Les CFF vont construire le site d’essai d’Eurotube, qui veut nous faire voyager dans des capsules à 900 km/h

La société Eurotube s’est trouvé un partenaire de poids. Les CFF vont investir dans l’installation de recherche prévue dans le Chablais valaisan, à Collombey-Muraz, pour tester l’Hyperloop, ce mode de transport à très haute vitesse dans tes tubes sous vide d’air.
13 déc. 2018, 13:13
/ Màj. le 13 déc. 2018 à 13:07
Le tronçon d'essai de 3 km devrait être construit dans le Chablais valaisan, à Collombey-Muraz.

Le transport du futur se fera peut-être, comme dans les films de science-fiction, dans des capsules propulsées à très haute vitesse au travers de tube sous vide d’air. Elles pourraient atteindre des pointes à… 1100 km/h.

C’est le système de l’Hyperloop, sur lequel mise notamment Elon Musk, le milliardaire visionnaire un peu fantasque à l’origine de la marque de voitures électriques Tesla. C’est aussi le pari que fait la société Eurotube, basée à Zurich.

En juin dernier, elle a présenté son projet de construction d’un centre de recherche et d’un tronçon d’essai de 3 km dans le Chablais valaisan, à Collombey-Muraz. Elle était à la recherche de partenaires financiers. Ce jeudi, les CFF annoncent avoir signé un partenariat avec Eurotube pour «acquérir une expérience importante sur ce mode de transport porteur d’avenir». En tant que partenaire de développement, l’entreprise désire identifier les possibilités d’utilisation d’un tel système.

Une durée de vie limitée à dix ans

Devisé à quelque 30 millions de francs sur dix ans, Eurotube est financé principalement par des entreprises privées. La commune de Collombey-Muraz met gratuitement à disposition des porteurs du projet une parcelle de 5000 m2 d’une valeur d’un million de francs, tandis que le canton a signé une convention qui limite son soutien en ressources humaines et financières à un maximum de 200 000 francs. 

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Le projet devrait créer une dizaine de places de travail, sans compter la création attendue de plusieurs start-up. Conçu avec une durée de vie limitée, le centre de recherche ainsi que le tube seront quasi intégralement démontés dans dix ans. Ne restera qu’une seule halle à disposition de la commune. Elle serait située au bord des rails de chemin de fer entre la gare de Vionnaz et la zone industrielle. Grâce à un matériau développé au laboratoire de construction en béton de l’EPFL (IBETON), le tube pourrait être mis sous vide.

Travaux en 2019 déjà?

Tandis que les autorités communales de Collombey-Muraz doivent encore changer l’affectation de trois parcelles, les porteurs du projet devraient leur présenter un dossier finalisé avant l’été 2019. Sur leur blog, les CFF précisent que les travaux pourraient débuter au second semestre 2019 au plus tôt. Le tube-test permettra d’atteindre des vitesses allant jusqu’à 900 km/h. Des projets similaires sont en cours à Limoges, en France, et en Espagne.

par Olivier Hugon,Julien Robyr