Cols alpins valaisans: la route du col de la Forclaz est remarquable

Une série en vingt épisodes sur des ouvrages d’art et cols alpins valaisans. Aujourd’hui, la route du col de la Forclaz, construite d’un seul tenant.
02 mai 2020, 12:00
/ Màj. le 03 mai 2020 à 09:41
Les murs en granit bordent la route dans une belle unité de construction.

En collaboration avec le Service cantonal de la mobilité.

Le col de la Forclaz n’est pas le plus haut des cols valaisans mais il est apprécié par les cyclistes et par ceux qui savent reconnaître les beaux ouvrages. Sur la route de Chamonix, il relie Martigny à la vallée du Trient lors d’une ascension de 11,7 km qui culmine à 1526 mètres. Durant les premiers kilomètres, le col de la Forclaz s’élève au-dessus du vignoble puis la route serpente à travers la forêt et les prés avant d’arriver au col, dans l’univers sauvage de la vallée du Trient.

«Quel luxe!»

Le 1er juillet 1957, le Valais inaugurait la nouvelle route internationale de la Forclaz. D’un seul tenant, elle impressionne. Bernard Attinger, qui fut architecte cantonal de 1978 à 2007, apprécie sa beauté: «Elle a été construite de bout en bout, elle a été créée de toutes pièces, c’est ce qui est remarquable. Il n’y a pas un tronçon qui date des Romains et un autre du Moyen Age, le tracé est entièrement nouveau et possède une belle unité de construction qui se retrouve particulièrement dans la manière de réaliser ses murs de granit. C’est pour cette raison que j’ai proposé à mon chef de département de l’époque, Jean-Jacques Rey-Bellet, de fêter les 50 ans de sa réalisation par une course cycliste.»

Cette large route, confortable, ouverte toute l’année, a tout d’une grande avec sa pente régulière, 8% en moyenne, et ses murs de pierre harmonieux, construits dans la pente. Les constructions n’ont pas échappé aux Français lors de l’inauguration, ils confiaient au «Nouvelliste»: «Ces murs, quel luxe! On ne verra jamais cela chez nous!»  

Les cyclistes aiment le col de la Forclaz

Le col de la Forclaz a marqué l’histoire du cyclisme entre 1948 et 2016 avec sept passages du Tour de France et un du Tour d’Italie. L’étape ne fait pas partie des classiques de la Grande Boucle. En 1948 pourtant, lorsque le Tour de France enchaîne les lacets du col pour la première fois, Bourvil suivra l’étape en voiture tandis que Fernandel accueillera les coureurs à l’arrivée à Lausanne.

Le col de la Forclaz enregistre sept passages du Tour de France et un du Tour d’Italie. Une étape appréciée. Photo: Sacha Bittel 

Un pôle dynamique

Par sa situation géographique, entre Martigny et Chamonix, le col de la Forclaz a été très fréquenté par les voyageurs dès la fin du XVIIIe siècle. Le tour reliait Genève au Valais via Chamonix pour continuer le périple sur l’Italie, l’Oberland bernois ou le Léman. Jusqu’au premier tiers du XIXe siècle, il fallait franchir le col à pied ou à dos de mulet. En 1825, l’ingénieur cantonal Ignace Venetz présente un projet de route carrossable qui passe par le col des Montets. Le gros ouvrage fut le percement de Tête-Noire, dans la vallée du Trient, rocher escarpé dominant la gorge profonde.

Peu à peu améliorée, la route sera ouverte à la circulation dès 1912 mais empruntait un tracé par le vallon de la Combe, en pente plus raide.

Aujourd’hui, la nouvelle route conserve toute son importance dans la dynamique instaurée autour de l’Espace Mont-Blanc, qui regroupe les régions de la Savoie, de la Haute-Savoie, de la vallée d’Aoste et du Valais. Elle est une étape du Tour du Mont-Blanc et de la grande traversée Chamonix-Zermatt-Simplon et accueille aussi l’une des étapes de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.
 

par Isabelle Bagnoud Loretan