Clap de fin pour l’internat du collège de Saint-Maurice

Ouvert en 1806, l’internat agaunois ferme ses portes à la fin de la semaine. Léonard Gianadda garde un bien mauvais souvenir de son passage dans cette institution.
15 juin 2021, 09:37
/ Màj. le 17 juin 2021 à 16:01
L'internat du collège de Saint-Maurice met un terme cette semaine à 215 ans d'histoire.

Le petit Léonard Gianadda a 11 ans lorsqu’il entre à l’internat de Saint-Maurice, en 1946. Il habite alors à Martigny: «Ma maman me trouvait si peu dégourdi qu’elle disait que je ne serais pas capable de prendre le train pour rentrer à la maison», raconte-t-il.

Il y passera quatre ans. Un souvenir plutôt douloureux, aujourd’hui encore: «Moi qui étais à peine sorti des jupes de ma mère, je ne pouvais retourner chez moi qu’une fois par trimestre. Je m’ennuyais et pleurais beaucoup.»

Le garçon peine à s’habituer à la vie spartiate et disciplinée de l’internat, où s’enchaînent levers à l’aube, messes et études. Seul le lancement des Jeunesses musicales au sein du collège parvient à égayer son quotidien: «Je me précipitais à ces concerts que l’on payait 60 centimes, moins par amour de la musique que par soif de distraction.»

La dernière année, ses parents renoncent au pensionnat: «Je leur avais dit que je m’évaderais. Et je vous jure que je l’aurais fait», insiste le mécène.

De 300 à 8 étudiants

Dès les années 1960 et durant trente ans environ, l’internat ne désemplit pas. En 1972, il accueille quelque 300 internes et les chanoines ouvrent un foyer en ville pour faire face à la demande. Ce boom s’explique par la démocratisation des études et une tradition de l’internat, indique à Keystone-ATS Alexandre Ineichen, chanoine et actuel recteur du collège de l’Abbaye de Saint-Maurice.

La baisse de fréquentation de l’internat s’amorce au milieu des années nonante et s’accentue au fil des ans.

Cette année, il n’y a plus que huit internes qui disposent chacun d’une chambre.