Viande de cheval: l'UDC veut enterrer la politique agricole 2014-17

L'affaire de la viande de cheval fait le beurre de l'UDC. Luttant contre l'"écologisation" de la production agricole suisse, le parti demande d'enterrer la politique agricole 2014-17, ni plus ni moins.
07 août 2015, 11:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les revenus des agriculteurs ont à nouveau baissé en 2012 en Suisse, après la courte embellie de l'an passé.

Le scandale de la viande de cheval donne des ailes à l'UDC. Le parti condamne l'"écologisation" de la production agricole suisse qui pousserait les consommateurs à se tourner vers des importations bon marché mais risquées. Seule solution à ses yeux: enterrer la politique agricole 2014-17.

A quelques jours de la session qui devrait permettre aux Chambres fédérales de mettre sous toit la politique agricole, l'Union démocratique du centre (UDC) sonne la charge. La loi sur l'agriculture est déjà trop mal emmanchée pour être corrigée, à ses yeux.

Au lieu de promouvoir la production indigène, elle mise sur une "écologisation à outrance" et des contributions en faveur de la qualité des paysages, a critiqué le conseiller national Jean-Pierre Grin (UDC/VD) mardi devant la presse. Pour lui, "les géraniums, c'est bien joli, mais ne nourrissent pas la population".

Référendum exigé

Afin d'empêcher un affaiblissement de la production alimentaire nationale, le parti va rejeter la PA 2014-17, en espérant que le régime actuel reste en place. Il réclame toutefois une hausse minimale de 160 millions des crédits en faveur des agriculteurs (quelque 13,7 milliards sont prévus pour quatre ans).

Si la loi sur l'agriculture passe le cap des Chambres fédérales, l'UDC attend de l'Union suisse des paysans (USP) qu'elle lance un référendum contre le paquet. Elle préfère que la "base" se charge de contrer cette politique agricole. La décision définitive de l'USP ne tombera pas avant le 26 avril, lors de l'assemblée de la Chambre d'agriculture, a répliqué son président Markus Ritter (PDC/SG), interrogé par l'ats.

La Suisse a été jusqu'ici largement épargnée par les scandales alimentaires, a relevé le président de l'UDC Toni Brunner. Elle doit sa position privilégiée aux barrières douanières encore en place et à son taux d'auto-approvisionnement d'environ 60%.

Lors de la session de mars, les parlementaires ont les moyens de donner le ton pour contrer le risque de dérives dans le secteur alimentaire, selon l'UDC. Le parti agrarien demande par exemple le maintien de la déclaration d'origine des produits agricoles dans la révision de la loi sur les denrées alimentaires. Il veut aussi une protection maximale pour le lait et les aliments dans le projet Swissness.