Une publication de

Construction - Le secteur d'avenir qui courtise les jeunes

Les métiers du bâtiment offrent de très belles perspectives professionnelles. En manque de main-d’œuvre, les entreprises doivent urgemment former de nouveaux apprentis. Un enjeu économique majeur, notamment pour pouvoir conserver une certaine autonomie dans un secteur clé.

Une publication de l’association valaisanne des entrepreneurs et du Bureau des métiers.
Textes : Thomas Pfefferlé
Image : Olivier Maire

FORMATION Les apprentis maçons de troisième année 2021 accompagnés de Dany Jollien, maître professionnel.

Your Challenge 2022 vous attend

Le salon des métiers et des filières de formation romandes s’apprête à rouvrir ses portes au CERM de Martigny. Du 15 au 20 février 2022, la manifestation permettra de découvrir plus de 400 métiers. Et pour cette prochaine édition, une expérience digitale se greffe sur l’événement avec une nouvelle application mobile.

Alors que nous arrivons au terme de cette série éditoriale, il est temps de faire le point. Comme vous l’aurez compris, les filières de la construction constituent un domaine porteur, prometteur et dans lequel les apprentis sont fortement recherchés. À vous de voir comment tirer avantage de ce contexte pour bâtir la carrière dont vous rêvez. Et pour vous aider à y voir plus clair, nous vous invitons à venir découvrir Your Challenge en début d’année prochaine.

Le salon Your Challenge est l’événement parfait pour imaginer et planifier son avenir professionnel. Durant une semaine, les visiteurs sont invités à découvrir les stands et activités proposés par quelque 100 exposants. Tout au long de la manifestation, n’hésitez pas à prendre part à des conférences, des rencontres avec d’autres apprentis, des formateurs et des directeurs d’entreprises ainsi qu’à profiter des nombreuses animations prévues.

Susciter des vocations

Bilingue, la manifestation intégrée au programme valaisan de formation professionnelle mettra en lumière plus de 400 métiers en favorisant une approche ludique et interactive. Pour vous aiguiller et répondre à toutes vos questions concernant votre avenir professionnel, l’essentiel des associations professionnelles, des écoles, collèges, universités, HES-SO et instituts de formations, sans oublier de nombreuses entreprises, seront présents au CERM de Martigny.

Concours professionnel en live et innovation 2.0

Sur place, profitez également d’assister aux qualifications régionales des Swiss-Skills. De plus, cette année, la demi-finale du concours des maçons aura lieu précisément durant le salon et permettra aux meilleurs de prendre part aux finales suisses qui se dérouleront en septembre 2022 à Berne.

Toujours dans les filières de la construction, dans le sillage de la Maison virtuelle, plusieurs associations, dont l’AVE, ont planché sur des outils de promotion virtuels directement destinés aux visiteurs. Pour les élève du CO, les jeunes ou les personnes en reconversion, des vidéos seront accessibles via une application à télécharger sur smartphone. Elle contiendra des témoignages d’apprentis ainsi que des informations détaillées et permettra de prendre part à un concours interactif. Cette application, disponible avant le salon Your Challenge, et bien sûr accessible ensuite, se veut une plateforme durable d’échange. Spécialement conçue en Valais, elle fait appel aux toutes dernières technologies 3D. Bonne visite! 


Your Challenge 2022



CERM • Martigny • Du 15 au 20 février 2022

Horaires:
du mardi au vendredi, de 8 h à 17 h
samedi et dimanche, de 9 h à 17 h 

Entrée libre (vérifier dispositions sanitaires en ligne)

www.yourchallenge.ch 



Formation duale et construction en Valais - les éléments clés



2/3

des jeunes suivent la voie de l'apprentissage. L'apprentissage mène aussi aux écoles spécialisées et universités


1 emploi sur 5

C'est le poids du domaine de la construction en Valais en termes d'emploi, soit

30'000 postes de travail


50

C'est le nombre d'apprentissages différents dans la branche


8%

Proportion d'apprentis au sein des entreprises de la branche



Parole de crack

Trois questions à Severin Imseng, meilleur apprenti électricien 2021 du Valais.


