Le non du Groupement pour la préservation de la faune sauvage à l’initiative pour un Valais sans grands prédateurs

Les représentants d’associations écologistes, des Verts et du PS invitent la population valaisanne à voter non à l’initiative cantonale «Pour un Valais sans grands prédateurs» le 28 novembre prochain.
26 oct. 2021, 16:00
/ Màj. le 08 nov. 2021 à 15:57
Brigitte Wolf (Fauna.VS), Anna Zangger (Fondation Franz Weber), Jérémy Savioz (Pro Natura) et Marie-Thérèse Sangra (WWF), unis pour faire barrage à l'initiative "Pour un Valais sans grands prédateurs".

«La gestion des espèces protégées est de compétence fédérale. Le Valais ne peut passer outre et gérer sa faune sauvage seul.» Le coordinateur Jérémy Savioz et ses amis du Groupement pour la préservation de la faune sauvage, au rang duquel figurent des représentants de Pro Natura, du Groupe Loup Suisse, du WWF, des Verts, du Parti socialiste ou encore de la fondation Franz Weber ont lancé ce mardi à Sierre la campagne contre l’initiative «Pour un Valais sans grands prédateurs» qui sera soumise à la votation populaire le 28 novembre prochain. Pour le comité du non, ce texte est tout simplement «inutile et absurde».

Rien qu’une gesticulation électoraliste?

Pour Willy Geiger de Pro Natura, cette initiative ne serait qu’une gesticulation électoraliste, sans effet positif sur les éleveurs et qui offrirait une image négative de notre canton.

Le comité dénonce aussi une initiative entachée de nombreux vices de forme et de procédures avec un titre mensonger. Le groupement n’a d’ailleurs pas craint de la rebaptiser pour évoquer «l’initiative cantonale anti-faune sauvage». Le biologiste et député suppléant vert Jérôme Fournier n’a pas manqué de rappeler le rôle bénéfique joué par les grands prédateurs, tandis que Marie-Thérèse Sangra (WWF) s’est réjouie de l’expansion naturelle du loup en Europe. «Cette expansion signifie que nous avons réussi à améliorer nos conditions environnementales, en particulier le rétablissement des populations d’ongulés.»

Pas question donc de voter une initiative également hautement problématique du point de vue juridique et qui ne servirait à rien autrement qu’à gaspiller l’argent des contribuables valaisans. Reste à savoir si ce message va passer dans un canton qui avait largement plébiscité (68,6%) la nouvelle loi sur la chasse finalement rejetée par les Suisses du bout des lèvres (51,9% de non) et dont le Parlement a largement accepté (95 oui contre 25 non) de partager l’avis du Conseil d’Etat et de soutenir l’initiative «Pour un Valais sans grands prédateurs».


Cinq ans avant d’être soumise à la votation populaire
L’initiative a été lancée en 2016 par une dizaine de Haut-Valaisans. Elle a abouti en janvier 2017, munie de 9545 signatures, soit 3545 de plus que nécessaire. Elle exige l’introduction d’un nouvel article 14bis dans la Constitution cantonale: «L’Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu’à la limitation et à la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite.»
Le 30 juin 2020, le Conseil d’Etat propose l’acceptation de l’initiative populaire concernant la gestion des grands prédateurs en Valais. Quelques semaines plus tard, une majorité du Parlement (95 oui contre 25 non) soutient la position du Conseil d’Etat. L’initiative sera donc soumise au peuple le 28 novembre prochain.



par Pascal Guex