Abusée, une Valaisanne raconte son calvaire dans un livre

Fabienne Héritier raconte ses ressentis suite aux nombreux viols qu'elle a subis dans sa jeunesse. Alors étudiante aux Etats-Unis, elle a été abusée maintes fois par le père de sa famille d'accueil. La Valaisanne a également été victime d'un viol collectif.
07 août 2015, 13:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Fabienne Héritier, 51 ans aujourd'hui, a utilisé l'écriture pour s'en sortir.

Il lui aura fallu vingt ans pour sortir du silence. Vingt années où Fabienne Héritier (51 ans), abusée sexuellement plusieurs fois par le père de sa famille d'accueil aux USA quand elle avait 18 ans, a fait un black out total de ce qui s’était passé. 

A ses 40 ans pourtant, les souvenirs ont réapparu. Par des scènes figées qui surgissaient dans sa vie, de manière inattendue. “J’étais prise dans un tel chaos que j’ai éprouvé un besoin viscéral d’écrire”, raconte Fabienne Héritier. Ecrire pour survivre. Puis, pour vivre, enfin.

Cinq ans pour tout raconter

La Valaisanne, enseignante de formation, a posé ses maux (mots) sur le papier, au fil des semaines, des mois et des années. “Cela m’a pris cinq ans pour tout raconter.” Puis, les feuillets sont restés dans sa maison. Une dizaine d’années plus tard, Fabienne Héritier les a envoyés à un éditeur. “J’étais prête pour que le livre soit lu par d’autres personnes. Avant,c 'était impensable pour moi.”

Un livre bien écrit

“De la boue sur les lèvres”, publié il y a quelques semaines à peine par les éditions de l'Hèbe, est une véritable oeuvre littéraire qui raconte l’indicible. Avec talent.  Le livre est l’un des outils du cheminement de Fabienne Héritier. «J’ai aussi été portée par de nombreux proches, dont mes deux filles qui sont des trésors. Si l’une d’elles n’avait pas voulu que le livre soit édité, je ne l’aurais pas fait », souligne-t-elle.

Aujourd’hui, elle parvient à être tolérante avec elle-même. «Le plus difficicle a été d’arrêter de m’en vouloir. J’ai mis longtemps pour y arriver. Je n’arrêtais pas de me demander pourquoi je ne m’étais pas défendue à l'époque. J'avais un regard impitoyable sur moi».

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