Ouverture de la troisième boîte à bébé de Suisse à Olten (SO)

La troisième boîte à bébé de Suisse s'ouvre vendredi à Olten (SO).
07 août 2015, 11:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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La nouvelle boîte à bébé  suisse est installée dans l'hôpital cantonal. Les deux autres se trouvent à Einsiedeln (SZ) et Davos (GR). La première fenêtre en Suisse romande sera très probablement ouverte en Valais.
 
Il faudrait au moins huit boîtes à bébé pour toute la Suisse, estime Dominik Müggler, président de l'Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME), interrogé jeudi par l'ats. Une mère qui veut se séparer de son nouveau-né "ne devrait pas faire plus de 100 km pour trouver une fenêtre à bébé", précise-t-il.
 
La première fenêtre a été ouverte en 2001 à Einsiedeln. Depuis, huit nourrissons y ont été déposés. Un seul a été repris par sa mère. Les autres sont placés dans des familles d'accueil si la mère ne réclame pas l'enfant dans un délai d'un an. La fenêtre de Davos est en fonction depuis juin 2012.
 
"Une main tendue"
 
La fenêtre à bébé "est une main tendue dans les situations extrêmes", souligne l'ASME sur son site internet. Elle permet à une mère qui se trouve dans "une situation inextricable de remettre anonymement son enfant entre de bonnes mains".
 
La mère ouvre la fenêtre et place son bébé dans le petit lit chauffant. Elle trouve une "lettre à la maman" qui lui explique ses droits, lui fournit des conseils et des contacts. On lui rappelle qu'elle peut reprendre le bébé tant qu'il n'a pas été officiellement adopté et qu'elle ne risque aucune poursuite judiciaire.
 
Une alarme se déclenche à l'hôpital trois minutes après que la mère a déposé son bébé dans la fenêtre. Une infirmière prend alors l'enfant en charge. Après quelques jours, le nourrisson est confié à une famille d'accueil, puis d'adoption si la mère ne réclame pas son bébé.
 
"Empêcher les meurtres et abandons"
 
L'objectif principal de la fenêtre à bébé est "d'empêcher les meurtres et abandons d'enfants", souligne l'ASME. Et de citer le cas de Wimmis (BE). Une mère a accouché en secret et a tué son nourrisson en octobre 2011 avant de s'en débarrasser. Le corps a été retrouvé en février 2012. La mère a été identifiée quatre mois plus tard et mise en détention provisoire avant d'être libérée en juillet.
 
Un jour après la découverte du corps de l'enfant à Wimmis, un nouveau-né en bonne santé a été déposé dans la fenêtre d'Einsiedeln et il se porte bien aujourd'hui. Pour l'ASME, ces deux exemples montrent qu'aux endroits dépourvus de fenêtre à bébé, ces drames "prennent un tour plutôt négatif".
 
Le principe de la fenêtre à bébé est bien accepté dans la population. Selon une enquête effectuée en 2011 auprès de plus de 1000 personnes, 82% des sondés estiment qu'il faut "au moins une fenêtre à bébé par région". Ils sont 28% à en vouloir une dans chaque hôpital.
 
Bientôt de nouvelles fenêtres
 
D'autres fenêtres devraient être installées prochainement. En Valais, le parlement a adopté une motion à la fin de 2012. Le dossier est entre les mains du gouvernement. Dans le canton de Berne, l'exécutif a été chargé de réaliser une boîte à bébé.
 
Au Tessin aussi, une fenêtre devrait être installée cette année encore dans l'hôpital public "San Giovanni" à Bellinzone. Le parlement thurgovien a lui aussi réclamé une telle structure à Frauenfeld. Le sujet a aussi été abordé par les parlements de Bâle-Campagne et de Zurich.
 
L'ASME considère la fenêtre à bébé comme "un dispositif d'aide médicale d'urgence". Elle prend en charge les coûts d'installation, soit entre 30'000 et 100'000 francs, selon Dominik Müggler. La fondation assume aussi les frais de soins du bébé, qui peuvent varier de 10'000 à 20'000 francs.