Jean-Luc Addor publie un message ambigu suite au meurtre dans une mosquée st-galloise

Jean-Luc Addor, vice-président de l'UDC du Valais romand et député au Grand Conseil, a déclenché une polémique vendredi sur les réseaux sociaux en commentant le meurtre survenu dans une mosquée st-galloise: "on en redemande". Le PCS réagit, Oskar Freysinger ne commente pas.
07 août 2015, 14:07
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Jean-Luc Addor s'est défendu en assurant que son tweet était "ironique".

Jean-Luc Addor fait des vagues. Suite à la fusillade qui a fait un mort vendredi dans une mosquée de St-Gall, le député UDC au Grand-Conseil valaisan a publié sur son compte Twitter la nouvelle accompagnée du message "On en redemande!"

 

Sur son profil Facebook, ce même commentaire a suscité certaines réactions enthousiastes de la part des "amis" du député.

 
"Que 1", "deux par deux, ça irait plus vite" ou encore "ça c'est fait", plusieurs commentaires islamophobes ont ponctué la publication.

 

Contacté par nos confrères de la RTS, l'avocat s'est défendu en affirmant qu'il s'agissait d'une remarque "ironique", ajoutant "je ne me réjouis pas de ce genre de nouvelles, mais m'inquiète des événements liés à l'immigration." 

 

Le 13 août dernier, le vice-président de l'UDCVr avait déjà retweeté un message sulfureux de la formation d'extrême-droite française Riposte laïque.

 

Des messages qui n'ont pas manqué de faire réagir sur la Toile. Alain Carrupt, président de Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, parle de post "à vomir".

 

Le député suppléant PDC d'Orsières, Xavier Fellay, a lui répondu à la question de Jean-Luc Addor qui se demandait qui se souciait des victimes, en disant : "visiblement pas l'ancien juge (n.d.l.r Addor) qui lui se réjouit lorsqu'il y a des victimes."

 

Pour beaucoup, comme le municipal sédunois PDC Vincent Pellissier, l'"ironie" ne passe pas.

 

Il faut aller dans le camp UDC pour trouver des soutiens à Jean-Luc Addor, à l'instar du co-président de l'UDCVr, Jérôme Desmeules, qui estime sur son mur Facebook que "certains feraient mieux d'apprendre le sens de l'humour".

Réactions

Le PCS se dit consterné

Le Parti Chrétien social du Valais romand (PCS VR) souhaite que «de telles prises de position visiblement irréfléchies ne restent pas sans conséquence quant à l’exercice de la fonction de député au Grand Conseil de son auteur.» «Cet énième dérapage d'un élu UDC valaisan pose de graves questions quant à la capacité de discernement du Saviésan et en appelle à une réaction de la LICRA», écrit le PCS VR, qui se dit consterné par ce tweet. «Cette prise de position dégueulasse enfreint la norme pénale contre la discrimination raciale et l’article 261 du Code pénal suisse. En effet, ce type de commentaires ne fait qu’exacerber les tensions entre les communautés.» 

Et le PCVS  de poser cette question : «A l’heure où le Valais se plaint d’un déficit d’image auprès des Confédérés, comment un élu au Grand Conseil valaisan, fut-il Vaudois d’origine – on est tous l’étranger de quelqu’un ! -, envisage-t-il défendre une image d’un Valais ouvert ? L’UDC se fout complètement de la cohésion sociale dans ce pays.» GB

Freysinger no comment

Interrogé samedi à Martigny sur le tweet de Jean-Luc Addor, le conseiller d’Etat Oskar Freysinger n’a pas souhaité faire de commentaire. Et ne semble pas disposer à prendre la défense de Jean-Luc Addor.