La ruche connectée est née. Une entreprise valaisanne l'a imaginée

La ruche 3.0 est née. Développée à Orsières, elle permet à l’apiculteur de suivre en direct et à distance tout ce qui se passe dans la maison de ses protégées. Mieux, elle pourra combattre les acariens qui détruisent les abeilles. Tout savoir en quatre points.
27 juin 2017, 22:57
/ Màj. le 28 juin 2017 à 09:05
La ruche connectée permet de connaître l’évolution de la récolte de miel à distance et de compter les entrées et les sorties d’abeilles, ce qui donne une précieuse indication sur le travail des butineuses.

1. Une invention orseraine

C’est la société basée à Orsières « DransEnergie » qui l’a conçue… il faut dire que son directeur, Michel Rausis, est aussi le président de la société d’apiculture d’Entremont. « J’ai eu l’idée d’une ruche qui j’appelle « énergie connectée ».  Un automaticien et plusieurs ingénieurs de l’entreprise ont relevé le défi technologique posé par leur directeur. Pour la société, ce développement technologique n’est pas une première. c’est elle qui a déjà conçu l’effraie oiseaux installé dans de nombreux aéroports de par le monde, dont celui de Genève.

2. Trois objectifs avec trois outils technologiques

Visuellement, une ruche connectée se distingue en ayant sur son toit de petits panneaux solaires. Ils produisent de l’énergie qui alimente une petite batterie. Celle-ci permet d’utiliser une balance électronique, une mini-caméra et un serveur qui transmet les images et les informations collectées dans la ruche directement sur le smartphone de l’apiculteur. «J’ai fixé quatre objectifs à cette ruche», indique Michel Rausis.  La balance électronique permet de connaître l’évolution de la récolte de miel à distance, ce qui évide des visites quotidiennes au rucher. La caméra placée sur l’avant-toit permet au spécialiste de voir si sa ruche va bien ou, par exemple, si elle est attaquée par une autre colonie. Un capteur permet de compter les entrées et les sorties d’abeilles, ce qui donne aussi une précieuse indication sur le travail des butineuses.

3. Un projet : tuer un prédateur de l’abeille à distance

Le dernier objectif fixé est encore à l’étude, avec l’appui du centre de recherche de Liebefeld. Il vise à lutter contre le varroa destructor, un acarien qui parasite les abeilles. «Nous savons que le varroa ne supporte pas les mêmes températures que l’abeille. En chauffant légèrement l’air à l’intérieur de la ruche, il est possible d’éliminer les varroas sans nuire à l’abeille.» Les chercheurs étudient les températures exactes nécessaires à cette opération.

4. Coût d’un millier de francs

Quatre ruches connectées sont actuellement en construction. Une dizaine ont déjà été commandées. «Pour réduire les coûts, l’apiculteur peut venir avec sa propre ruche et nous montons le système», indique Michel Rausis, un système qui coûte environ un millier de francs. Le directeur, qui va prendre sa retraite au début septembre, aura une de ces ruches 2.0 dans son propre rucher. Evidemment.

par Jean-Yves Gabbud