Le réalisateur Tristan Aymon a obtenu une nouvelle distinction

Le Valaisan qui détient un Léopard d’argent et d’autres distinctions vient encore de remporter une récompense au Nordic International Film Festival.
21 oct. 2021, 08:00
/ Màj. le 21 oct. 2021 à 08:00
Il a prévu de tourner dans le vignoble de Chamoson.

Parfois, la vie réserve de drôles de surprises. Tristan Aymon n’a pas rêvé depuis sa petite jeunesse d’une carrière de réalisateur. C’est sa passion du skateboard qui lui a fait découvrir le 7e art.

A l’adolescence, le Valaisan achetait avec ses copains des vidéos VHS des dernières figures de skateurs américains pour tenter de reproduire leurs exploits. «On s’est cotisé et on a fini par pouvoir acquérir un caméscope mini dv dans une brocante pour nous filmer.»

Carole Roussopoulos l’a ensuite invité sur son banc de montage pour immortaliser 15 minutes de prouesses multiples et variées. Son envie de cinéma était née.

Tristan Aymon montre en quelque sorte la même détermination que lorsqu’il bricolait des modules pour se perfectionner sur une planche. «Il fallait alors faire preuve de créativité et être stimulé par un grand rêve.»

Il précise que «faire du cinéma aujourd’hui, c’est s’acharner passionnément sur un projet comme sur un trick de skateboard, trouver la singularité de mon style, le bon point de vue dans la mise en scène, chercher mes limites, partager, continuer à croire que tout est possible».

«Trou noir» primé

Après sa formation, des réalisations ont, osons le dire, évolué comme sur des roulettes puisque les distinctions se sont accumulées.

Un Léopard d’argent dans les mains, le réalisateur a encore remporté avec «Trou noir» le titre de meilleur film de fiction au Festival international In the Palace en Bulgarie. Théoriquement, cette récompense lui ouvre les portes d’un voyage vers Hollywood. «On est éligible pour une nomination pour les Oscars 2022, on va réaliser la bande-annonce et l’affiche pour la promotion même si les chances sont ténues.»

Un film prévu à Chamoson

Ce n’est pas dans le pré que Tristan Aymon trouve aujourd’hui son bonheur mais dans le vignoble. Souhaitant que sa fille grandisse au milieu de la nature, il s’est installé à Chamoson. «Les caves, le ballet des hélicoptères, les rencontres avec les saisonniers» le replongent dans ses souvenirs d’enfance à Branson. 

Au milieu de cette «mer de vignes» qui l’inspire, il se documente pour son prochain film qu’il espère commencer à produire l’an prochain.

Il détaille ses coups de cœur

Une manifestation

Le Festival international du film de Locarno où je vais en famille et où je retrouve mes collègues, mes amis. C’est magique. J’ai aimé participer au Zikamart Festival à Fully avec ses artistes de qualité. J’apprécie un événement d’une telle ampleur en quelque sorte à la maison, là où j’ai construit tant de cabanes.

Un lieu culturel

La Fondation Louis Moret à Martigny. J’y ai beaucoup de souvenirs. Ma maman en a été la directrice pendant plus de vingt ans.


Un film

«A l’Est d’Eden» d’Elia Kazan sorti en 1955. Je l’ai découvert il y a quinze ans et il m’a beaucoup inspiré pour mon travail de diplôme. Je l’ai visionné à de nombreuses reprises parce que je suis très touché par cette thématique père-fils, cette quête de reconnaissance.


Un livre

«Ameublement» de Julien Maret. C’est l’un de mes amis. Il décrit le décor de mon enfance avec beaucoup de poésie. Son ouvrage me replonge dans mes souvenirs des terrains de jeux que j’affectionnais.



PROFIL

-Tristan Aymon est né en 1986 à Lausanne.

- Il décrocha son baccalauréat en 2006 à Munich.

-En 2010, il obtint son diplôme à l’ECAL en réalisant un court-métrage de fiction intitulé «Ultima Donna». Celui-ci fut primé dans plusieurs festivals européens.

-En 2012, il co-fonda l’association de cinéastes Terrain Vague qui produira toutes ses réalisations. «Sortie de route» en 2013, co-réalisée avec David Maye, «La Leçon» en 2016 et «Trou noir» en 2020.

-Co-organisateur du Festival Valais Film en 2013, il fut aussi stage manager pour «L’Enfant d’en haut», d’Ursula Meier. Il exerce en qualité d’enseignant au Centre d’enseignement professionnel de Vevey.

- «Trou noir» a même été récompensé en 2020 par un Léopard d’argent dans la catégorie Pardi di domani et par le prix du jeune public. Il a ensuite été en lice pour le Prix du cinéma suisse dans la catégorie «Meilleur court-métrage». Il vient encore de remporter le Best international Short Award au Nordic International Film Festival, à New York.

- Le 5 novembre, au Théâtre Les Halles à Sierre, il recevra l’un des trois Prix culturels d’encouragement de l’Etat du Valais.

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par Cathrine Killé Elsig