La guerre des forêts est déclarée en Valais

Le Grand Conseil valaisan a défini le montant qui doit être versé pour les soins aux forêts de protection. Le Service cantonal des forêts a décidé de verser un montant inférieur. Les députés concernés crient aux «mépris des institutions».
15 janv. 2020, 09:00
/ Màj. le 15 janv. 2020 à 11:27
La gestion des forêts de protection représente un coût énorme, largement subventionné par les pouvoirs publics.

«Le Service des forêts méprise les institutions!» Le titre du communiqué diffusé mardi en fin d’après-midi par quatre députés, issus de quatre partis différents, et par Forêt Valais en dit long sur l’ambiance qui règne dans le monde forestier valaisan.

De 9000 à 8500 francs de subvention

A l’origine de ce coup de gueule, une lettre du Service des forêts datée du 14 janvier. Les propriétaires de forêt apprennent qu’ils vont toucher un montant forfaitaire unique de 8500 francs par hectares de forêt de protection pour 2020 et 2021.

Problème: le 15 novembre dernier, le Grand Conseil a accepté (par 122 oui et 7 abstentions) un postulat urgent demandant le maintien d’un forfait de 9000 francs pour les deux prochaines années. Le même Parlement cantonal a aussi augmenté le budget du Service des forêts de 1,7 million, pour lui permettre de verser ces montants.

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Les quatre députés qui ont déposé le postulat (Grégory Logean – UDC, Yasmine Ballay – PLR, Emmanuel Amoos – ADG et Daniel Garbely – PDC du Haut) estiment donc que la décision «est intolérable et témoigne d’un profond mépris du service à l’encontre du législateur cantonal», et annoncent, en cas de maintien de ce montant, «des suites politiques appropriées».

Du côté de Forêt Valais, sa directrice Christina Giesch indique «qu’en 2017, 19 triages ont perdu de l’argent. Or, ce n’est pas aux propriétaires de forêts de financer la protection de la population et des infrastructures qui ne leur appartiennent pas». Elle dénonce le fait que les propriétaires de forêts «n’ont pas réussi à se faire entendre par le service». Elle souhaite le maintien du forfait prévu par le Grand Conseil et l’ouverture d’une discussion constructive avec le Service des forêts. «Je n’ai pas l’impression de demander la lune.»

«C’est le maximum légal»

Le tout nouveau chef du Service des forêts, Philipp Gerold, entré en fonction le 1er janvier, reste imperturbable face à cette attaque et se réfère à la loi: «La base légale cantonale ne nous permet pas d’accorder une subvention qui dépasse les 90% des coûts effectifs, comme nous l’avons expliqué aux personnes concernées.»

Le sujet promet de rebondir au Grand Conseil.

par Jean-Yves Gabbud