Lonza: le catalyseur anti-gaz hilarant est en service à Viège

Lonza avait découvert presque par hasard qu’elle produisait sur son site valaisan une quantité de gaz hilarant, 300 fois plus nocif que le CO2 pour le climat. Un catalyseur va réduire cette pollution.
18 oct. 2021, 17:42
/ Màj. le 18 oct. 2021 à 17:43
L'impact du développement exponentiel de Lonza sur la ville de Viège et des environs est colossal.

La construction du catalyseur visant à réduire drastiquement l’émission de gaz hilarant sur le site valaisan de Lonza est terminée à Viège. La structure a été mise en service au début du mois, selon LSI, l’ancienne division chimie de la firme.

Le catalyseur doit réduire les émissions de protoxyde d’azote, appelé aussi gaz hilarant, «d’au moins 98%». L’opération a coûté 12 millions de francs, ajoute dans un communiqué l’unité des ingrédients de spécialités – Specialty Ingredients (LSI) – de Lonza, vendue aux sociétés d’investissements Bain Capital et Cinven pour un montant de 4,2 milliards de francs en juillet.

Grâce à la mise en place de ce catalyseur, l’entreprise bénéficiera «pendant un certain temps» du système communautaire d’échange de quotas d’émission, sorte de bourse au carbone au sein de l’Union européenne, avait indiqué Lonza à Keystone-ATS, lors de l’annonce de sa construction.

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300 fois plus nocif que le CO2

Le protoxyde d’azote est un puissant gaz à effet de serre qui contribue pour près de 10% au réchauffement de la planète. Les quelque 2000 tonnes rejetées jusqu’ici chaque année par Lonza constituent 1% des gaz à effet de serre émis par la Suisse.

Bien qu’il soit beaucoup moins présent dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone (CO2), le gaz hilarant est environ 300 fois plus nocif pour le climat, selon le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA).

Découverte fortuite

En 2018, Lonza constate «par hasard» qu’elle émet du protoxyde d’azote lors de la production de la vitamine niacine, employée notamment comme complément alimentaire, pour laquelle elle exploite une installation depuis 1971 à Viège. Elle le découvre lors d’un contrôle périodique d’émissions réglementées par l’ordonnance sur la protection de l’air, parmi lesquelles ne figure pas encore le gaz hilarant, indiquait Lonza en décembre 2020.