Bénéficiaire de SOS Enfants de chez nous, un papa divorcé se confie

Samuel ne pourrait pas faire de cadeaux de Noël à ses enfants sans l’aide de l’association valaisanne. Il a accepté de raconter son vécu en cette journée annuelle de récolte des fonds pour SOS Enfants de chez nous. Pour vos dons, appelez le 027 327 20 31.
16 déc. 2020, 05:30
/ Màj. le 16 déc. 2020 à 17:11
Pour Samuel, SOS Enfants de chez nous fait vraiment office de père Noël.

«Jamais je n’aurais pu imaginer me retrouver dans une telle situation. Depuis mon divorce, cela descend très vite. J’ai beau essayer de remonter, de nouvelles factures arrivent et je plonge encore plus», confie Samuel*, l’un des Valaisans qui reçoit l’aide de SOS Enfants de chez nous, en particulier à Noël, depuis quelques années.

Grâce à cette association qui organise ce mercredi sa journée annuelle de récolte de fonds, ce papa, qui a la garde partagée, peut offrir des cadeaux à ses trois enfants adolescents. «Sans ce soutien, je ne sais pas comment je ferais», souligne-t-il, en regrettant de devoir parfois priver ses enfants de présents lors de leurs anniversaires. «J’ai de la chance, car ils comprennent la situation quand on en parle, mais cela me fait mal quand même.»

Vivre un jour après l’autre

Après avoir effectué les paiements mensuels essentiels, dont les pensions alimentaires, et avoir «rempli le frigo», Samuel explique qu’il n’a plus que quelques dizaines de francs sur son compte pour couvrir le mois. «Je n’ai pas d’autre choix que de vivre un jour après l’autre, sans penser à la suite. Sinon, je deviendrais fou.» C’est d’autant plus difficile à gérer pour ce papa qu’il travaille à 100%, sans compter ses heures. «Malheureusement, je n’ai pas un grand salaire et une fois que j’ai dû financer le strict minimum, il n’y a plus rien.» Le calcul est mathématique. 

En parallèle, les factures continuent à s’amonceler dans la boîte aux lettres de Samuel. «Les impôts ne cessent jamais d’arriver, mais comment voulez-vous que je paie de nouvelles tranches alors que je n’ai déjà pas pu m’acquitter des plus anciennes depuis longtemps?» lance-t-il, sans masquer sa lassitude et son découragement. Conséquence logique, les frais de rappel s’enchaînent, ainsi que les commandements de payer. «Je ne compte plus le nombre de poursuites que j’ai aujourd’hui.» 

Trouver des bons plans

Les dettes augmentent continuellement, même si le Valaisan paye un petit montant chaque mois à l’office des poursuites. «Je ne peux même pas vous dire quelle est la somme de ma dette, tellement il y a de factures impayées.» Samuel sait qu’il va traîner toutes ces dettes pendant des années encore. «Une fois que les enfants seront sortis de la maison, il faudra que je continue à éponger tout ce que je dois. Les sociétés faisant faillite peuvent ensuite tout recommencer à zéro sans traîner les dettes derrière elles, mais ce système n’existe pas pour nous, les privés. Les dettes nous suivent partout, toute notre vie.»

Malheureusement, je n’ai pas un grand salaire et une fois que j’ai dû financer le strict minimum, il n’y a plus rien.
Samuel, bénéficiaire de SOS Enfants de chez nous

 

Pour s’en sortir, ce papa cumule les bons plans pour l’achat de vêtements, de mobilier ou d’autres objets dont lui et ses enfants ont besoin. «Je prends les produits en action. Et internet n’a plus de secret pour moi. J’ai repéré les sites où je peux trouver des choses de deuxième main ou bon marché. Des personnes me donnent aussi parfois des vêtements.» Car Samuel le sait, s’il dépense une somme imprévue pour un habit par exemple, il n’aura pas assez d’argent disponible pour la nourriture du mois. «A un moment donné, ce n’est même plus une question de choix.» Les sorties au restaurant se font également rares. «Mes amis comprennent. Parfois, il m’arrive de me sentir obligé d’accepter une sortie, en sachant que cela va compromettre le budget.»

Le soutien apporté par SOS Enfants de chez nous ne l’aide pas seulement à pouvoir faire les cadeaux de Noël pour ses enfants. Il lui permet également de se sentir moins seul. «Cela fait du bien. Franchement, je ne pensais pas que j’y avais droit. Je vois tellement de parents qui sont dans une situation encore pire que la mienne.» 

*prénom d’emprunt

Faites vos dons aujourd’hui au 027 327 20 31!

C’est la journée de récolte annuelle de fonds pour SOS Enfants de chez nous, l’association valaisanne qui aide les enfants domiciliés en Valais, en direct sur «Rhône FM» et en collaboration avec «Le Nouvelliste». Les promesses de dons peuvent être faites par téléphone au 027 327 20 31, aujourd’hui, jusqu’à 21 heures. 

Chaque franc récolté est redistribué aux familles en difficulté, l’association ne fonctionnant que par bénévolat. L’an dernier, la journée avait permis de récolter plus de 300 000 francs. Une somme qui permet de donner un soutien à 2000 enfants pour leur permettre notamment d’avoir, eux aussi, un cadeau à Noël.

Notre Facebook live solidaire avec trois associations valaisannes qui comptent sur la générosité de donateurs: SOS Enfants de chez nous, Christmas Box et Emmaüs Sion

 

par Christine Savioz