La numérisation, une occasion pour les Hautes écoles du Valais

Dans son dernier rapport sur les hautes écoles 2018, l’Etat du Valais fait le point sur la digitalisation de la formation. Le canton s’engage à soutenir les institutions de recherches et les hautes écoles qui intègrent les défis liés aux nouvelles technologies.
27 nov. 2018, 11:38
/ Màj. le 27 nov. 2018 à 11:32
Christophe Darbellay l'affirme, «pour ne pas tomber dans le fossé du digital, il faudra se former notre vie durant».

La digitalisation de notre quotidien entraîne de profondes modifications dans le monde du travail. Pour pouvoir y faire face, les hautes écoles doivent pouvoir évoluer avec un vrai challenge en vue: qu’apprendre à des étudiants lorsque 65% d’entre eux exerceront des professions qui n’existent pas encore? Et surtout, de quelle manière le leur apprendre?

Dans son rapport sur les hautes écoles 2018, L’Etat du Valais confirme son soutien aux institutions qui adaptent leur contenu aux nouvelles technologies. Concrètement, plusieurs chevaux de bataille ont été mentionnés.

Tout d’abord, «on a besoin de main-d’œuvre mieux formée», lance Hélène Gapany Savioz, adjointe du service des hautes écoles. Avec 30% de la population sans formation scolaire post-obligatoire, le Valais se situe bien en deçà de la moyenne nationale. Et bien que chacun soit libre d’étudier la formation qu’il désire dans l’établissement de son choix – avec le soutien financier du canton – celui-ci désire renforcer les formations MINT, à savoir mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques. Pourquoi? «Car il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande. Trop d’étudiants veulent se former en sciences humaines, alors que le marché demande plus de spécialistes techniques», assure le conseiller d’Etat chargé de l’économie et la formation, Christophe Darbellay.

 

«Pour ne pas tomber dans le fossé digital, il faudra se former notre vie durant»
Christophe Darbellay, conseiller d’Etat en charge de la formation et de l’économie

 

Ensuite, l’Etat du Valais entend soutenir des axes de recherche dans lequel le canton s’est déjà illustré. «Je pense notamment aux métiers de la eSanté et de l’intelligence artificielle, avec l’institut de recherche Idiap ou la HES-SO Valais», continue Stefan Bumann, chef du service des hautes écoles. Mais face à la vitesse de l’évolution technologique, comment soutenir intelligemment ces nouveaux types de formations? Stefan Bumann l’affirme, il faut faire évoluer notre manière d’enseigner.

Concrètement, cela signifie soutenir la formation à distance et la formation continue, car «pour ne pas tomber dans le fossé digital, il faudra se former notre vie durant» affirme le ministre. Mais ce n’est pas tout, reprend le chef de service. «En trois ou quatre ans, la moitié du «know how» n’est plus utilisée dans l’industrie», assure-t-il. C’est-à-dire que les connaissances acquises par un étudiant seront déjà obsolètes une fois ses études terminées. «Il est primordial de ne plus apprendre des matières aux étudiants, mais de leur apprendre comment apprendre.»

 

par Julien Robyr