Viticulture: le Conservatoire agroscope de Pully identifie 283 clones de Chasselas

Un Chasselas peut en cacher un autre. Ou plutôt 282 autres. Le Conservatoire Agroscope de Pully a en effet identifié et sauvegardé 283 clones de ce cépage.
07 août 2015, 14:30
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le conservatoire d'Agroscope à Pully (VD) recèle la plus large collection de biotypes de Chasselas à l'échelle mondiale. Les travaux conduits jusqu'en 2013 ont permis d'identifier et de sauvegarder 283 clones.

Le conservatoire d'Agroscope à Pully (VD) recèle la plus large collection de biotypes de Chasselas à l'échelle mondiale. Les travaux conduits jusqu'en 2013 ont permis d'identifier et de sauvegarder 283 clones. Ce patrimoine permet de maintenir une diversification favorisant le potentiel qualitatif des vins.

En raison de son importance économique et historique, la biodiversité du Chasselas est sous la loupe d’Agroscope depuis 1923. La prospection dans de vieilles parcelles a permis de repérer et décrire des ceps aux caractéristiques spécifiques. En l'absence de viroses graves, ceux-ci ont été multipliés et conservés, relève l'Institut des sciences en production végétale (Agroscope) vendredi dans un communiqué.

Descendants d'une seule plante

Soumis à un test d'identité génétique simple, les ceps de Chasselas cultivés ne peuvent être distingués les uns des autres. Tous descendent d'une seule et même plante, apparue par croisement naturel il y a plusieurs siècles.

Cette identité commune n'a pas empêché le Chasselas de développer un polymorphisme très important. Ainsi ce cépage était connu jusqu'au 19e siècle sous divers vocables rappelant les différentes caractéristiques morphologiques de certains biotypes.

Par exemple, on parlait de "Fendants" pour les types aux baies charnues par opposition aux "Giclets" dont la pulpe juteuse gicle sous la pression. De même étaient opposés les "Bois rouges" aux "Bois verts", en fonction de la coloration des rameaux.

Ces variations sont la conséquence de mutations ne touchant qu'une infime partie du génome. Elles sont apparues aléatoirement au cours du temps et ont été conservées grâce à la multiplication végétative des plants de vigne (clonage), précise le communiqué.

Choix pour les vignerons

La diffusion des premiers clones de Chasselas remonte aux années 1940. L'objectif était alors de sélectionner des types régulièrement productifs. Suite à l'amélioration des techniques de culture, ces premiers clones se sont révélés parfois trop généreux.

Dans les années 1980, la sélection de types aux rendements réguliers mais modérés et qualitatifs a permis la diffusion de cinq nouveaux clones, présentant un intérêt majeur pour les vignerons, via la filière de certification suisse. Prochainement, quatre à cinq nouveaux candidats viendront s'ajouter à cette liste, favorisant encore la diversification et le potentiel qualitatif des vins.

1400 originaux

Agroscope sélectionne actuellement une quinzaine de cépages, dont le Chasselas. Au total, ses conservatoires réunissent plus de 1400 biotypes originaux sauvegardés au fil du temps à partir d'anciennes parcelles.