Comment avez-vous su que vous étiez fait pour ce métier?

SEVERIN IMSENG  À l’école primaire j’étais déjà fasciné par l’électricité. J’ai commencé par faire quelques jours de stage en entreprise. Ce qui m’a très vite permis de confirmer mon intuition et m’a donné envie d’apprendre ce métier. L’activité est en plus très variée, je ne m’embête jamais.


Parlez-nous des étapes clés de votre apprentissage?

Les cours interentreprises ont constitué des paliers importants. Et pour le côté pratique, au sein de l’entreprise, j’ai particulièrement apprécié le fait que l’on m’ait confié mes propres projets relativement tôt. Ce qui m’a fait progresser rapidement, tant sur le chantier que dans la construction de tableaux électriques, où j’ai vite dû prendre des responsabilités.


Comment voyez-vous votre avenir professionnel?

Après avoir terminé mon apprentissage, j'ai décidé de me concentrer sur le ski de compétition pendant un an. Selon mes résultats, j’envisage aussi de poursuivre mes études dans le domaine de l’électricité. J’ai également fondé un atelier de menuiserie avec mes frères et soeurs : j’y assume un poste de membre de la direction. 


Severin Imseng

Apprentissage, point de départ de tous les possibles

L a formation duale constitue une voie comportant des atouts significatifs. Entre la qualité des compétences acquises et les nombreuses passerelles vers les hautes écoles et les universités, les jeunes qui se décident pour ce type de parcours ont toutes les cartes en main pour réussir leur vie professionnelle. Tanja Fux, Cheffe du Service de la formation professionnelle, et Christophe Darbellay, Chef du Département de l’économie et de la formation, évoquent les enjeux de la perméabilité de ces parcours professionnels et académiques.

C’est un vieux clivage qui n’a plus lieu d’être. Mais qui semble persister dans certaines mentalités. Longtemps opposés, l’apprentissage et la formation académique constituent aujourd’hui deux voies qui s’entremêlent et se complètent. Totalement perméable, le système de formation prévoit de multiples possibilités qui offrent aux jeunes une importante marge de manœuvre afin de naviguer dans leur apprentissage, leurs études et leur carrière sans que leur premier choix ne les bloque dans leur évolution. Explications avec Tanja Fux et Christophe Darbellay.

Comment en finir avec l’opposition entre apprentissage et formation académique?

CHRISTOPHE DARBELLAY C’est un clivage qui m’a toujours mis mal à l’aise, en particulier parce qu’il n’a pas lieu d’être, et cela depuis longtemps. En Valais, l’apprentissage représente la voie suivie par deux tiers des jeunes. Et la formation duale ne souffre d’aucun tabou. C’est un choix salué et respecté qui permet d’obtenir des compétences concrètes essentielles au bon fonctionnement de notre société et de notre économie. De la part du législateur, il y a également une vraie volonté et une démarche active pour décloisonner ces deux voies et les valoriser au même titre. 

TANJA FUX De nombreux événements d’envergure sont également organisés pour démontrer la perméabilité et les multiples possibilités de l’apprentissage. Je pense notamment au salon Your Challenge ou encore aux SwissSkills, dont le but consiste aussi à sensibiliser les parents. Ce sont parfois eux qu’il faut convaincre puisqu’ils sont directement impliqués dans les décisions professionnelles et de formation de leurs enfants.


Quels atouts faut-il mettre en avant concernant l’apprentissage?

TANJA FUX L’apprentissage facilite grandement l’accès au marché de l’emploi. En soi, la formation duale est une porte d’entrée qui permet de rapidement acquérir les compétences nécessaires pour performer dans un métier. Les jeunes ont également envie d’avoir un but dans leur activité. En étant très concret, un apprentissage permet justement de répondre à cette quête de sens. 

