’hui vingt en Valais, chiffre stable depuis deux ans alors qu’on comptait 28 entités il y a cinq ans. Ce printemps, un projet de fusion des établissements de Chalais-Vercorin, de Miège-Venthône-Veyras et de Sierre&régions sera soumis aux sociétaires.

Les points bancaires ont en revanche diminué l’an dernier de onze unités pour passer à 118. Une baisse qui pourrait être vue comme une péjoration du service à la clientèle. Cette interprétation, Emmanuel Troillet la rejette. «La diversification et la spécialisation des collaborateurs vont dans le sens d’un renforcement du conseil au client et font écho aux regroupements et à la diminution des points de vente.» Et le Bagnard de justifier le développement du conseil en placement et de la clientèle «entreprise» en avançant les chiffres liés à l’augmentation du personnel de 16% à 685 personnes.

Le local encore et toujours

Dans le contexte d’un cadre juridique de plus en plus strict, les entités doivent atteindre une certaine masse critique de 600 à 800 millions afin de répondre plus aisément aux contraintes réglementaires. Pour autant, la Raiffeisen affirme que son modèle est plus que jamais basé sur la proximité. «Si toutes les banques se ressemblent dans la réponse apportée aux nouvelles règles, nos décisions sont locales grâce à la flexibilité de l’organisation coopérative qui permet à la fois proximité et solidarité», argumente le président de la fédération. C’est cette structure de «banque fédéraliste» qui a permis de capter des clients lors de la crise financière il y a dix ans. «Clients qui sont restés», confirme le vice-président Florian Debons.

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Le virage digital est pris

Quant au développement digital, les Raiffeisen valaisannes le poursuivent dans le cadre suisse. Avec l’e-banking, une solution de paiement mobile (Twint) ou la contraction d’hypothèques en ligne. Et des projets en voie de réalisation comme la migration sur une nouvelle plateforme informatique dans le courant de l’année. Là aussi la proximité est montrée comme un atout. «Le fait d’appartenir à la fois au 3e groupe bancaire national et d’être constitué de 255 entités nous permet de disposer d’un système de protection des données de 1er ordre. En outre, en travaillant avec nous, les clients ont la garantie que les données sont stockées en Suisse.»

par Pascal Fauchère