CHRISTOPHE DARBELLAY C’est aussi un type de parcours qui contribue à la bonne santé de notre tissu économique, et qui explique en partie notre capacité à bien résister aux crises. Le jeune apprenti connaît les préoccupations de son patron. La formation duale offre en outre un accès intéressant aux hautes écoles spécialisées, vers lesquelles de nombreux jeunes s’orientent suite à l’obtention de leur CFC pour exercer des métiers pratiques. 


Les métiers de la construction continuent d'évoluer, notamment sous l’impulsion de nouvelles technologies qui diminuent la pénibilité du travail.


Christophe Darbellay, Chef du Département de l'économie et de la formation

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Que dire à propos des passerelles qui s’offrent aux jeunes à partir d’un apprentissage?

CHRISTOPHE DARBELLAY Elles sont nombreuses, mais pas forcément assez connues de tous. La Passerelle Dubs est une des principales possibilités permettant de rejoindre une université une fois son CFC en poche. C’est une formation exigeante, d’une durée d’une année scolaire. 

TANJA FUX Et comme dit juste avant, le CFC ouvre les portes des écoles spécialisées pour ceux qui le souhaitent. Entre Sion, Sierre, Viège ou encore Loèche-les-Bains, les jeunes ont désormais de nombreuses possibilités. Et cela dans de multiples secteurs comme la santé, le tourisme, l’informatique, l’énergie et les techniques environnementales mais aussi les technologies du vivant. 


Dans les filières d’apprentissage, pourquoi les jeunes semblent se désintéresser des métiers de la construction, et comment les motiver à rejoindre ces professions? 

CHRISTOPHE DARBELLAY Les métiers de la construction véhiculent une fausse image datant d’il y a de nombreuses années. On s’imagine encore le maçon qui trime sur le chantier avec ses outils d’une autre époque. Le secteur n’a plus rien à voir avec cela aujourd’hui, et d’ici quelques années ces métiers vont encore grandement évoluer, notamment sous l’impulsion de nouvelles technologies qui diminuent la pénibilité du travail et ouvrent de nouveaux possibles. C’est aussi et surtout un secteur parmi les plus importants, qui représente un emploi sur cinq en Valais. Il y a du travail dans ce domaine et les jeunes apprentis sont des profils très courtisés par les entreprises. Le canton a d’ailleurs des besoins énormes dans ce domaine et les projets d’envergure de ces prochaines années sont passionnants, que ce soit la correction du Rhône, la finalisation de l’autoroute pour le Haut-Valais, les développements industriels de Lonza ou encore la modernisation des infrastructures de l’Etat. Tous ces chantiers vont permettre de construire le Valais de demain, pour un jeune ce sont des perspectives aussi prenantes que prometteuses. 

TANJA FUX Je constate également ce problème d’image. Ce secteur professionnel a pourtant énormément évolué, mais pas encore dans les mentalités. Et il faut patienter un peu pour pouvoir constater les progrès engendrés par les nombreuses actions et démarches entreprises par les associations professionnelles du secteur. Les métiers de la construction ont grandement gagné en qualité et s’ouvrent aussi davantage aux femmes. Sans parler des salaires qui, de l’apprenti maçon au contremaître, sont parmi les plus élevés.


En soi, la formation duale est une porte d’entrée qui permet de rapidement acquérir les compétences nécessaires pour performer dans un métier.


Tanja Fux, Cheffe du Service de la formation professionnelle

Tanja Fux

Que peuvent faire les entreprises formatrices pour attirer davantage les jeunes?

TANJA FUX Multiplier leurs offres pour des stages de découverte. Car c’est souvent lors de ces expériences que les jeunes réalisent aussi le potentiel et l’intérêt de ces métiers. Ce sont des actions à entreprendre parallèlement aux salons et événements professionnels qui permettent, encore une fois, de toucher les parents. Ce sont parfois eux qui méconnaissent les atouts et possibilités propres à ce type de formations et de métiers.


Tu veux en savoir plus ?



AVE

www.ave-wbv.ch/formation

Journée portes ouvertes: 15 décembre 2021 


BUREAU DES MÉTIERS

www.formationbm.ch